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Bulletin Numismatique n°263 28 Si ce solidus de Théodose II peut sembler anodin au premier abord, il présente l’intérêt de figurer au revers les deux Augustes, Théodose II, âgé de 24 ans et son petit cousin, Valentinien III, quant à lui, âgé de cinq ans. Le revers nous montre bien une différence de taille entre les empereurs, Théodose II plus grand et Valentinien III, plus petit. Ils partagent tous les deux un même trône large, à dossier avec accoudoirs. Ils sont vêtus de la robe consulaire (toga picta & toga palmata) et tiennent chacun la mappa et un long sceptre cruciforme. Ce type serait frappé à l’occasion du consulat conjoint revêtu par les deux Augustes, à Rome pour Valentinien III et à Constantinople pour Théodose II. THÉODOSE II (10 janvier 402 – 28 juillet 450) Théodose II, né en 401, est proclamé auguste en 402 à 9 mois. Après la mort de son père Arcadius en 408, les deux chancelleries de Ravenne et de Constantinople sont en froid. Honorius souhaiterait réunifier l’Empire. À sa mort le 15 août 423, Jean, secrétaire de l’empereur défunt et nouvel auguste, fait frapper une très petite série de solidi au nom de Théodose II jusqu’au 20 novembre, date à laquelle il est considéré comme un usurpateur. Jean sera finalement capturé début 425 à Ravenne, mutilé, puis exécuté. Théodose II installera son cousin Valentinien III comme auguste à Ravenne. Théodose règne pendant quarante-huit ans sur les destinées de l’Orient et meurt d’un accident de chasse. Solidus, Constantinople, 426-429, 6e officine (Or, 4,48 g, 21,50 mm, 6 h) taille au 1/72 L., poids théorique : 4,51 g, 98 %, 7.200 nummi A/ D N THEODO-SIVS P F AVG « Dominus Noster Theodosius Pius Felix Augustus », (Notre seigneur Théodose pieux heureux auguste). Buste diadémé, casqué et cuirassé de Théodose II de face, tenant de la main droite la haste qui repose sur l’épaule et de la gauche, un bouclier orné d’un cavalier chargeant à droite (N’a) ; diadème perlé. R/ SALVS REI - PVBL-ICAES/ *// CONOB « Salus Rei Publicæ », (La Santé de la chose publique). Théodose II à gauche et Valentinien III à droite assis de face sur un banc, nimbés, vêtus du manteau consulaire, tenant chacun la mappa de la main droite et ensemble une croix de la main gauche. RIC X/ 258, 237 - Depeyrot Moneta 5/ 79/1 (30 ex.) LRC - RCV 5/ 21144 (1000$) - MRK/ 167/9 (1000€) Exemplaire de qualité exceptionnelle sur un flan large, centré des deux côtés. Revers fantastique, de toute beauté, finement détaillé. Patine de collection. Exemplaire sous coque NGC MS* (Strike 5/5, Surface 4/5) Rare. SPL 1 500€/ 2 800€ Rubans de type 3 aux extrémités bouletées. Bouclier orné d’un cavalier galopant à droite, terrassant un fantassin (stylisé et collé sous le cheval). Sur ce solidus, Théodose II qui a rétabli son neveu sur le trône de son père Honorius partage les fastes consulaires avec Valentinien III. Cet exemplaire provient de la Live Auction du 9 mars 2021 (brm_648164) Ce type est daté par P. Grierson (LRC) de 426 alors que J. P. C. Kent en place la fabrication entre octobre 425 et 429. Ce solidus serait frappé à l’occasion du douzième consulat de Théodose II et du deuxième de Valentinien III. Ce type est frappé dans les dix officines de l’atelier de Constantinople. Georges Depeyrot, Moneta 5, p. 253 a recensé au total 369 solidi pour cette émission dont la plus grande partie provient du trésor de Szikancs. Pour la sixième officine, G. Depeyrot, Moneta 40,pp. 104, 79/1-S, a recensé au total 30 exemplaires dont dix exemplaires sont conservés dans des musées dont 2 à Paris, 2 à New York et 3 à Léningrad, 1 à Berlin, 1 à Gotha et 1 à Rome au musée du Capitole. Cinq exemplaires sont signalés comme venant de ventes publiques. Treize exemplaires de cette officine proviennent du trésor de Szikancs. Constantinople est l’atelier le plus important pour l’Empire d’Orient. Sous Théodose II, le monnayage d’or comprend des solidi, des semisses (demi-sou d’or), des tremisses (tiers de sou d’or). Le sou d’or ou solidus a été créé par Constantin Ier vers 310. Il sera frappé jusqu’au XIIIe siècle à Byzance sous le nom de Nomisma, puis d’Hyperpère. Un nombre très important de ces solidi fut découvert dans le trésor de Szikancs en 1975 où, sur 1 439 pièces, il y avait 1 405 solidi de Théodose II dont 1 404 de Constantinople. Plusieurs hypothèses furent émises à l’occasion de cette découverte, à savoir que ce trésor pourrait être une partie du trésor de guerre d’Attila qui recevait un tribut de l’empereur d’Orient pour ne pas envahir la région. À l’exergue de ce solidus, nous avons la marque CONOB. Il s’agit bien de l’atelier de Constantinople. Pour ce type, J. P. C. Kent a relevé cinq types différents de césures pour la légende de revers (RIC X/ 258, n° 237-241). Le type de revers a aussi fait l’objet d’une frappe au nom de Valentinien III pour l’atelier de Constantinople, beaucoup plus rare dont seulement un exemplaire est recensé pour la sixième officine et 84 exemplaires pour l’ensemble des dix officines auquel s’ajoute le type sans lettre numérale (Depeyrot, Moneta 5/ 253, n° 79/2 = RIC X/258, n° 242-245 avec quatre types de de césures différents). Ce solidus, très intéressant, méritait bien l’attention que nous lui avons portée et nous espérons qu’il suscitera auprès de nos lecteurs le même intérêt et qu’en réalité, malgré le nombre pléthorique d’exemplaires recensés, de nombreuses variantes ont été décelées, en particulier grâce à l’étude minutieuse du trésor de Szikancs. Marie BRILLANT & LAURENT SCHMITT SOLIDUS DE THÉODOSE II : NE RATEZ PAS LE REVERS !

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