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Bulletin Numismatique n°267 36 Il ne faut en aucun cas lire cet article comme une critique des actuels catalogues de cotation que sont Le Gadoury et Le Franc, bien au contraire. Les informations ainsi que les images, les présentations sont vraiment de qualité, que l’on ne retrouve d’ailleurs pas souvent dans les catalogues étrangers. Mon intention est de porter à votre réflexion quelques idées qui me semblent intéressantes et d’actualité. Il est très difficile, voire impossible, de donner des cotes exactes ou du moins approximatives pour des milliers de monnaies, c’est un fait. Cela est d’autant plus compliqué pour les pièces récentes, disons à partir de 1960, dans la mesure où ces monnaies ne sont jamais proposées lors de ventes aux enchères, sauf en lots. Les éditeurs de catalogues ne peuvent s’appuyer que sur leurs propres ventes pour faire des estimations. Il y a cependant des changements qui, je le pense apporteront un plus aux catalogues actuels. Je sais que réaliser un catalogue représente un travail énorme et que de nombreuses améliorations ont été apportées lors des nouvelles éditions, cependant il y a encore des possibilités envisageables. Je sais aussi que le but n’est pas économique étant donné que cela n’est pas rentable, bien au contraire. A- Ma première suggestion est le fait de donner une cote pour les pièces en état B et même TB. Cela n’a aucun sens et peu d’intérêt car ces pièces sont difficilement vendables. Est-ce qu’un amateur va payer 550€ pour une B ou 900€ pour une TB ? En réalité j’ai de sérieux doutes ! J’éliminerai tout simplement ces deux états en les remplaçant par des pourcentages indiqués dans une note. Je proposerai par contre une nouvelle échelle pour les états de conservation supérieurs : SUP(AU58), SUP(MS61/MS62), SPL(MS63/MS64), FDC(MS65) La raison de ce choix est simple : Les différences de prix sont plus importantes pour les pièces de qualité. Lorsque l’on passe d’une monnaie AU58 à une pièce MS62 la qualité est très différente et par conséquent le prix l’est aussi. De nombreuses pièces ont une cote de 10€, mais en fait la valeur est proche de zéro. Si vous possédez 500 pièces dont la cote est de 10€, vous pensez a priori que votre collection a une valeur de l’ordre de 5 000€, mais la réalité est qu’en cas de vente, qui ne sera pas simple, le montant sera bien inférieur. C’est ce que j’appelle « la fausse illusion de valeur » ! Il serait peut-être préférable de ne pas mettre de cote ? B- La seconde suggestion est en rapport avec les cotations de tous les ateliers pour une valeur faciale donnée, je m’explique : Si vous consultez un catalogue, verrez que, par exemple, pour la 5 francs 1812 vous avez 17 lignes de cotation qui représentent les 17 ateliers qui ont frappé cette pièce. Parmi ces ateliers, il y a des ateliers dont la frappe a été faible et d’autres ateliers où elle a été abondante. Il serait bien plus simple d’indiquer par exemple sur une seule ligne les cotes pour les ateliers B, BB… T, et pour les ateliers R,U… une autre ligne. On aurait donc trois lignes 1812A, 1812B, BB… T et finalement 1812R,U. Dans le cas où une série était frappée dans très peu d’ateliers, cette option ne serait pas appliquée. Quant au nombre de pièces frappées, il suffit de faire référence à un catalogue antérieur. C- Ma troisième suggestion repose sur la cotation des monnaies en bronze. Les pièces en bronze ont tendance avec le temps à perdre leur couleur d’origine et on trouve pour la même série, des monnaies rouges, d’autres rouge/marron et finalement marron. L’aspect visuel n’est pas du tout pareil, mais les cotes sont les mêmes, ce qui est anormal. Entre une monnaie avec le rouge intégral et la même pièce marron, la différence est importante ; c’est de même pour une pièce en argent avec une belle patine. Il faudrait par conséquent indiquer que les cotes s’entendent par exemple pour des monnaies de couleur rouge et pour les autres couleurs, la décote est de x pourcentage. Les maisons de grading telles que PCGS et NGC font la différence, mais cela ne se reflète pas dans les catalogues de cotation français. D- Ma quatrième suggestion fait référence aux monnaies gradées, dont il y a très peu d’informations actuellement dans les catalogues. Les monnaies gradées ont fait leur apparition aux USA dans les années 80, cela fait donc plus de 40 ans. La grande majorité des maisons de numismatique proposent des monnaies gradées et à un certain moment il faudra que les catalogues de cotation en tiennent compte, en donnant plus d’ informations à ce sujet. Très peu de monnaies modernes sont gradées et dans ce cas précis, les informations correspondantes ne sont pas fiables. Par contre il serait intéressant pour les monnaies anciennes à partir de la Révolution, d’indiquer la quantité de pièces gradées pour les hauts états de conservation, de façon simple, exemple (le chiffre entre parenthèse représente le nombre de pièces gradées dans cet état) : 5 francs Union et Force SUP (AU58) SUP (MS61/ MS62) SPL (MS63/ MS64) FDC (MS65) AN4A 2000 (13) 3500 (8 5000 (5) 8000 (2) AN4 autres 2500 (11) 3900 (3) -- -- C’est une information que je considère importante, dont le nombre n’évolue pratiquement pas pour les belles pièces anciennes qui, en fait, ne sont pas courantes. Cette démarche n’est pas indispensable, bien qu’intéressante pour les pièces avec une cote faible. Cette information serait disponible pour les pièces à partir de la valeur faciale de un franc et uniquement pour les grades à partir de AU58. E- Finalement, ma dernière observation porte sur les côtes, qui dans certains cas sont trop éloignées de la réalité et en particulier pour les monnaies chères. Je suis tout à fait conscient de la difficulté pour établir des QUELQUES RÉFLEXIONS AU SUJET DES CATALOGUES DE COTATION

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