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Bulletin Numismatique n°268 32 Justinien II, le dernier descendant de la dynastie Héracliide, fils de Constantin IV, petit-fils de Constans II, arrière petit-fils d’Héraclius Constantin et descendant à la quatrième génération du fondateur de la dynastie, Héraclius, est né en 669. Il a à peine seize ans quand il devient Basileos. Ce type monétaire avec le buste du Christ fait son apparition pour la première fois dans le monnayage byzantin, mais pas pour la dernière fois, à la fin du règne de Justinien II en 692, lié aux luttes qui opposent le Basileos au pape Serge Ier (686701). Le pape a refusé de signer les décrets du concile de Quinisexte en 692. Justinien II veut le déposer, mais l’armée d’Italie se mutine et se rallie au pouvoir de Rome et finalement, Justininen II est déposé, mutilé et envoyé en exil. L’adoption de ce type est directement liée à cet événement marquant du règne. Justinien II rompt ainsi avec la doxa iconographique de la dynastie héracliide, en place depuis le début du règne de Constans II en plaçant au droit, non plus le buste du souverain auquel il substitue celui du Christ, un christ barbu, dont la tête repose sur la croix, tenant de la main gauche les Évangiles et bénissant de la main droite dans la tradition byzantine (benedictio graeca), les doigts entrelacés formant le monogramme grec IC XC (Iésous Christos) tout en soulignant la double nature humaine et divine du Christ ainsi que la Trinité. Le Basileus se trouve ainsi rejeté au revers, non plus en buste, mais en pied qui n’est pas sans rappeler le dernier monnayage d’Héraclius à partir de 632 où il est associé à ses deux fils Héraclius Constantin et Héraclonas. Mais Justinien y figure seul et tenant la croix grecque globulée et potencée posée sur deux degrés, qui marque la récupération de la vraie croix dont les Sassanides de Chosroès II s’étaient emparés en 614 lors de la prise de Jérusalem et finalement reprise par Héraclius fin 629 ou début 630. Le nouveau Justinien est vêtu du lôros (qui est le vêtement impérial par excellence, longue écharpe de six à huit mètres de long, brodée et ornée de pierreries posée directement sur la tunique). Quant à l’akakia, parfois nommée anexikakia, c’est un cylindre de soie pourpre que tenait l’empereur lors des cérémonies officielles remplie de poussière, censé rappeler la nature mortelle de l’homme. JUSTINIEN II (10/07/685-4/11/711) Premier règne (10/07/685 - fin 695) Justinien II, fils de Constantin IV, succéda à son père en 685, à l'age de seize ans. Une paix avantageuse avec les musulmans lui permit de se consacrer au problème balkanique qu'il traita en déportant massivement des Slaves vers l'Asie Mineure où il les installa, suivant l'exemple de son grand-père, Constans II. En 695, il fut renversé par un complot de palais, mené par le général Léonce. Justinien II eut la vie sauve, mais le nez et la langue coupés. Mutilé, il fut envoyé en exil à Cherson d'où il s'échappa. Il se réfugia auprès du tsar des Khazars et prépara sa revanche mais dut s'enfuir sous les pressions de Tibère III Aspimar pour trouver refuge auprès de Tervel, le khan des Bulgares. Il rentra victorieux à Byzance à l'été 705 à la tête d'une armée barbare et se vengea sauvagement de Léonce et de Tibère III en les faisant supplicier. Il fit régner la terreur pendant six ans avant d'être assassiné avec son fils Tibère, âgé de six ans, mettant fin à la dynastie des Héracliides. Il est connu pour son orthodoxie religieuse et l'introduction de la représentation du Christ sur les monnaies. Solidus, Constantinople, c. 692-695 , 2e officine (B renversé) (Or, 4,19 g, 18,50 mm, 6h) taille 1/72 L., poids théorique 4,51 g, 98 % d’or, 11520 noummia LA PREMIÈRE APPARITION DU CHRIST SUR UNE MONNAIE BYZANTINE

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