Bulletin Numismatique n°268 31 Eudocie (Aelia Eudocia), épouse de Théodose II (402450) ne doit pas être confondue avec Aelia Eudoxia, fille de Flavius Bauto et femme d’Arcadius, décédée en 404, comme cela se produit parfois, la seconde étant la bellemère de la première. Théodose II, né en 401 est le fils d’Arcadius et d’Eudoxie. Après la mort de son père, Arcadius, en 408, Théodose II se trouve sous la tutelle d’Anthémius, son préfet du prétoire, puis de sa sœur aînée Pulchérie, née en 399, qui à partir de 414 assure une sorte de régence sur son frère jusqu’à son mariage le 7 juin 421 avec la belle Athénais qui prend le nom d’Eudocie. À la naissance de leur fille Licinia Eudoxia en 423, Eudocie reçoit le titre d’Augusta et tient une place importante à la cour constantinopolitaine. Licinia Eudoxia épouse son cousin Valentinien III à Constantinople le 29 octobre 437 avant de gagner l’Occident. Pulchérie et Eudocie sont en friction et finalement l’épouse de Théodose II s’efface et se retire à Jérusalem où elle termine son existence et où elle décède en 460, enterrée dans l’église Saint-Étienne. On ne sait pas si elle abandonna son titre d’Augusta, mais son monnayage ne semble pas avoir dépassé son éviction et son exil, en 443. Quant à Pulchérie, après la mort de son frère le 28 juillet 450, c’est elle qui choisit finalement Marcien le 24 août 450 et l’épouse avant de mourir en juillet 453. EUDOCIE (+ c. 460 après J.-C.) Aelia Eudocia Eudocie, fille du philosophe athénien Léonce, épouse Théodose II en 421. Elle s'appelle en fait Athenais et change son nom en Aelia Eudocia au moment de son mariage. Elle exerce une influence considérable sur la cour de Constantinople et son mari, supplantant la sœur de l'Empereur, Pulchérie. Mais en 443 sous la pression de Pulchérie, sa bellesœur, elle se retire de la vie publique pour se réfugier à Jérusalem dans une vie dévote, consacrant son temps à la construction d'églises et la constitution de monastères. Elle meurt en 460, dix ans après Théodose II. Tremissis, Constantinople, 423-442 (Or, 1,43 g, 13,50 mm, 12 h) poids théorique 1,50 g taille 1/216 L. ou 1,33 scrupules, 7200 nummi ou tiers de solidus A/ AEL EVDO-CIA AVG « Aelia Eudocia Augusta », (Aelia Eudocie Augusta). Buste diadémé et drapé d’Eudocie à droite, vu de trois quarts en avant (L’a) ; diadème perlé. R/ -|-// CONOB* « Constantinopolis Obryzium » (Constantinople, or pur). Croix dans une couronne de laurier. Ratto 203 - RIC X/ 335 – RCV 5/ 21245 (1500$) - Depeyrot Moneta 5/ 72.2 – LRC 461 – MRK 168/2 (2000€) Magnifique monnaie sur un flan idéalement centré des deux côtés. Buste de toute beauté. Revers finement détaillé. Patine de collection. Très rare. SPL 1 800€/ 3 200€ Le monnayage d’Eudocie semble avoir été important, frappé entre 421/423 et 440/442. Après cette date, l’Augusta disparaît du monnayage. G. Depeyrot indique le nombre de 160 tremisses recensés pour ce type tandis qu’il donne un chiffre de 175 tremisses pour Pulchérie, la sœur de Théodose II. Outre de rares solidi (RCV 5/ 21240-21243) et de très rares semisses (RCV 5/ 21244), en or nous rencontrons surtout des tremisses ou tiers de sou d’or (RCV 5/ 21245). Ces tremisses semblent avoir été frappés à des moments différents : entre 425-429 d’après J. P. C. Kent (RIC X/ 258, 253, pl. 10) puis entre 437 et 439 (RIC X/ 261, 281, pl. 11) et enfin vers 443 (RIC X/ 284, 335, pl. 14). D’après, l’ornementation de la coiffure au droit les rubans de la couronne au revers, notre exemplaire semblerait appartenir à la troisième série de frappes. Le buste de l’Augusta n’est pas sans présenter des analogies avec celui de Pulchérie (RIC X/ 261/ 280, pl. 11). Notez en particulier la coiffure très ornementée de notre exemplaire. Exemplaire provenant de la collection d’Adrien BLANCHET (1866-1957). Cette dénomination qui est en fait la plus courante pour Eudocie présente de nombreuses variantes dans sa composition, tant pour le droit avec de nombreuses variétés au niveau du buste et de la coiffure que dans la disposition de la couronne et des rubans qui l’accompagnent au revers. L’exemplaire ici présenté est d’une qualité d’exécution exceptionnelle tant pour la gravure que pour l’état de conservation ce qui justifie le choix par Adrien Blanchet qui avait un jugement très sûr. Marie BRILLANT & Laurent SCHMITT QUI ÉTAIT EUDOCIE ?
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