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Charles VII 5 C’est un plaisir que de donner ici un mot d’introduction, même si, par sa brièveté il ne pourra être à la mesure de cet ouvrage monumental de Gérard Crépin. C’est aussi un honneur redoutable dans la mesure où il s’agit de prendre la suite de Michel Dhénin qui excellait dans un exercice où s’illustraient ses qualités de science et d’humour comme lorsqu’il rappelait dans son avant-propos au livre sur Les Hardis de la maison de France en 2015 et non sans un peu d’autodérision: « L'important n'est pas de ne pas se tromper, l'important c'est que nos erreurs servent aux autres ! Toute science progresse de cette manière, et même la nature ne procède pas autrement ». Après les monnaies de Louis XI publiées en 2022, c’est à Charles VII que s’est consacré depuis plusieurs années Gérard Crépin. La méthode suivie est la même et elle ne surprendra pas ceux qui ont manié ce livre sur Louis XI ou les ouvrages consacrés par Gérard Crépin à des espèces spécifiques: doubles tournois ou liards de cuivre, hardis… La démarche n’a d’ailleurs rien pour dérouter les chercheurs en numismatique et commence par la réunion d’un corpus aussi étoffé et aussi illustré que possible, afin que toutes les lectures et descriptions puissent être vérifiées à tout moment, d’autant que les références aux exemplaires connus associant chaque variété et chaque légende de droit et de revers sont systématiquement données. Cela permet de répondre avec précision aux questions le plus fréquemment posées par les numismates telles que les rappelle G. Crépin:«Cette monnaie est-elle rare ? » et « Cette monnaie est-elle déjà retrouvée ? ». Toutes les pièces ne sont pas illustrées, mais il est possible de demander les photos des exemplaires correspondants à G. Crépin qui ne m’en voudra pas trop, je l’espère, de compromettre ainsi sa tranquillité à venir. La présentation par atelier monétaire a été retenue parce qu’elle rend le mieux compte des dynamiques propres à chaque atelier, au fil des changements de graveurs ou de maîtres. L’étude de ces dynamiques peut de plus s’appuyer sur la reprise systématique des données disponibles dans la documentation écrite sur les fabrications et les officiers monétaires. L’attribution des exemplaires indéterminés en est le plus souvent facilitée dans la mesure où chaque atelier présente des cohérences de style, de gravure ou de poinçons. G.Crépin s’est parfois engagé dans cette voie, mais en signalant toujours la part de ses hypothèses, si probables soient-elles. C’est ainsi et surtout une invitation à chacun des lecteurs à apporter sa contribution à un travail encore perfectible en dépit de son épaisseur. Réunir le corpus d’un monnayage aussi ample que celui de Charles VII (14221461), soit un des règnes les plus longs de la période médiévale après saint Louis et Charles VI, tenait un peu de la gageure. C’était une entreprise dans laquelle il aurait semblé irréaliste d’engager un étudiant, un pari quelque peu insensé qu’a relevé Gérard Crépin. Le travail a été à la mesure de ce projet, long, patient,

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