Bulletin Numismatique n°263 37 En effet, c’est un détail qui fait de cet aureus une rare variante. Le type n’est pas rare. M. Beckmann dans son ouvrage consacré à Faustine jeune, fille, femme et mère d’augustes, a recensé pour ce type de revers avec la légende Saluti Augustæ 35 coins de revers, mais un seul coin (SA 26) présente la particularité d’avoir une petite corne d’abondance placée sous le siège de Salus (la Santé). Sous Marc Aurèle, pour Faustine, le même auteur a recensé 81 coins de droit au total dont 29 ont été utilisés associés au type de revers. En revanche, notre coin de revers (SA 26) n’est associé qu’à trois coins de droit dont un (fm 68) n’a été utilisé que pour ce type. Notre coin de droit est associé au coin de revers (SA 18) pour deux exemplaires dont un provenant du trésor d’Arquennes (Belgique (n° 804). Ce coin de droit n’est pas associé à un autre revers. Pour l’ensemble du type nous avons donc 29 coins de droit et 35 coins de revers pour un total de 135 aurei soit un indice charactéroscopique de 4,65 pour le droit et de 3,86 pour le revers, qui est excellent car supérieur à 3. Pour notre coin de revers (SA 26) nous avons trois combinaisons et 5 exemplaires. Ce long développement, peut-être un peu technique, renforce la rareté de notre exemplaire qui pouvait sembler anodin au premier abord. Mais seul notre type présente cette variante avec une petite corne d’abondance placée sous le siège de la Santé qui la lie ainsi aussi à la Félicité. Ce type iconographique particulier de la Santé n’est pas repris dans l’ouvrage de F. Schmidt-Dick, Typenaltas, der römischen Reichhsprägung vons Augustus bis Aemilianus, Erster Band : Weibliche Darstellungen, Dph 309, Wien, 2012, p. 103-107, pl. 45-46. FAUSTINE JEUNE (+175) Fille d’Antonin le Pieux et de Faustine mère, femme de Marc Aurèle, mère de Commode et de Lucille Annia Galeria Faustina Augusta (146-175) Faustine jeune, la fille d’Antonin et de Faustine Mère, est née entre 128 et 132. Elle épouse Marc Aurèle en 145 et reçoit le titre d’augusta en 146. Elle a treize enfants, dont sept dépassent l’enfance. Un monnayage très important est frappé jusqu’à sa mort en 175 à Halala au pied du mont Taurus en Cappadoce. Aureus, Rome, 161-164 (Or, 7,24 g, 20 mm, 6 h), taille 1/ 45 L., poids théorique : 7,22 g, 99 %, 25 deniers ou 100 sesterces A/ FAVSTINA – AVGVSTA « Faustina Augusta », (Faustine augusta). Buste drapé de Faustine jeune à droite avec un petit chignon ramené derrière la tête (L). R/ SALVTI AVGVSTAE « Saluti Augustæ », (À la Santé de l'augusta). Salus (la Santé) assise sur un siège à dossier, le bras gauche appuyé sur le dossier et tenant une patère de la main droite, nourrissant un serpent enroulé autour d’un autel ; sous le siège, une petite corne d’abondance. C. III/ - RIC III/ - BMC/RE IV/ - MIR 18/ 30/2 – RCV 2/ - Calico - Martin Beckmann, Faustina the Younger. Coinage, Portraits and Public Image, ANS, NS 43, New York, 2021, p. 154, A/ fm 60 – R/ SA 26), p. 195 & 201 (photos) (mêmes coins) Superbe monnaie sur un flan large, centré des deux côtés. Buste bien venu à la frappe, finement détaillé. Joli revers. Patine de collection. Rare. SUP 3 500€/ 5 500€ Mêmes coins que les exemplaires de la vente Schulman du 6 juin 1930, n° 454, coll. Vierodt, 2e partie et que celui de la Via Pio de Rome (n° 376). Même coin de droit que l’exemplaire du trésor d’Arquennes (n° 804) (Belgique). Même coin de revers que l’exemplaire Ars Classica XVI du 3 juillet 1933, n° 1878 = Ars Classica XVII du 3 octobre 1934, n° 1878) À quel moment cet aureus fut-il frappé ? Faustine a donné naissance à treize enfants. Elle semble avoir été de santé fragile comme Faustine, sa mère. Elle accompagna l’empereur dans tous ses déplacements et devait mourir au cours de l’un d’entre eux en 175. Cet aureus a-t-il été frappé après une grossesse difficile jusque vers 170 ou bien peu avant sa mort ? Pour W. Szaivert, cet aureus appartient à la deuxième phase du monnayage de Faustine Jeune, frappé au début du règne personnel de son époux entre 161 et 164. Cet aureus est bien la preuve qu’il faut toujours examiner avec précision chaque monnaie et que chacune d’entre elles peut receler des richesses insoupçonnées, grâce à un détail, de courante, peut devenir très rare, ce qui est bien le cas de notre pièce. Marie BRILLANT & Laurent SCHMITT AUREUS DE FAUSTINE JEUNE ET LA SANTÉ : CHERCHEZ LA PETITE BÊTE !
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