Bulletin Numismatique n°266 47 à droite surmonté d’un casque corinthien tourné à droite et un monogramme ; dans le champ à gauche, une étoile à huit rais. Svoronos 174 – SNG Copenhague 28 – CPE I/ 66, pl. 5 Magnifique monnaie, centrée des deux côtés. Buste de toute beauté, bien venu à la frappe. Joli revers de style fin. Belle patine grise de collection avec de légers reflets bleutés et dorés. Buste cornu et diadémé d’Alexandre le Grand sous les traits de Zeus Ammon à droite, coiffé de la dépouille d’éléphant avec l’égide. Très rare. SPL 2 800€/ 5 500€ Entre 323 et 312 avant J.-C., Ptolémée Ier Soter, qui est satrape d’Égypte, continue de monnayer au type et au nom d’Alexandre III le Grand. Depuis 332 avant J.-C., l’atelier de Memphis frappait des monnaies royales. La fabrication à Alexandrie ne commence pas avant 312 avant J.-C. A partir de 311 avant J.-C., l’Égypte a un monnayage particulier d’abord basé sur l’étalon attique, puis sur l’étalon rhodien (notre exemplaire), avant d’adopter l’étalon lagide ou phénicien. En 305 avant J.-C., Ptolémée prend le titre de Roi (Bασιλεωσ). Notre tétradrachme s’inscrit dans une série monétaire importante frappée dans un moment de transition où Ptolémée, qui était satrape depuis la mort d’Alexandre le Grand à Babylone le 10 ou 14 juin 323 avant J.-C., après l’intermède de Cléomène de Naucraitis (323-322 avant J.-C.), à la suite d’Antigone le Borgne (Monophtalmos) et de Démétrius Poliorcète, prend le titre de Basileos comme Cassandre en Macédoine, Séleucus Ier en Asie et Lysimaque en Thrace et dans le domaine égéen. Cette série monétaire était précédemment à une date plus haute en 310 et 305 avant J.-C. Elle comprend plusieurs phases dont la première se caractérise par la présence d’un casque corinthien, placé au-dessus de l’aigle posé sur un foudre du revers qui va devenir l’épisème (symbole) de la dynastie Lagide. Dans son ouvrage récemment publié, Catharine C. Lorber revient sur ce monnayage qui avait fait précédemment l’objet d’une étude d’Oreste H Zervos en 1974 (26e émission) où il avait recensé 56 exemplaires avec 15 coins de droit. Le même auteur notait de nombreuses liaisons de coins de droit avec les autres tétradrachmes de la série (CPE 1/ 36, 65 et 67). Ce type se rencontre dans plusieurs trésors (IGCH 1670, 1671 et 1675). Exemplaire provenant de la collection d’Adrien BLANCHET (1866-1957), avec étiquette de Roger BLANCHET. Cet exemplaire, outre sa provenance, la collection d’Adrien Blanchet, se trouve dans un état de conservation tout à fait exceptionnel pour ce monnayage. Son centrage remarquable, la qualité de son relief ainsi que sa superbe patine irisée en rehaussent encore l’intérêt. Autant de qualités qui en font un exemplaire particulièrement désirable, appelé à rencontrer le succès qu’il mérite et à prendre place au sein d’une collection d’exception. Marie BRILLANT & Laurent SCHMITT Quand on tient ce tétradrachme dans la main, une émotion, voire un frisson peut nous transpercer. Ce qui nous frappe au premier coup d’œil, c’est ce buste inhabituel, coiffé de cette dépouille d’éléphant qui symbolise à elle seule l’Afrique et l’Égypte. En 332 avant J.-C., quand Alexandre pénétra en Égypte, il fut considéré comme un libérateur et non pas comme un conquérant. Sa visite à l’oasis de Siwa, à l’ouest, à 560 kilomètres du Caire, aux confins de la Libye, le fait reconnaître par le clergé comme l’incarnation (le fils) de Zeus-Amon, le confortant ainsi dans son statut de pharaon où il est intronisé à Memphis. Outre la dépouille de l’éléphant dont les cornes et la trompe sont ici visibles sur notre exemplaire, il porte la corne de bélier et sa tenue vestimentaire est complétée par l’égide de Zeus et d’Athéna. Moins de deux décennies après sa mort, son culte s’est organisé autour de sa dépouille momifiée dont Ptolémée s’est emparé, chargé de la ramener en Macédoine à Vergina (Aigia), la captant à son profit et l’installant, tout d’abord à Memphis puis à Alexandrie (peut-être sous Ptolémée II), la ville fondée par le divin conquérant, et l’installant dans la Sôma (corps) ou Séma (tombe). Cette momie devient ainsi un symbole de la puissance Lagide et de ses souverains jusqu’au crépuscule de la dynastie avec Cléopâtre VII Théa (51-30 avant J.-C.). Mais ce qui retient notre attention, c’est le revers avec cette Athéna combattante (Promachos) au premier rang, protectrice et gardienne du souverain. Elle se caractérise par son aspect guerrier, en armes avec casque, lance et bouclier, en mouvement. Son prototype est connu par une statue colossale de Phidias, placée sur l’Acropole. Mais cette Athéna est aussi parfois identifiée comme Alcidémos (protectrice du peuple = le démos), particulièrement honorée en Macédoine, à Pella dont était originaire Ptolémée, compagnon de jeunesse d’Alexandre (né vers 360 avant J.-C.). Cette représentation sera ultérieurement reprise par Antigone II Gonatas, le fils de Démétrius Poliorcète, souverain macédonien (277-239 avant J.-C.). ÉGYPTE – ROYAUME LAGIDE – PTOLÉMÉE Ier SOTER (323-283 AVANT J.-C.) ROI (305/304-282 AVANT J.-C.) Ptolémée était un ami d’enfance d’Alexandre. Après la mort de ce dernier en 323 avant J.-C., il reçut la satrapie d’Égypte. Diadoque, il lutta pendant quarante ans contre ses collègues, Lysimaque, Séleucus, Antigone et Démétrius. Ptolémée fut le seul successeur d’Alexandre à mourir dans son lit. Tétradrachme, Égypte, Alexandrie, 306-300 avant J.-C. (Ar, 15,57 g, 28,50 mm, 1h) étalon rhodien, poids théorique 15,50 g, 4 drachmes ou 24 oboles A/ Anépigraphe Buste cornu et diadémé d’Alexandre le Grand sous les traits de Zeus-Ammon à droite, coiffé de la dépouille d’éléphant avec l’égide. R/ ΑΛEΞANΔPOY// (HP) (D’Alexandre) Athéna Promachos ou Alkidemos marchant à droite, brandissant une javeline de la main droite et tenant un bouclier de la gauche ; dans le champ à droite, un aigle sur un foudre tourné ATHÉNA ALKIDÉMOS OU PROMACHOS POUR PTOLÉMÉE SOTER
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