Bulletin Numismatique n°265 35 Prochainement CGB proposera à la vente un exemplaire inédit de 5 Francs en or de Napoléon III pour le millésime 1860 et l’atelier de Paris. Cette pièce nous a été confiée par le collectionneur Fabrice Mailly. Afin de comprendre l’importance de cette pièce, Maureen Chlous a interrogé Philippe Théret, responsable « Archives » de l’association des ADF et l’un des auteurs du Franc les Archives (publié en 2019), et qui produit actuellement une série d’ouvrages consacrée au monnayage de Napoléon Ier à Napoléon III. 5 Francs or, tête nue, 1860 A, différent « Abeille » et surcharge du 6 sur 5 Photo prise avec le procédé ADF pour avoir la tranche en même temps Maureen Chlous : Pour rappel quels sont les types de 5 Francs or frappés sous Napoléon III ? Philippe Théret : Il y en a eu 4 qui se sont succédé : • La 5F petit module, tête nue et en tranche lisse, frappée au millésime 1854 seulement à Paris. • La 5F petit module, tête nue et tranche cannelée, frappée aux millésimes 1854 et 1855, seulement à Paris. • La 5F grand module, tête nue et tranche cannelée, frappée aux millésimes de 1855 à 1860 à Paris, et de 1858 à 1860 à Strasbourg. • La 5F grand module, tête laurée et tranche cannelée, frappée aux millésimes de 1862 à 1868, à la fois à Paris et Strasbourg. Maureen Chlous : Si l’on se concentre plus particulièrement sur le millésime 1860 et l’atelier de Paris, quelles étaient jusqu’à lors les variantes connues ? Philippe Théret : Trois variantes étaient recensées jusqu’à présent : • avec le différent « Main indicatrice » et surcharge du 6 sur 5 • avec le différent « Main indicatrice » et 6 pur • avec le différent « Abeille » et 6 pur L’exemplaire que vous me présentez, avec le différent « Abeille » et la surcharge du 6 sur 5 est donc inédite ! Maureen Chlous : S’il y a deux variantes de différents, je suppose qu’il y a eu en 1860 un changement de directeur ? Philippe Théret : Le différent « Main indicatrice » est celui de Charles Dierickx et le différent « Abeille » est celui d’Alfred Renouard de Bussière. Il y a bien eu un changement de directeur mais contrairement aux apparences il n’a pas eu lieu en 1860 ! Maureen Chlous : Pouvez-vous m’en dire plus à ce sujet et pour commencer quelles sont les raisons amenant au changement ? Philippe Théret : Charles Dierickx, directeur de la fabrication à la Monnaie de Paris, décède le 8 juillet 1860 à 8h30 du matin. Dès le lendemain, le président de la Commission des Monnaies écrit au fondé de pouvoir de Charles Dierickx, M. Gazin : « Monsieur, je vous invite à continuer le mandat que vous avait conféré M. Dierickx par acte notarié du 17 septembre 1847 et à vous livrer jusqu’à la nomination de son successeur, à toutes les opérations qu’il vous avait confiées. Vous jugerez sans doute nécessaire de faire confirmer vos pouvoirs, dans le plus bref délai possible, par les héritiers de M. Dierickx » [MEF-MACP, SAEF/IAA]. Les héritiers confirment les pouvoirs donnés à M. Gazin, permettant au service de marcher sans interruption et avec la même régularité que par le passé. Maureen Chlous : Quand est-ce que le nom du nouveau directeur est connu ? Philippe Théret : Il faut attendre plusieurs mois après la mort de Dierickx, le 31/10/1860, pour connaître, par décret impérial, la nomination du directeur de la Monnaie de Strasbourg, Renouard de Bussière, comme nouveau directeur de la Monnaie de Paris. De Bussière étant l’actuel directeur de l’atelier de Strasbourg, il sera lui-même remplacé par Henri Delebecque. Nomination de De Bussière en remplacement de Charles Diérickx Maureen Chlous : C’est tardif, certes, mais il reste 2 mois pour pouvoir produire des 5 Francs en or avec le différent du nouveau directeur. Philippe Théret : Ce ne fut pas le cas car il faut attendre encore plusieurs mois pour voir l’entrée en fonction effective du UNE VARIANTE INÉDITE EN 5 FRANCS OR NAPOLÉON III
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