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Bulletin Numismatique n°264 27 Le revers avec la légende AVGVSTA est l’un des plus courants frappés par Antonin le Pieux pour son épouse décédée, plutôt en octobre 140 qu’au début de l’année 141. Elle était née le 20 ou 22 septembre 97 (KT, p 130). L’ensemble de ce monnayage lié à ce revers est posthume, frappé à partir de 141 et pour la plupart après147, d’après les conclusions et le classement de Philip V. Hill (UCR) pour l’atelier de Rome. Cependant si la légende se rencontre très souvent, nous avons une dizaine de représentations différentes d’entités féminines qui lui sont associées. Si Cérès est celle qui est le plus couramment associée à la légende, nous la rencontrons sous trois formes différentes : tenant deux torches, une dans chaque main plus ou moins penchées ; tenant une torche et un sceptre comme sur notre exemplaire, dans tous les cas debout à gauche, voilée et drapée et enfin, sous une forme où elle semble légèrement en mouvement. Associée à cette légende, nous trouvons aussi Junon, Vénus et Felicitas. Enfin une dernière entité, tenant deux torches, ne peut être rattachée à une divinité particulière (Calico I, p. 328-330, n° 1758 à 1770 avec des numéros bis). La variété des bustes n’est pas moindre, les principales entités reposant sur des bustes voilés ou n’étant pas associées à des bustes tournés à gauche ou à droite. Si la principale titulature d’avers est Diva Faustina, ponctuée parfois en fin de légende, elle est ordonnancée différemment sous les deux variantes : DIVA – FAVSTINA et DIVA FAV-STINA. Une forme plus rare peut se trouver avec : DIVA AVG FAVSTINA. Pour les légendes de revers, nous avons plusieurs variantes dans leur ordonnancement, la plus courante étant AVGV-STA. Avec l’ouvrage de Martin Beckmann, Coinage and Cult in Rome and in the Provinces, NS 36, ANS, New York, 2012, nous avons un véritable corpus pour l’ensemble du monnayage de Faustine Mère. Dans son classement, pour le type qui nous intéresse ici, l’auteur n’a retenu que deux types principaux : le premier avec Cérès tenant une torche et un sceptre qui correspond à notre type avec 31 coins de droit (CA 1 à 31) et le second avec Cérès, tenant deux torches avec 40 coins de revers. Il existe aussi un coin lié au premier type, mais anépigraphe et nous avons aussi un type avec la légende CERES. Pour les types de droit, l’auteur a isolé 133 coins de droit (daf 1 à 133) dont 114 avec la légende DIVA – AVGVSTA, mais seulement 104 avec le buste drapé à droite, un petit chignon enroulé derrière la tête, plus ou moins ornementé. FAUSTINE MÈRE (+ fin 140 ou début 141) Annia Galeria Faustina Femme d’Antonin le Pieux, mère de Faustine Jeune, tante de Marc Aurèle Faustine mère, fille de Rupilia Faustina, la belle-sœur d’Hadrien, épousa Antonin le Pieux entre 110 et 115 et eut au moins deux enfants : Marcus Galerius Antonius, un garçon qui mourut en bas âge et Faustine jeune qui épousera Marc Aurèle. Faustine mère reçoit le titre d’Augusta en 139 et se trouve de ce fait associée au monnayage. Elle meurt en fin 140 ou au début de 141, âgée d’une quarantaine d’années. Antonin la fait immédiatement déifier et fera frapper un important monnayage de consécration, instituant les « Puellæ Faustinianæ » pour les jeunes orphelines ou pauvres. Antonin fera élever le temple de Faustine dans la région du temple de la Paix (Regio IV). Aureus, Rome, c. après 148 (Or, 7,19 g, 19 mm, 7 h) taille 1/45 L., poids théorique : 7,22 , 6,5 scrupules, 25 deniers ou 100 sesterces A/ DIVA – FAVSTINA « Diva Faustina », (la Divine Faustine). Buste voilé et drapé de Faustine mère à droite avec les cheveux relevés, coiffés en chignon (L9). R/ AVGV-STA « Augusta », (Augusta). Faustine sous les traits de Cérès voilée et drapée debout à gauche, tenant une torche allumée de la main droite et un sceptre de la main gauche. C II/ 42, 95 - RIC III/ 70, 356a var. - BMC/RE IV/ 58, 395 var. – Calico 1763a M. Beckmann, p. 126 (A/ daf 69) R/ CA16) (1 ex.)3 Magnifique exemplaire sur un flan idéalement centré des deux côtés. Buste de toute beauté ainsi qu’un revers finement détaillé. Patine de collection. Très rare. SPL 4 000€/ 8 000€ Mêmes coins que l’exemplaire de la collection Vierordt, Schulman, 5 mar 1923, n° 1551. Ce type semble beaucoup plus rare que ne le laissent supposer les ouvrages généraux. En effet un seul exemplaire est connu avec cette combinaison de coins. Le coin de revers (CA 16) est associé à huit exemplaires différents avec trois coins de droit associés (df 4, 5 ex., df 54, 2 ex. et df 69, 1 ex.) Le coin de droit n’est associé qu’à deux exemplaires pour le coin de revers (CA 17). Le sceptre est bouleté à ses extrémités. Faustine est souvent assimilée à Cérès, déesse des moissons. Nous avons ici une représentation mixte de la déesse avec la torche qui permet de l’identifier immédiatement avec la déesse Cérès, mais elle tient aussi le sceptre de Junon. Sans l’ouvrage fondamental de M. Beckmann, nous serions passés à côté d’une rareté. Sur un total de 155 aurei présentant ce type de revers, nous n’avons que notre exemplaire qui corresponde à cette combinaison. Nous avons encore une fois la preuve si cela était nécessaire, que sans ouvrage spécialisé, nous restons superficiels. Marie BRILLANT & Laurent SCHMITT FAUSTINE MÈRE ET AUGUSTA : UN AUREUS PAS SI COMMUN !

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