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Bulletin Numismatique n°264 29 la République romaine et le Haut-Empire. Pour la République, nous avons des deniers dits « serrati » ou dentelés pour empêcher ce placage. Dans les périodes de crises, deuxième guerre Punique ou guerres Civiles, devant le manque de métal, l’argent en l’occurrence, l’État lui-même pratique le « sauçage » ou placage des monnaies. Une monnaie fourrée, plaquée ou saucée n’est pas forcément un faux pour servir, mais peut avoir une origine « officielle ». Cependant à partir des Julio-Claudiens, ces deniers fourrés sont plutôt des fausses monnaies pour servir. brm_1125255 Néron, denier Dans la Live Auction du 9 juin 2026, les monnaies dont nous traitons présentent quatre deniers avec des altérations métalliques, laissant apparaître le métal vil, excepté peut-être le denier de Galba (brm_1125257). Les trois autres deniers laissent voir des concrétions soit sur la tranche, soit sur le flan lui-même avec le métal vil qui est visible sous la fine pellicule d’argent. Souvent la masse de ces deniers est légère voire faible par rapport au poids théorique du denier, plus de 3,80 g avant la réforme de Néron et de 3,40 g après celle-ci. En dehors du denier de Néron (brm_1125255) dont la masse est proche du poids théorique d’après la réforme monétaire de 64 alors qu’il est antérieur à celle-ci (3,26 g) les trois autres ont des masses très légères : 2,47 g pour Galba, 2,33 g pour Domitien et 2,58 g pour Domitille. brm_1125190, Domitien, denier Nos quatre deniers « non officiels » sont tous inédits, présentant des revers qui n’existent pas pour l’empereur ou « hybrides » associant un droit à un revers d’un autre personnage. Pour Galba, le revers fait penser au revers de Néron avec la légende « Iuppiter Custos ». Le revers du denier de Néron n’appartient pas aux revers de cet Auguste. Le revers de Domitien se rencontre normalement pour sa femme Domitia. Quant au denier de Domitille, c’est un revers de Vespasien qui lui est associé « Paci Augustæ ». brm_1125203 Domititlle, denier L’ensemble de ces deniers pourraient appartenir à une catégorie particulière de monnaies qui sont coulées dans des moules bivalves. Ces deniers sont donc véritablement des « faux d’époque » et sortent d’un ou de plusieurs ateliers illégaux fabriqués pour le profit. La valeur du denier, 4 sesterces ou 16 as, si elle est importante, n’est pas considérable et n’a peutêtre pas attiré l’intérêt des autorités officielles chargées de lutter contre la diffusion du faux-monnayage. Nous notons qu’aucun de nos quatre deniers ne dépasse l’époque flavienne (70-96). Ces monnaies sont attachantes et méritent toute votre attention. Elles sont autant de témoignages tangibles de cette présence des fausses monnaies qui sans être négligeables au regard de la production totale du monnayage romain ne peuvent être passées sous silence et trouvent un regain d’intérêt alors que précédemment, ces monnaies étaient souvent négligées et reléguées au fond de nos médailliers, dans une sorte « d’enfer ». Marie BRILLANT & Laurent SCHMITT DENIERS FOURRÉS DES JULIO-CLAUDIENS ET DES FLAVIENS 1,882,077 objects within 1,225,597 records

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