Charles VII 6 minutieux, et presque monstrueux à l’image des près de 1700 pages qu’il atteint dans sa forme actuelle. De quoi rebuter les éditeurs ! À la différence des enquêtes numismatiques menées par des passionnés à l’échelle d’un atelier ou d’une province – qui ont également nourri ce travail, grâce à la collaboration active de nombreux numismates –, seule une enquête embrassant l’ensemble du royaume permet de dessiner le paysage monétaire du royaume. Les contributions ci-dessous de Jean-Claude Déaux ou de Philippe Ganne présentent les éclairages ainsi apportés et les pistes ouvertes sur l’activité relative des ateliers. Certes l’enquête n’est pas exhaustive et ne prétend pas l’être, et le degré d’avancement variable des enquêtes antérieures ou en cours selon les régions et les ateliers fournit un biais dans l’information, au-delà des biais introduits par les hasards des découvertes, comme le rappelle J.-Cl. Déaux à propos de la surreprésentation de l’atelier de Troyes grâce à l’apport du trésor du Mesnillot (Montiéramey). Il ne fait aucun doute, et c’est bien l’espoir de G.Crépin, que ce travail va susciter des réactions et faire sortir des collections des exemplaires supplémentaires, correspondant à des variétés ou des émissions encore « non retrouvées ». Le monnayage de Charles VII se révèle aussi comme l’un des plus passionnants pour les numismates, en particulier durant sa première période, jusqu’en 1436, puisque, du fait de la disparition des archives de la Chambre des monnaies de Bourges, la politique monétaire n’est guère connue par les textes qu’au prisme des archives du Dauphiné. Or l’enquête numismatique vient rejoindre les éléments fournis par les textes: la politique monétaire s’adaptait aux situations locales et se négociait avec les autorités urbaines et régionales. Des émissions spécifiques sont ainsi attestées pour le Languedoc ou la Champagne et les exemplaires viennent prouver l’existence de ces particularités locales qui ne sont pas toutes documentées par les textes. L’inventaire précis des pièces connues et de pièces nouvelles apporte ainsi une contribution décisive à la reconstitution de l’histoire monétaire avec notamment le tableau des périodes d’activité de chaque atelier, ancien ou provisoire, ce qui permet d’interpréter la fonction de ces monnayages temporaires. Les points ou les lettres d’ateliers temporaires contribuent aussi à cette restitution de la réalité monétaire de la période et, vu l’état des exemplaires, toute pièce nouvelle qui sera signalée peut renforcer ou infirmer les attributions proposées. Il y a tout lieu de penser que chacun en consultant ce volume comprendra mieux la portée de la pièce qu’il aura entre les mains et que le monnayage de Charles VII pourra ainsi revêtir un attrait renouvelé, au-delà des seuls spécialistes. Parcourir le travail de G. Crépin, c’est mesurer les périodes d’activité des ateliers au rythme des émissions représentées mais aussi avoir une première idée de l’intensité des fabrications. Le jeu auquel j’ai personnellement pu me livrer a été de tester la représentativité du corpus réuni par rapport aux données des comptes de fabrication et de rechercher les émissions non retrouvées qui constituent autant de défis à relever pour les numismates. L’ampleur de ce qui reste à retrouver apparaît à l’examen du tableau ci-dessous qui présente en l’état de la documentation, le taux de survie encore infime
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