Bulletin Numismatique n°268 43 QUAND PHILIPPE II D’ESPAGNE RÉGNAIT SUR L’ANGLETERRE AVEC MARIE TUDOR ! « A Domino Facum est Istud & est Mirabili », (Par le Seigneur ceci a été accompli et est admirable) Nef vue de profil supportant un écu aux armes écartelées en 1 et 4 de France, en 2 et 3 d’Angleterre surmonté d’une croix accolée de P et M, (Pour Philippus & Maria, Philippe et Marie). SP 2496 – Fr 196 Exemplaire sur un flan large et plutôt régulier. Les motifs sont nets. Très rare. TTB+ 12 000€/ 20 000€ Les Anges d’or (Gold Angel) de Marie seule (Fr. 184) ou associée à son époux Philippe II d’Espagne sont très rares (Fr. 186). Les demi-anges (Half Angel) le sont encore plus (F. 195 et 197). L’Ange d’or fait son apparition lors du second règne d’Henry VI de Lancastre (1422-1461 et 1470-1471. Mais en réalité il existe déjà à l’extrême fin du règne d’Edward IV d’York (1461-1470 et 1471-1483). Il est ensuite repris par Richard III (1483-1485), puis Henri VII Tudor (1485-1509) et par son fils Henry VIII (1509-1547) et le fils de ce dernier Edward VI (1547-1553). Marie Tudor, la fille d’Henry VIII et de Catherine d’Aragon, le reprend aussi, d’abord seule en 1553-1554, puis associée à son mari, Philippe II d’Espagne. Sous Elizabeth I (1558-1603), il sera aussi frappé. Il en est de même pour Jacques VI Stuart (1603-1625). Le dernier à frapper ce type monétaire est Charles Ier (1625-1649). Mais faut-il rappeler que ce type de l’Ange d’or est d’abord français, fut fabriqué par Louis XI (1461-1483) qui le premier le fit frapper à Rouen le 19 juin 1467 et offert à l’ambassade anglaise d’Edward IV, conduite par le comte de Warwick, ce qui pourrait expliquer et justifier la reprise de son iconographie dans la numismatique anglaise. Louis XI avait d’autre part créé l’Ordre de Saint-Michel le 1er août 1469 afin de fidéliser la noblesse française et contrer les manœuvres de Charles Le Téméraire (1467-1477) et l’ordre de la Toison d’or, fondé en 1429, par son père Philippe le Bon (1419-1467). Si l’angelot (non français de l’Ange d’or de Louis XI) n’a pas été retrouvé, en revanche le Cabinet des médailles de la BnF/ DMMA conserve un exemplaire unique du triple angelot, d’un poids de 13,58 g et un demi-angelot de 2,21g avec un titre de 958 ‰ (23 carats) taillé pour le premier à 18 au marc de Troyes (1 marc = 244,7529 g) soit 18,596 g de masse théorique pour le triple angelot et 110 au marc pour le demi angelot ou 2,226 g. Quant à l’Ange anglais, il était taille à 45,5 au marc de la Tour de Londres (1 marc = 233,27618 g) ou 80 grains anglais. Pauline BRILLANT et Laurent SCHMITT COINS OF ENGLAND AND THE UNITED KINGDOM 2024 PRE-DECIMAL ISSUES, 59th EDITION LC231 44€
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