Bulletin Numismatique n°264 28 La publication récente du JAN, The Journal of Archeological Numismatics, volume 15 – 2025, CEN, Bruxelles, 2026, 313 pages, et la présence dans la prochaine Live Auction du 9 mai 2026 de quatre deniers dont l’âme est vile pour Néron, Galba, Domitien et Domitille nous a donné l’idée de revenir sur ce sujet très controversé. Nous allons examiner ces monnaies, mais aussi étudier les termes utilisés pour définir ces monnaies avec parfois des imprécisions, voire des erreurs. Dans le JAN 15, parmi les neuf articles de ce nouveau volume, c’est le « chairman adress » de Jean-Marc Doyen qui a retenu notre attention, « All that glitters is not gold » : réflexions sur les « faux » solidi de l’Antiquité tardive (337-491 apr. J-C.), p. V-XXXII. brm_1125257 Galba, denier Pour définir ces monnaies, « faux d’époque », les termes les plus couramment utilisés sont : « fourré », « saucé », « plaqué ». Il nous faut donc revenir aux définitions. La définition est laconique dans le dictionnaire publié sous la direction de Michel Amandry, Dictionnaire de numismatique, Larousse, 2e édition, Paris, 2006, p. 231 : « Fourrée. Se dit d’une fausse monnaie à âme vile. ». Dans la même veine, Miche Galléazzi, Lexique des 2 700 mots de la Numismatique, N&C, Bar-leDuc, 2005, p. 48 donne un texte plus précis : « Fourrée (monnaie) : monnaie frappée à partir d’un flan constitué d’une âme de métal commun recouverte d’une feuille d’or ou d’argent soudée sur la tranche. Cette technique, très répandue à l’époque pré-augustéenne et sous les Sévères, permettait la fabrication à bon compte de deniers destinés au paiement des troupes auxiliaires ou aux transactions avec les « Barbares ». Ces faux officiels sont à distinguer des monnaies saucées. ». Nous allons revenir sur ces différentes assertions. J.-M. Doyen dans son article (p. VI) évoque en prolégomènes « des questions de terminologie où il distingue les monnaies dites « fourrées » : « sont produites en enrobant le métal précieux d’un noyau de métal vil, du bronze généralement, plus rarement du fer. Le flan ainsi produit est ensuite frappé à moins qu’il ne porte l’empreinte dès l’opération du coulage. Le motif en relief est donc imprimé sur la couche de métal précieux par frappe ou par moulage. ». L’auteur prend des exemples sur les monnaies celtiques avant d’aborder le second point avec le placage. Ce terme n’est pas repris dans les deux dictionnaires des termes numismatiques. En revanche, dans le cadre du monnayage romain tardif, J.-M. Doyen revient sur ce procédé : « le flan de métal, généralement sans grande valeur – un alliage cuivreux par exemple -, est dans un premier temps frappé à l’aide de coins, puis la monnaie en quelque sorte « normale » ainsi obtenue est argentée ou dorée à l’aide d’une très fine feuille de métal précieux, généralement collée à l’aide d’un amalgame à base de mercure. » En revanche, le terme « saucé » qui se rapproche du placage, est repris dans les deux ouvrages pré-cités. Pour le Larousse, la définition de saucé est la suivante : « Qualifie une monnaie à âme vile recouverte par immersion d’un bain d’une pellicule d’or ou d’argent. ». Cette définition est pratiquement reprise mot à mot dans le second lexique. Avant de s’attarder sur le corps de son sujet, à savoir les faux solidi de l’Antiquité tardive, J.-M. Doyen aborde, en premier, les monnaies plaquées du Haut-Empire romain (p. VII-XIII). Dans la base de Cgb.fr, nous avons proposé en trois décennies plus de 1 000 monnaies, décrites comme « fourrées » qui pourraient aussi se voir parées des termes de « saucées » ou « plaquées ». La plus grande partie de ces monnaies concerne DENIERS FOURRÉS DES JULIO-CLAUDIENS ET DES FLAVIENS
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