Bulletin Numismatique n°268 38 Le pape Léon XIV, qui a succédé au printemps 2025 au pape italo-argentin Jorge Bergolio, qui avait choisi le nom de François, vient de terminer sa troisième visite en Europe, depuis son avènement, par notre pays. Il a ainsi visité successivement Paris, notre capitale, Lourdes, lieu mondial de pèlerinage, enfin Metz, patrie du père de l’Europe Robert Schuman et métropole non soumise à la loi de laïcité de 1905 car bénéficiant toujours, comme l’Alsace, du Concordat de 1802 avec l’Église catholique signé par Napoléon Bonaparte. Avant de venir en France, Léon XIV s’était rendu en Espagne, pays dont le roi, chef de l’État, porte depuis plusieurs siècles le titre du « roi catholique ». Pour ne pas être en reste vis-à-vis de Philippe IV d’Espagne, Louis XIV avait pris le titre de « roi très chrétien ». La République française, régime politique de la France depuis 1870, est laïque c’est-à-dire respectueuse de tous les cultes sans en favoriser aucun. Mais le premier pays européen que Léon XIV a visité, avant l’Espagne, est la principauté de Monaco où le pape a passé la journée du 28 mars 2026, événement commémoré par la frappe de la médaille ci-dessus. Cette visite a surpris tout le monde, y compris le prince et la princesse de Monaco qui avaient normalement invité Léon XIV à venir à Monaco lors de la visite protocolaire qu’ils lui avaient rendue en janvier de cette année. Les souverains monégasques ne s’attendaient pas à une réponse positive et aussi rapide. Avec le prédécesseur de Léon XIV, le pape François, ils avaient entretenu des relations normales mais aucun voyage à Monaco n’avait été envisagé. Fils d’émigrés italiens en Argentine, ce pape avait montré durant son pontificat peu « d’atomes crochus » avec les pays européens, refusant notamment de venir inaugurer la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris en décembre 2024, préférant se rendre en Corse, île considérée par lui comme territoire autonome. Quant aux audiences qu’il accordait aux souverains monégasques, nous savons par les potins de la journaliste Caroline Pigozzi qu’il les considérait presque comme des obligations auxquelles il ne pouvait se soustraire. LE 28 MARS 2026 : UNE VISITE PONTIFICALE INÉDITE À MONACO Avant Léon XIV, aucun pape n’a été effectué une visite officielle à Monaco. Seuls quelques passages pontificaux sont à noter sur le plan historique : ils correspondent à des haltes à Monaco lors de voyages pontificaux effectués par les papes Benoît XIII en 1405 (considéré comme antipape), Clément VII en 1532, Paul III en 1538, Pie VI en 1802 (transfert de son corps après décès hors de l’Italie), Pie VII en 1814 de retour à Rome après sa captivité à Fontainebleau ordonnée par Napoléon Ier. Ces haltes ne furent jamais des voyages officiels. La visite pontificale du 28 mars 2026 à Monaco est donc un événement historique inédit et majeur car elle n’est pas un simple passage d’un pape à Monaco lors d’un déplacement ailleurs mais une vraie visite officielle rendue à la Principauté, à ses souverains et à sa population. Cette visite n’est pas anodine : le pape Léon XIV est venu à Monaco, première de ses visites dans les pays européens, pour des motifs parfaitement justifiés. UNE VISITE SÉRIEUSEMENT MOTIVÉE Quand on connaît l’histoire réelle de la Principauté de Monaco ainsi que la nature et les caractéristiques de ce micro-état (un des plus petits du monde) on n’est pas étonné de la décision prise par Léon XIV. On peut même raisonnablement penser que le pape Benoît XVI, s’il avait pu exercer son mandat plus longuement, aurait précédé Léon XIV à Monaco. Né américain aux USA dans une famille d’origine française, de surcroît aujourd’hui naturalisé péruvien tout en restant américain (double nationalité) le pape est un augustinien, c’est-à-dire un chrétien profondément croyant, à la doctrine sûre et ferme, imperméable à une foi à géométrie variable ainsi qu’aux calculs et aux intrigues politiques. Ce solide théologien, comme l’était Benoît XVI, est en même temps un vrai pasteur qui a voyagé, exerçant notamment pendant plusieurs décennies au Pérou, pays multiracial et métissé d’Amérique du Sud, totalement différent de l’Argentine blanche de son prédécesseur qui ne connaissait que ce pays et nourrissait vis-à-vis de l’Europe, qui avait déterminé ses parents à émigrer, un réel contentieux. Dans son souci intelligent de renouer avec une Europe en proie à une déchristianisation accélérée, dont J. Bergolio semblait peu conscient, le très lucide et bien conseillé Léon XIV a immédiatement perçu que le petit état catholique de Monaco était une solide tête de pont pour revenir en Europe afin de la ré-évangéliser. Le catholicisme à Monaco n’est pas une religion d’opérette, il est réel, omniprésent, actif et efficace. Tous les prédécesseurs du pontife jésuite l’avait bien compris, créant dès le XIXe siècle un évêché à Monaco, transformé au XXe en archevêché dépendant directement et exclusivement du Saint-Siège. Et l’archevêque de Monaco (actuellement un Français) est très présent dans la vie monégasque. Des jours fériés que nous n’avons pas en France s’ajoutent aux nôtres (sauf le 14 juillet naturellement) : ils correspondent à des fêtes religieuses importantes telles que la fête de sainte Dévote patronne de Monaco, la fête de l’Immaculée Conception (la Vierge Marie), la Fête-Dieu. Par ailleurs la laïcité à la française n’existe pas à Monaco, mais les autres religions que le catholicisme, prioritaire et privilégié, sont acceptées, la Principauté comptant aujourd’hui plus de 120 nationalités recensées. Le déroulement de la vie poliUNE MÉDAILLE EXCEPTIONNELLE POUR LA VISITE « HORS NORMES » DU PAPE LÉON XIV À MONACO LE 26 MARS 2026
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