Bulletin Numismatique n°266 56 Le monnayage de Syracuse est l’un des plus courants pour le Ve siècle avant J.-C., en particulier pour la période comprise en 480 et 470 avant J.-C. (cf. HGCS 2/ 1306-1307 qui regroupe en fait plus de 200 numéros (223 exactement) de l’ouvrage de référence d’Éric Boehringer, Die Münzen von Syrakus, Berlin, 1929). Dans un ouvrage récent, François de Callataÿ a repris une partie de cette classification pour la période (485-478/470) concernant les numéros 62 à 407 du classement avec 928 exemplaires, 139 coins de droit et 203 coins de revers, soit un indice charactéroscopique de 6,68 pour les droits, ce qui est excellent. Cependant, notre type particulier n’est recensé que par sept exemplaires avec les coins de droit 120. Notre exemplaire présente, en outre, une rare disposition épigraphique de la légende de revers, en partie rétrograde, cas unique dans sa disposition. (ΣYP-AK-O-ΣI-ON). SICILE – SYRACUSE (Ve siècle avant J.-C.) Hiéron tyran de Syracuse (478-467 avant J.-.C. Le gouvernement de Syracuse, fondée en 733 avant J.-C. par des colons corinthiens, fut assuré à partir de 485 avant J.-C. par Gélon, tyran de Géla depuis 491 avant J.-C. Il avait remporté une victoire aux Jeux olympiques de 488 avant J.-C. (course de chars) et rappela cette victoire en la représentant au droit du monnayage de Syracuse alors que le revers était occupé par la tête d’Aréthuse. Cette nymphe, dans la mythologie, résidait dans l’île d’Ortygie, en face de la ville de Syracuse, sous la forme d’une fontaine d’eau douce, (Virgile, Eclog. IV.1, X.1). Alphée, un satyre, représentant un dieu-rivière dans le Péloponnèse, près de Phylace en Arcadie, avait poursuivi Aréthuse. À sa prière, Artémis la transforma en rivière et seule la mer permit à la nymphe d’échapper au satyre. Cette légende permit d’expliquer un phénomène hydro-géographique : une rivière souterraine passe sous la mer pour déboucher dans l’île d’Ortygie. En 480 avant J.-C., les Carthaginois envahirent la Sicile mais furent vaincus par Gélon à Himère. En 478, Gélon mourut et son neveu Hiéron lui succéda. Tétradrachme, Sicile, Syracuse, 475-470 avant J.-C. (Ar, 17,45 g, 25 mm, 9 h) étalon attique, poids théorique : 17,28 g, 4 drachmes ou 24 oboles A/ Anépigraphe Bige au pas à droite, conduit par un aurige tenant les rênes et le kentron ; le bige est couronné par Niké volant à droite. R/ ΣYP-AK-O-ΣI-ON, (légende en partie rétrograde) (de Syracuse). Tête d’Aréthuse à droite, les cheveux relevés et retenus par un diadème de perles, entourée de quatre dauphins. Boehringer 267 (A/ 120 – R/ 184) (5 ex.) – ANS 108 – HGCS 2/ 1307 Monnaie centrée des deux côtés. Superbe portrait d’Aréthuse. Jolie représentation du droit présentant une fine usure régulière. Patine grise avec de légers reflets dorés au revers. Très rare. TTB+/ SUP 4 200€/ 8 500€ Cette pièce du groupe 3 est postérieure au Demareteion (Décadrachme) d’après les travaux de C. Arnold-Biucchi qui modifie légèrement la chronologie pour descendre cette émission dans les années 475-470 avant J.-C., cf. NS 18, p.32. Ce type est postérieur à la mort de Gélon, tyran de Syracuse (478 AC.), remplacé par son neveu Hiéron. Le droit est bien le bige et non pas la tête d’Aréthuse comme le décrivaient les ouvrages anciens. Pour notre combinaison de coins, (n° 267, A/ 120 – R/ 184) nous avons cinq exemplaires dont ceux des musées de Saint-Pétersbourg, de Vienne et de Boston. Deux exemplaires sont passés en vente cher Rollin et Feuardent en novembre 1924 et chez Sambon-Canessa. Le coin de revers (R/ 184) n’a pas été réutilisé. En revanche le coin de droit est lié aux numéros 265-266 pour trois autres exemplaires soit un total de huit exemplaires pour le coin de droit. Notre type reste donc très rare. Exemplaire provenant de la collection d’Adrien BLANCHET (1866-1957), avec étiquette de Roger BLANCHET. Marie BRILLANT & Laurent SCHMITT TÉTRADRACHME DE SICILE : RETOUR À SYRACUSE !
RkJQdWJsaXNoZXIy MzEzOTE=