Bulletin Numismatique n°267 quet de cette pièce en un personnage fictif qui l’aurait découverte. Et c’est probablement ce glissement sémantique qui a fait que l’appellation « refrappe Pompidou » n’est pas passée à la postérité, au contraire de celle de la « refrappe Pinay » ! Ceci établi, une question se pose fort légitimement : les « fausses vraies-fausses » Marianne Coq du présent article sont-elles ou font-elles partie des fausses refrappes « Pompidou » ? Malgré la temporalité légèrement différente des deux refrappes (fin des années 60 pour les « faux vrais-faux » et fin des années 70 pour les « Pompidou »), c’est tout-à-fait plausible si on ne considère que les deux faces des pièces. Toutefois, seule l’identification de stries sur les lettres des tranches de « Pompidou » pourrait apporter une certitude. Faute d’avoir eu accès à ces dernières, il est impossible d’être plus affirmatif. C’est donc là-aussi une affaire à suivre. RÉCAPITULATIF Le photomontage ci-dessous rassemble et compare les principales caractéristiques des pièces d’origine (VRAI), des refrappes Pinay (VRAI-FAUX) et des contrefaçons de ces dernières (FAUX VRAI-FAUX) : CONCLUSION En 1967, un nouveau type de contrefaçon de la pièce de 20 francs or Marianne Coq a été découvert. De poids et de titre normaux, ces faux sont redoutables car frappés en utilisant des coins authentiques dérobés à l’Hôtel des Monnaies. Ils présentent toutefois quelques particularités de gravure récurrentes qui permettent de les repérer assez facilement : - sur la tranche : lettres finement striées ; - sur l’avers : point final de la légende de forme carrée ; - sur le revers : - longue plume au-dessus du F ; - feuille surnuméraire sur le motif floral principal au sol. Ces particularités de gravure confèrent donc à ces faux un aspect hybride : un avers évoquant une frappe d’origine et un revers évoquant plutôt une refrappe Pinay. Quant aux millésimes arborés, trois ont jusqu’à présent été documentés : 1911, 1912 et 1914 mais il n’est pas impossible qu’il en existe d’autres. La traque est ouverte ! Jean-Luc GRIPPARI - ADF 1010 REMERCIEMENTS L’auteur tient à remercier : - monsieur Arnaud MANAS, chef du Service du Patrimoine et des Archives de la Banque de France, pour l’enthousiasme communicatif, la pédagogie, la patience et la disponibilité qu’il a toujours manifestées au cours des échanges préalables à la rédaction de cet article; - monsieur Charles DE LANGHE, responsable de l’agence brestoise de la société GODOT & Fils, sans qui les examens spectrométriques X n’auraient pu être réalisés. RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES : 1 - Arnaud MANAS, L’Or de la Guerre Froide, pages 44 à 50, Les éditions du Cerf, Paris (2022) 2 - https://abortoulouse.fr/2025/01/31/20-francs-russe/ 3 - Raoul TONDU, note confidentielle du 6 décembre 1968, archives de la Banque de France 4 - Pierre DEHAYE, lettre du 28 novembre 1967 adressée au Caissier Général de la Banque de France, archives de la Banque de France 5 - Jean-Luc GRIPPARI, « 20 francs or Marianne Coq : critères discriminants entre les frappes d’origine et leurs copies Pinay », Bulletin Numismatique n°246, novembre 2024, pages 44 à 47 6 - Jean-Luc GRIPPARI, « 20 francs or Marianne Coq : un motif de gravure propre aux seules refrappes Pinay ? », Bulletin Numismatique n°259, janvier 2026, pages 36 à 38 7 - Timothy GREEN, Le Monde de l’Or, éditions Fayard, Paris (1969 pour l’édition française) 8 - Timothy GREEN, Les Contrebandiers, éditions Fayard, Paris (1974 pour l’édition française) 9 - Philippe DROULERS, « Remaniements de la monnaie du gouvernement Thiers à août 1914 – 2e partie », Numismatique & Change, n°353, octobre 2004, pages 40 à 43 10 - Michael L. HOFFMAN, « Sofia Sends Swiss Counterfeit Coins; Fake French Napoleons Found in Purchase From Bulgaria Minted With Real Gold », The New York Times, 5 nov 1949, page 2 11 – Charles M. LARSON, Numismatic Forgery, Zyrus Press, Irvine (California), 2004, Chapter 7, pages 101 à 117 20 FRANCS MARIANNE COQ : L’ÉTRANGE AFFAIRE DES « FAUX VRAIS-FAUX »
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