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Bulletin Numismatique n°267 37 cotes qui suivent les prix, mais cela est fondamental afin d’assurer la validité de celles-ci. Voici deux exemples qui illustrent ce problème : 1- La 2 francs 1806A en MS63 a une cote de 1 500€ dans le Franc et de 2 250€ dans le Gadoury (moyenne entre état SUP et FDC). CGB propose sur son site, une 2 francs 1806A en MS64 à 8 000€. 2-La 2 francs 1810A en MS65 a une cote de 1 600€ dans le Franc et 2 400€ dans le Gadoury (1 500€ en SUP). Il y a actuellement sur ebay une 2 francs 1810I en MS64, cet atelier est particulièrement rare, cependant cette monnaie est proposée à 7 000€. Dans les deux cas, comment peut-on avoir des cotations aussi éloignées des prix demandés ? Maintenant, je compare les cotations des années 1936 et 1939 en MS63 de la première série des 5 francs de Lavrillier. Gadoury Le Franc 1936 4 200 3 000 1939 10 500 10 000 Et regardons maintenant les exemplaires gradées par NGC et PCGS : AU58 MS61 MS62 MS63 MS64 1936 4 2 1939 1 1 1 Malgré la rareté réelle pour l’année 1939, il faut se rendre à l’évidence que l’année 1936 est tout aussi rare, du moins pour les pièces de qualité que l’on ne voit jamais ! Comment expliquer alors la différence énorme de cotation qui n’a aucune logique car les pièces sont aussi rares pour les deux années (les exemplaires gradés pour 1939 sont d’ailleurs plus beaux) ? En réalité l’explication sur la différence des cotes dans le Franc est, je pense, la suivante : CGB a vendu 22 exemplaires pour l’année 1936 et seulement 5 pour 1939. Les pièces de 1936 sont bien plus courantes en TTB, par contre les très belles pièces sont aussi rares pour les deux années et elles devraient avoir des cotes similaires à rareté égale. Dans le cas de l’état TTB, les monnaies de 1939 devraient être évidemment bien plus chères ! Le fait qu’une pièce soit relativement courante en TTB, ne signifie pas qu’elle le soit en FDC ! Dans le but d’avoir des cotations qui correspondent au prix du marché, il y a en réalité deux éléments complémentaires à considérer objectivement : - Il faut relever les résultats obtenus lors de ventes importantes et établir des moyennes quand cela est possible. En l’absence de résultats, une pièce de la même série dont on peut établir raisonnablement une cote doit pouvoir servir de base, exemple : Lors d’une vente, une 2 francs 1816A gradée MS63 est partie à 1 400€. Ce montant peut servir de référence pour les autres grades de la 2 francs 1816A et dans la mesure où l’on connaît le nombre de pièces gradées, on peut ajuster les cotes des grades supérieurs et inférieurs en fonction de ces informations. On peut aussi logiquement penser que pour l’atelier de Paris, toutes les 2 francs de Louis XVIII auront sensiblement le même prix (la différence peut venir principalement d’une patine qui est soit belle, soit qui laisse à désirer). Quant aux ateliers de province, les cotes devraient être légèrement plus élevées. - Il faut chercher le nombre d’exemplaires gradés, ce qui est une information indispensable pour établir une cote cohérente. Une pièce peut être frappée à plusieurs millions d’exemplaires, avec aucun exemplaire répertorié en FDC (MS65), très peu en MS63/MS64 et pourtant être très courante dans d’autres états de conservation, ce qui fausse complètement la perception de rareté que l’on a par rapport à cette pièce. La 10 centimes de 1863 de Bordeaux, frappée à plus de 4,5 millions d’exemplaires, n’est pas connue ni en FDC, ni en SPL, alors que la cote pour un exemplaire FDC est de 550€ ! En réalité, il ne devrait pas exister une différence de 200%, 300% ou plus entre une cote et un prix, car dans ce cas, la cote ne veut rien dire et elle n’a aucun intérêt. Il y aura toujours une marge d’erreur entre une cote et un prix, mais celleci doit être limitée. Comme je l’ai signalé au début de cet article, de nombreuses pièces après 1960 sont extrêmement difficiles à coter. Pour celles en euro, je dirais que c’en est de même, car il existe des stocks et honnêtement, je ne sais pas comment procéder objectivement. Il y a aussi de nombreuses séries postérieures à 1900 que l’on trouve de nos jours assez facilement, ainsi que de nombreux essais. On peut toujours s’intéresser à ces séries, mais j’éviterais de mettre des sommes trop importantes, car il me semble que la revente peut s’avérer compliquée. Je suis convaincu que l’on pourrait avoir des catalogues avec des cotations plus réalistes et plus d’actualités, tout en ayant davantage d’informations importantes, avec finalement moins de pages. Un plus en début de catalogue serait d’inclure quelques articles de connaissances numismatiques d’ordre général et d’orientations dirigés aux collectionneurs. Et pour conclure, ayez toujours à l’esprit qu’une monnaie rare dans une qualité exceptionnelle n’a pas de cote possible et fiable ! Yves BLOT QUELQUES RÉFLEXIONS AU SUJET DES CATALOGUES DE COTATION

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