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Bulletin Numismatique n°263 35 Tête barbue de guerrier gaulois à droite (Vercingétorix) ; derrière, un bouclier gaulois. R/ L HOSTILIVS/ SASERN « Lucius Hostilius Saserna », (Lucius Hostilius Saserna). Guerrier combattant dans un bige galopant à droite, conduit par un aurige, tenant les rênes de la main droite et un fouet de la main gauche ; le guerrier, nu, est tourné à gauche, brandissant une javeline de la main droite et tenant un bouclier de la main gauche. B (Hostilia) 2 – BMC/ RR – 3994 – R 952 – RRC 448/ 2a – RSC 2 – RCV 418 (880$) - RHC 2 – CRI 18 (1750$) - CMDR 754 - MRR. 1389 (5000€) - Varesi 314 (1000€) - Cal. 622 - RBW. 1569 (4000FS) – RRSC 2/ D240.2 Superbe monnaie, centrée des deux côtés, avec des faiblesses de frappe dans la chevelure au droit et sur le guerrier au revers. Très beau portrait de gaulois. Patine grise. Très rare. SUP 2 500€/ 3 800€ Pour ce type, M. Crawford a relevé une estimation de 57 coins de droit et de 63 coins de revers. Ce type, très populaire et recherché semble plus rare dans les trésors. Seulement dix-neuf exemplaires ont été relevés par M. Crawford. C’est le plus gaulois des deniers romains ou le plus romain des guerriers gaulois. La tête échevelée et barbue n’a rien à voir avec le buste élégant et hellénisant des statères arvernes épigraphes de Vercingétorix (LT. 3774-3778). Néanmoins, dans de nombreux ouvrages d’histoire ou de latin, c’est le visage du vaincu qui a été retenu, pour illustrer le chef gaulois, pour nous représenter l’image du chef battu par César qui devait être peu âgé et à demi-barbare afin de symboliser le combat de titan qui avait opposé les deux hommes dans la dernière phase de la Guerre des Gaules. N’oublions pas, au contraire, que le chef gaulois était âgé d’une vingtaine d’années quand il souleva la Gaule contre l’envahisseur et n’en n’avait pas trente quand il fut étranglé dans sa prison à Rome. Encore une fois, c’est un acteur direct de la Guerre des Gaules, Lucius Hostilius Saserna, collaborateur de J. César, qui a fait frapper ce denier, deux ans avant le quadruple Triomphe de son ami et mentor. Ce denier commémore la victoire de César sur les Gaulois. Un autre denier du même monétaire nous montre la Gaule à droite avec le carnyx, trompette gauloise qui est placée derrière le tête féminine (RCV. 419). Au revers du denier à la tête de guerrier gaulois (identifiée comme Vercingétorix), nous trouvons un char de combat qui a parfois été décrit comme breton plutôt que gaulois. Ce char ressemble à celui du collège monétaire de 118 avant J.-C., frappé à Narbonne, avec Bituit représenté au revers (RCV. 157-158). Vercingétorix, roi des Arvernes qui s’était rendu en 52 avant J.-C. à Alésia fut conduit à Rome, y resta six ans prisonnier avant de participer au triomphe de Jules César et d’être étranglé à la Mamertine (prison) en 46 avant J.-C. Vercingétorix ou pas, ce denier recèle une charge historique et émotionnelle indéniable, glorifiant la supériorité romaine sur les « Barbares », ici les Gaulois, à un moment où la Guerre Civile oppose Pompée et ses fils après la disparition de Cneius à César. C’est aussi un outil de propagande afin de montrer que le parti césarien reste le meilleur rempart pour défendre Rome, que ce soit contre le vieil ennemi héréditaire, les Celtes, les seuls alors à s’être emparés de Rome en 390 avant J.-C., ou bien encore contre les Pompéiens. Marie BRILLANT & Laurent SCHMITT VERCINGÉTORIX À ROME : COUP DE PUB OU RÉALITÉ ? VOTRE PATRIMOINE IVERSIFIEZ EN ACHETANT AUPRÈS DE

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