Bulletin Numismatique n°266 37 Le revers de ce solidus n’est pas sans rappeler ceux de Théodose II et de Valentinien III où les deux Augustes se retrouvent eux aussi au revers avec une sujétion entre les deux cousins, avec une différence d’une vingtaine d’années. Ici, Anthème est associé à Léon Ier, le successeur de son beau-père, Marcien. Les deux Augustes soutiennent ensemble le globe crucigère sans que nous puissions distinguer qui est l’un ou l’autre. Anthème, Magister militum, avait épousé, Aelia Marcia Euphemia, vers 453 et aurait pu ainsi prétendre à la succession de son beau-père, mais Flavius Ardabur Aspar, Patrice, Magister militum et opposant à Anthème, descendant de l’usurpateur Procope (365-366), lui préféra Léon Ier. Après la nomination de ce dernier, Anthème poursuivit, cependant, une brillante carrière. Après la disparition de Valentinien III en 455 et les conséquences qui s’en suivirent, ainsi que la disparition de Sévère III en 465 et un interrègne de 18 mois, assuré par Ricimer, Magister militum, Anthème monta finalement sur le trône d’Occident, ce qui explique et justifie la présence de Léon Ier au revers de notre pièce, frappée à Rome. ANTHÈME (25 mars 467 – 30 juin 472) Procopius Anthemius Anthème est un descendant de Procope et le mari d’Euphémia, fille de Marcien. Suite à de brillants succès militaires contre les Goths et les Huns, Léon Ier le nomme empereur d’Occident après la mort de Sévère III. Ricimer, le maître de l’Italie et des destinées de l’Occident, épouse la fille d’Anthème. Mais Anthème, peu populaire du fait de ses origines grecques, se heurte aux Romains et s’aliène Ricimer, qui finit par le faire assassiner. Solidus, Rome, 467-472, type III, classe II (Lacam) (Or, 4,42 g, 21 mm, 6 h) tailles 1/72 L., poids théorique : 4,51 g, 98 % d’or, 7.200 nummi A/ D N ANTHE-MIVS P F AVG « Dominus Noster Anthemius Pius Felix Augustus », (Notre seigneur Anthème pieux heureux auguste). Buste casqué, diadémé et cuirassé d’Anthème Ier de face, tenant de la main droite la lance placée sur l’épaule et de la gauche un bouclier orné d’un cavalier bondissant à droite (N’a). R/ SALVS RE-I - PV-BLICAE/ RM// COMOB* « Salus Rei Publicæ », (La Santé de la République). Anthème et Léon Ier debout de face, vêtus militairement, tenant chacun une haste de la main droite et tous les deux un globe crucigère. C VIII/ 6 (50f. or) – RIC X/ 2819 (cet ex.) – Depeyrot, Moneta 5/ 58.1 (1 ex) – RCV 5/ 21610 (3750$) Guy Lacam, La fin de l’Empire romain et le monnayage en Italie, 455-493, Paris-Lucerne, 1983 cf., p. 466 (manque) Monnaie sur un flan idéalement centré des deux côtés. Buste finement détaillé. Très joli revers, bien venu à la frappe. Patine de collection. Très rare. SUP 3 800€/ 7 500€ Monnaie montée anciennement. Ces solidi de la fin de l’Empire posent encore de nombreux problèmes typologiques et chronologiques. Seul un travail minutieux portant sur l’étude stylistique des portraits et des revers et une étude de liaisons de coins permettront d’étayer des théories considérées par certains comme fantaisistes, mais qui ont eu le mérite d’attribuer de nombreux solidi de types constantinopolitains aux ateliers d’Occident. Exemplaire provenant de la collection d’Adrien BLANCHET (1866-1957) et précédemment, peut-être de la collection Gustave Ponton d’Amécourt (1825-1888), Rollin & Feuardent, 25 avril 1887, lot n° 822, seul exemplaire identifié. Marie BRILLANT & Laurent SCHMITT Lr 88 : 235€ ANTHÈME À ROME
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