Bulletin Numismatique n°264 22 Si tous les solidi de Valentinien Ier se ressemblent, ceux de l’atelier de Lyon se démarquent lors de la première émission de l’atelier avec la marque SMLVG (pour Sacra Moneta Lugdunensis). Associés à Valentinien, nous avons aussi des solidi pour son frère, Valens (Bastien XVI, p. 185186, n° 6, pl. II (12 ex.)). La production des ateliers gaulois a été importante, à Lyon en particulier, Valentinien étant présent dans la région afin de combattre les Alamans sur le limes rhénan. Valentinien Ier est passé sur Paris avant de se rendre sur le théâtre des opérations. Si Pierre Bastien en place la chronologie en 365-366, Georges Depeyrot va plus loin en fixant la datation de cette émission à la mi-365. Nous vous invitons à découvrir un exemplaire de Valentinien Ier dans la prochaine Live Auction du 9 juin 2026. VALENTINIEN Ier (25 février 364 – 17 novembre 375) Valentinien, proclamé le 25 février 364, s’adjoint son frère Valens dès le 24 août de la même année. Ils se partagent l’Empire, Valentinien se réservant l’Occident. En 367, l’Empereur nomme auguste son fils Gratien. Valentinien meurt le 17 novembre 375, laissant l’Occident en grand danger. Solidus, Lyon, mi 365 ou 365-366, 1re émission (Or, 4,51 g, 21 mm, 6 h) taille 1/72 L., poids théorique : 4,51g, 7.200 nummi A/ D N VALENTINI-ANVS P F AVG « Dominus Noster Valentinianus Pius Felix Augustus », (Notre seigneur Valentinien pieux heureux auguste). Buste diadémé, drapé et cuirassé de Valentinien Ier à droite, vu de trois quarts en avant (A’a) ; diadème perlé. R/ RESTITVTOR - REIPVLICAE/ -|-// SMLVG « Restitutor Rei Publicæ », (Le restaurateur du bien public). L’empereur debout de face tourné à droite, vêtu militairement, tenant le labarum croiseté de la main droite et un globe nicéphore de la main gauche. C VIII/ 28 (20 F. or) - RIC IX/ 1a1 – Bastien 4, pl. 1 (20 ex.) – Depeyrot 10/ 1-3 (9 ex.) – RCV 5/ 19246 (1250$) Exemplaire de qualité exceptionnelle sur un flan idéalement centré des deux côtés. Revers bien venu à la frappe, finement détaillé. Joli buste. Patine de collection. Rare. SPL 1 500€/ 2 800€ Ce type semble plus rare que ne le laissent supposer les ouvrages généraux. Cependant de nombreux exemplaires ont été proposés à la vente, dont deux exemplaires provenant de la collection de Daniel Compas (MONNAIES 27, 19 octobre 2006, n° 488 et 489). Pour ce type, nous avons deux variétés au niveau du buste en fonction du diadème perlé seulement ou composite (Bastien, NR XVI, p. 185, n° 4 et pl. 1 et 2 (20 et 5 ex.)). Nous avons aussi pour le revers trois variétés différentes suivant que la hampe du labarum est ornée d’une croix ou pas. Sur notre exemplaire le gemme qui ferme le diadème a une forme polygonale, particulière. Notre exemplaire présente un diadème perlé seulement et au revers un labarum ouvert, avec une croix sur la hampe et orné d’un crochet à gauche (Depeyrot, Labarum 7, cf. Bastien n° 4i, pl. I). Rubans de type 3 aux extrémités bouletées. Sur un total de 21 exemplaires recensés par G. Depeyrot, sur les neuf exemplaires de la variété de labarum 7, quatre sont conservés dans des musées dont 2 exemplaires conservés au Cabinet des médailles de la BnF. Monnaie montée anciennement. À l’exergue, la marque d’atelier peut se développer par : « Sacra Moneta Lugdunensis » (Monnaie sacrée de Lyon). Exemplaire sous coque NGC Ch AU (Strike 5/5, Surface 2/5). Cet exemplaire provient de la Live Auction du 7 décembre 2021 (brm_704288). Ce solidus appartient à la première émission de la classification de Pierre Bastien qui correspond à la deuxième de Georges Depeyrot. Ce dernier considère que les solidi avec diadème perlé et gemmé (B. 5a, pl. II) ou lauré et gemmé (B. 5b, pl. II) constitueraient la première émission tandis que les solidi avec le diadème perlé seulement appartiendraient à la deuxième émission. Ces deux premières émissions auraient été frappées à la mi-365 pour G. Depeyrot et en 365-366 pour Pierre Bastien. Nous ne connaissons pas actuellement de solidi à diadèmes composites pour Valens qui est associé à l’Empire seulement à partir du 28 mars 364. Au revers, la hampe du labarum peut être lisse, ornée d’un crochet et enfin d’un crochet et d’une croisette. Pour les solidi avec des diadèmes composites, Pierre Bastien a recensé cinq exemplaires de la première variété (B. 5a) et un seul de la seconde (B. 5b) pour Valentinien Ier. Georges Depeyrot signale, quant à lui, un solidus de même type pour Valens, Depeyrot 9/2 avec diadème perlé et gemmé qui n’est pas repris dans le Supplément II du Bastien. Pour l’émission normale, Pierre Bastien a recensé vingt exemplaires pour Valentinien Ier (B. 4, pl. I) et douze exemplaires pour Valens (B. 6, pl. I). Georges Depeyrot signale quant à lui, vingt-et-un solidus pour Valentinien Ier et seulement huit pour Valens en donnant toutefois une répartition pour les différentes hampes, à savoir : dix solidi sans rien, deux avec crochet et neuf avec crochet et croisette. Pour Valens, Georges Depeyrot donne trois solidi normaux et cinq exemplaires avec crochet et hampe. Quant au Docteur Bastien, il indique un solidus à hampe lisse (B.4f, pl. I), quatre solidi avec crochet (B. 4a, 4b; 4g et 4h, pl. I), et quatre solidi avec croisette et crochet (B. 4c, 4d, 4e et 4i, pl. I), tous identifiés et photographiés. Pour Valens, il signale un solidus à hampe nue (B. 6b, pl. II), un solidus, hampe avec crochet (B. 6a, pl. II) et deux solidi avec crochet et croisette sur la hampe (B. 6c et 6d, pl. II) encore une fois tous photographiés. Sur neuf exemplaires photographiés, nous avons une seule liaison de coin de droit, l’émission semble donc avoir été importante. Vous l’aurez remarqué, un solidus qui semble commun au premier abord, grâce à des études spécialisées qui analysent finement l’ensemble d’un matériel conséquent, mais pas exceptionnel, et pour lequel nous arrivons à avoir un classement sûr et précis. L’exemplaire que nous vous proposons se retrouve ainsi parfaitement classé. Pour retrouver de nombreuses informations sur l’atelier de Lyon, n’hésitez pas à aller découvrir l’ouvrage consacré à l’atelier de Lyon établi à partir de la collection de Daniel Compas (+ 2018). Marie BRILLANT & Laurent SCHMITT VALENTINIEN Ier À LYON : UN MODÈLE DE SOLIDUS
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