Bulletin Numismatique n°268 39 tique et de la vie administrative est rythmé par plusieurs grand-messes annuelles, notamment pour les institutions et les corps constitués à l’occasion de leur rentrée annuelle. L’archevêque est très présent dans la vie locale et ne manque pas d’intervenir pour défendre et faire prévaloir le catholicisme chaque fois qu’il le juge nécessaire. La législation monégasque ignore l’avortement qui est interdit sauf cas de nécessité thérapeutique. L’euthanasie et le suicide assisté sont interdits et l’archevêque a récemment veillé à faire échouer une proposition de loi à ce sujet, imitée du modèle français. Toutefois, malgré sa nature spécifique d’état catholique, la Principauté de Monaco est très tolérante et le cléricalisme envahissant du type Charles X et de la « République des ducs » au XIXe siècle, ou de Christine Boutin par exemple au XXe, n’y a pas droit de cité. 90% des 40 000 habitants (dont 10 000 monégasques) de la Principauté sont des catholiques culturellement, le nombre des pratiquants réguliers ne dépassant pas les 10%. Ces pratiquants sont toutefois comparativement plus nombreux qu’en France, notamment chez les personnes de nationalité monégasque. On notera que la princesse Grace, née Grace Patricia Kelly (actrice de cinéma et de théâtre) était née catholique et restée pratiquante, d’origine irlandaise, tandis que l’actuelle princesse Charlène, née Charlène Wittstock, sud-africaine, était protestante (luthérienne) avant de se convertir au catholicisme préalablement à son mariage avec le prince Albert II. Restent les milliardaires et les autres personnalités VIP. Ils sont environ 5 000 à Monaco sur les 40 000 habitants que compte pratiquement la Principauté soit 12,5% de la population. C’est beaucoup et voyant compte tenu de l’espace restreint de la Principauté. Cette situation est donc différente de celle des milliardaires français, pour la plupart parisiens, bien que certains soient plus riches que les milliardaires monégasques. Ces milliardaires français passent généralement inaperçus parmi les 2 millions de Parisiens. Encore que dans certaines rues du 16e ou de Neuilly on puisse trouver autant sinon plus de Rolls-Royce, Bentley, Ferrari, Maserati et autres qu’à Monaco. Mais ces milliardaires monégasques, pour réels qu’ils soient, ne sont pas disséminés dans Monaco. Ils sont tous concentrés à Monte-Carlo, inexistants dans les autres quartiers monégasques : sur le Rocher, à la Condamine, à Fontvieille, aux Moneghetti. Le Pape Léon XIV n’est pas venu pour eux, ce qui est évident : il n’a pas mis les pieds à Monte-Carlo, ignorant totalement le fief des riches. Le pape est allé sur le Rocher, au Palais, à Fontvieille pour la messe solennelle au stade Louis II (15 000 à 20 000 participants) à la Condamine pour la Chapelle historique de Sainte Dévote, patronne de Monaco. Mais il a naturellement ignoré les super riches, avec lesquels il n’a pas d’atomes crochus, se contenant de leur rappeler qu’ils devaient partager leurs richesses avec les moins riches, en particulier les pauvres, ce qui est évident. Alors, il est consternant que certains journaux français, même certains prétendus sérieux, aient pu s’offusquer d’une prétendue visite de Léon XIV aux milliardaires monégasques. Voilà bien une vraie fake-news. Le pape est venu à Monaco pour les catholiques monégasques, les conforter dans leur foi, leur communiquer l’espérance, les inviter à s’investir dans la réévangélisation de l’Europe, anciennement catholique, en cours de déchristianisation. La médaille de la visite pontificale est très simple, sans prétention, respect de la pensée et de l’action du pape Léon XIV. A l’avers, dans un cercle surmonté de la légende : « VISITE DE SA SAINTETE LE PAPE Léon XIV EN PRINCIPAUTÉ DE MONACO » est inscrit le motif central, à savoir les armes des princes de Monaco (armes des Grimaldi) et celles du pape Léon XIV : - pour le prince de Monaco : un écu aux armes des Grimaldi à savoir composé de plusieurs rangées de fusées et entouré du grand cordon de l’ordre de Saint-Charles. Au pied de cet écu, un bandeau sur lequel est inscrite la devise des princes de Monaco « DEO JUVANTE » (avec l’aide de Dieu). Cet écu est tenu par deux moines armés, souvenir de 1297, le tout dans un grand manteau surmonté d’une couronne fermée. Cette représentation des armes de Monaco s’inspire d’un premier modèle créé en 1837 par Honoré V pour sa pièce de 5 francs en argent. - pour le pape Léon XIV, ses armoiries qui sont très différentes de celles de son prédécesseur qui avait mis en évidence sa qualité de jésuite. Ces armes sont composées d’un écu pesé sur les deux clés de Saint Pierre entrecroisées surmontées d’une mitre ; sous l’écu figure un bandeau portant l’inscription « IN ILLO UNUS UNUM » ce qui signifie « En celui qui est un, soyons unis ». La mitre est accompagnée de rubans tandis que l’écu est entouré d’une cordon. Cet écu est parti d’une fleur de lis et d’un cœur percé d’une flèche (emblème de l’ordre augustinien auquel appartient Léon XIV) et posé sur un livre (les Confessions de Saint Augustin). Le revers indique uniquement la date de la visite, « 28 mars 2026 ». Cette médaille de 41 mm a été éditée à 120 exemplaires seulement en argent, réservés aux personnalités relevant du haut protocole, ainsi qu’à 3 000 exemplaires en métal argenté (dont l’exemplaire ci-dessus présenté) commercialisés dans le public. Sa fabrication a été réalisée en urgence en Italie par une entreprise privée en raison des délais très courts imposés par l’événement. La visite du pape Léon XIV le 28 mars 2026 à Monaco a été extraordinaire pour la Principauté car c’est la première fois qu’un souverain Pontife venait officiellement à Monaco, à la différence des haltes occasionnelles de certains pontifes survenues dans les siècles précédents. Christian CHARLET UNE MÉDAILLE EXCEPTIONNELLE POUR LA VISITE « HORS NORMES » DU PAPE LÉON XIV À MONACO LE 26 MARS 2026
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