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Bulletin Numismatique n°263 32 Si la plupart d’entre nous connaissent Julien II le Philosophe ou l’Apostat, l’un des derniers descendants de la dynastie constantinienne, Jovien, son successeur direct, reste pour la plupart d’entre nous, un inconnu. La durée de son règne, moins de huit mois, sa disparition soudaine et brutale, accidentelle ou voulue, précédant le règne de Valentinien Ier (364-375) et la naissance d’une nouvelle dynastie, occultent le règne d’un Auguste qui eut la difficile tâche de ramener les restes de l’armée dans l’Empire. Il doit négocier avec Sapor II (309-379), souverain sassanide, un traité de paix défavorable aux Romains qui abandonnent l’Arménie et la frontière mésopotamienne entre le Tigre et l’Euphrate. Jovien charge Procope, cousin de Julien, de ramener ses restes à Tarse. Jovien a juste le temps d’instaurer la paix religieuse en rétablissant la liberté du culte chrétien, interdit par Julien avant son départ pour la campagne parthique. Cependant son monnayage est abondant, en particulier dans les provinces orientales, en particulier à Antioche où plus de 150 solidi pour l’ensemble des dix officines de l’atelier sont recensés. JOVIEN (27 juin 363 -17 février 364) Flavius Jovianus Jovien naît en 331 à Singidunum en Mésie. Comte des domestici (Ammien Marcellin, Histoire, XXV, 5/4), il succède à Julien II le Philosophe le 27 juin 363. Chrétien, il se rallie au credo de Nicée et abolit les édits anti-chrétiens de Julien. Jovien signe la paix avec le roi sassanide, Sapor II (309379). Il doit abandonner Nisibe, Singara et une partie de l’Arménie. Jovien retraite avec les restes de l’armée et arrive à Antioche en octobre 363. Il revêt son premier consulat le 1er janvier 364 en compagnie de son fils Flavius Varronianus, un enfant. Il meurt asphyxié par un brasero le 17 février 364 à Dadastana, petite bourgade située entre Nicée et Ancyre. Le 26 février suivant, Valentinien est proclamé auguste. Solidus, Antioche, 363-364, 4e officine (Or, 4 ,42 g, 20,50 mm, 6h) taille, 1/72L. Poids théorique : 4,51 g, 95 %, 7.200 nummi A/ D N IOVIAN-VS P E P AVG « Dominus Noster Iovianus Pius Felix Perpetuus Augustus », (Notre seigneur Jovien pieux heureux perpétuel auguste). Buste diadémé, drapé et cuirassé de Jovien à droite, vu de trois quarts en avant (A’a) ; diadème perlé. R/ SECVRITA-S REI - PVBLICAE/ VOT/ V MVLT/ X/ -|-// ANTΔ « Securitas Rei Publicæ/ votis quinquennalibus multis decennalibus/ Antiochia, quartum », (la Sécurité de la chose publique/ vœux pour le cinquième anniversaire de règne et plus pour le dixième anniversaire à venir/ Antioche, quatrième officine). Rome et Constantinople assises de face sur une banquette, tenant un bouclier inscrit. C. VIII/ 8 (100F or) - RIC VIII/ 532, 223 (R2) - Depeyrot Moneta 5/ 18/ 2-D (34 ex.)- RCV 5/ 19193 (3000$) - MRK 154/3 (4000€) Monnaie sur un flan bien centré des deux côtés. Superbe buste de Jovien. Revers de style fin. Patine de collection Très rare. SUP 1 800€/ 2 800€ Exemplaire sous coque NGC Ch AU (Strike 5/5, Surface 4/5). Diadème aux rubans trifides bouletés. Cet exemplaire provient de la boutique Rome en 2020 (brm_572003, vendue 2700€). Cet exemplaire est illustré sur le site Numista (https://fr.numista.com/116631). Les solidi de Jovien étaient très rares et cotaient 100 francs or dans la deuxième édition du Cohen en 1892. La légende de droit avec la mention de P E P est certainement pour Pius Felix Perpetuus. C’est un cas unique pour l’Antiquité tardive, mais pas unique pour Jovien puisque cette légende bien particulière, outre l’atelier d’Antioche se rencontre aussi pour les ateliers de Rome (RIC X, 281, 331) et de Nicomédie (RIC X/ 485, 126). J. P. C. Kent indique (RIC X/ 511) que si cette légende se rencontre pour d’autres ateliers, même si aucune interprétation satisfaisante ne peut être envisagée, elle ne peut être qu’une déformation de son prédécesseur, (Julien II) ? Pour Jovien, à Antioche, nous avons trois types de légendes différentes pour la légende de droit se terminant par P F AVG (RIC. 222), PEP (RIC. 223) ou P F P AVG (RIC. 224) associé à un seul type de buste pour l’empereur Jovien. Au revers les vœux quinquennaux ne sont plus prononcés dans la quatrième année de règne, mais en début de règne (cf. P. Bastien, Monnaies et Donativa au Bas Empire, NR XVII, Wetteren, 1988, p. 92 et note 15). Ce type a fait l’objet d’un donativum d’accession. En effet, Jovien régna au total moins de sept mois. L’atelier d’Antioche fonctionne avec dix officines. Au total, G. Depeyrot a recensé 162 solidi pour deux variétés de légende de droit dont trente-huit pour la quatrième officine, dont trente-quatre avec notre variété épigraphique, qui reste inexpliquée. Vous avez l’occasion d’acquérir un exemplaire d’un empereur rare et recherché, ne laissez pas passer cette opportunité. Marie BRILLANT & Laurent SCHMITT SOLIDUS DE JOVIEN À ANTIOCHE : MAIS C’EST QUI ?

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