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36 nouveau directeur. Dans une lettre du 30/01/1861 du président de la Commission des Monnaies adressée au Commissaire de la Monnaie de Paris, on peut lire : « Monsieur, je vous annonce que M. Renouard de Bussière, nommé Directeur de la fabrication à Paris par décret du 31 octobre dernier, a prêté serment entre mes mains le 29 de ce mois. Je vous envoie, en même temps, l’ampliation d’un arrêté en date de ce jour, par lequel la Commission des Monnaies a procédé à la reconnaissance de la signature de ce Directeur et a décidé, sur sa demande, qu’il conserverait le différent qu’il avait à la Monnaie de Strasbourg, lequel différent était une abeille. M. Renouard de Bussière se présentera devant vous pour que vous puissiez procéder le plus promptement possible à son installation » [MEF-MACP, SAEF/IAA]. L’installation du nouveau directeur n’a lieu que le 12/02/1861. Maureen Chlous : Si le nouveau directeur de la fabrication de la Monnaie de Paris n’entre en fonction qu’en 1861, comment est-il possible que nous trouvions alors des exemplaires de 5 Francs or 1860 A avec le différent « Abeille » ? Pourquoi ne portent-ils pas le millésime 1861 ? Philippe Théret : Ce qu’il faut savoir, c’est qu’un nouveau type pour l’ensemble des faciales est acté dès fin octobre 1860 : celui représentant Napoléon III avec la tête laurée. Mais dans la mise en œuvre, la priorité n’est clairement pas aux faciales de 5F et 10F en or. Pourtant la Banque de France a un besoin urgent de nouvelles frappes pour ces deux faciales. Aussi, pris par le temps, « Sur la proposition de la Commission des Monnaies et Médailles, Son Excellence le ministre des Finances décide le 05 avril 1861, que le Directeur de la fabrication des Monnaies à Paris sera autorisé à se servir des coins au millésime de 1860 et au différent de la Monnaie de Paris, pour la fabrication des pièces de 10F et de 5F en or. Les demandes réitérées de la banque de France et le manque de coins au millésime de 1861 et à tête laurée ont motivé cette autorisation exceptionnelle » [MEF-MACP, SAEF/X.212]. Maureen Chlous : Si je résume, tous les exemplaires portant le millésime 1860 et le différent Abeille ont été produits en fait en 1861. Philippe Théret : Oui, ils ont été produits entre le 13/04/1861 et le 28/05/1861 et ce en 69 délivrances pour un total de 1 157 974 exemplaires. Maureen Chlous : Venons-en maintenant à la surcharge de la date. Est-ce que ce sont de vieux coins de 1850 qui ont été surchargés pour être utilisés au millésime 1860 ? Zoom sur la monnaie montrant la surcharge du 6 sur le 5 Philippe Théret : Même si théoriquement c’est possible, ce n’est pas réellement ce qui s’est passé. Il faut avoir en tête la chaîne de production des coins qui est décrite en détails dans Le Franc, les Archives publié en 2019. L’atelier du graveur général produit à partir des matrices et poinçons orignaux des outils intermédiaires que sont les matrices de reproduction et les poinçons de reproduction. Et ce sont ces derniers qui permettent en dernière étape de créer les coins. Les parties variables (chiffres finaux du millésime, différents et lettres d’atelier ne sont rajoutées, en général, qu’en fin de chaîne. Il s’est trouvé ici que les outils de reproduction portaient le troisième chiffre du millésime. Une matrice de reproduction conservée au musée de la Monnaie de Paris confirme cette assertion. Matrice de reproduction du revers © Collections historiques de la Monnaie de Paris / Photo ADF UNE VARIANTE INÉDITE EN 5 FRANCS OR NAPOLÉON III

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