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Bulletin Numismatique n°263 22 Une drachme lourde (4,61 g) a retenu notre attention dans la prochaine Live Auction du 9 juin 2026. Cette pièce est une imitation inspirée par les drachmes d’Ampurias, en particulier avec la série qui se caractérise par les drachmes au Pégase pour le droit et au revers, imité des drachmes au cheval arrêté. Notre exemplaire présente, outre une tête élégante, les restes de deux dauphins stylisés devant le visage et un autre placé derrière la chevelure. Quant au revers, au-dessus du cheval arrêté sur une ligne de terre, nous trouvons les restes d’une petite Niké (victoire) stylisée dont il ne subsiste que la couronne et l’aile. Ces séries restent rares et sont souvent mal conservées. Avec cet exemplaire, nous avons un très bon témoin de ce monnayage EMPORION ET IMITATIONS DU SUD-OUEST DE LA GAULE (IIIe – IIe siècle avant J.-C.) La notion de peuple ou de tribu semble s’effacer au regard de certaines attributions quand on examine les monnayages d’imitations d’Emporion ou de Rhodè. Si les prototypes sont frappés au-delà des Pyrénées, les imitations ont été émises des deux cotés de la chaîne montagneuse. La disparition précoce de R. Boudet (1958-1995) n’a pas permis à ce dernier d’établir un corpus de ces monnaies. Les trouvailles ne se limitent pas à l’Aquitaine, mais se répartissent sur le grand Ouest entre Loire et Pyrénées, soit près du tiers du territoire de la Gaule antique. Les trouvailles d’imitations de la drachme d’Emporion, qui semble avoir connu une diffusion plus large, sont nombreuses et se répartissent sur l’ensemble de l’aire géographique : de Charnizay dans l’Indre-et-Loire ou Issoudun dans l’Indre jusqu’à Ruscino dans les Pyrénées-Orientales. Drachme, au cheval et à la victoire, 240-220 avant J.-C. (Ar, 4,61, 18 mm, 6 h) A/ Anépigraphe Tête féminine à droite, un ruban retient les mèches de la chevelure ; quelques cheveux retombent sur le cou ; deux dauphins devant le visage et un derrière la tête. R/ Anépigraphe Cheval au pas à gauche, surmonté d’une victoire stylisée volant à gauche, tenant une couronne. BN 2293 var. – LT – Diconum p. 320, IEM-10 – CMC 3/,p. 140, n° 1/3-2 – ACIP 246 A. Benaniba & J.-P. Darnaud, Les monnaies pré-augusténnes du Sud de la Loire, Tome I, Emporion, l’Ibérie et l’Isthme gaulois, Pins-Justaret, 2024, p. 578, n° 1-1778 Très belle drachme dans un état rare pour le type avec un très beau portrait au droit. Revers un peu plus mou. Patine grise. Très rare. TTB+/ TTB 800€/ 1 500€ Cette drachme est d’un très bon style. Si tous les auteurs semblent d’accord pour en fixer la chronologie au IIIe siècle avant J.-C., entre 264 et 195 avant J.-C., les auteurs de l’ouvrage le plus récent veulent y voir un octobole (8 oboles) plutôt qu’une drachme (6 oboles). Notre exemplaire bien que présentant des dauphins accostant la tête au droit, est très proche du type BN 2293 (sans les dauphins). Aucun exemplaire avec notre typologie n’appartient aux collections de la BnF/ DMMA, Cabinet des médailles, cependant les auteurs du CMC 3, p. 140, n° 1.3-2, ne signalent que quatre exemplaires recensés avec une masse de 4,70 g, un diamètre moyen de 17-18 mm. Quant aux auteurs du Diconum, une attestation régionale est attestée pour ce type à Albias dans l’Arriège (09). Notre exemplaire est très proche stylistiquement de celui de l’ACIP, p. 41, n° 246 Pour Leandre Villaronga, la fabrication des drachmes d’Ampurias ou Emporion ne débuterait pas avant le début du IIIe siècle avant J.-C. Les monnaies avec le pégase normal sont datées de la seconde moitié du IIIe siècle avant J.-C. Les imitations gauloises de la drachme commenceraient vers 240 avant J.-C. d’après D. Nash, et plutôt 218, puis 212 avant J.-C. pour L. Villaronga. Ces imitations ont été frappées des deux côtés des Pyrénées. Actuellement, les monnaies se rencontrent sur les départements de l’Aude, de l’Hérault, du Gard ou de l’Ariège. Les poids des prototypes sont lourds, basés sur le poids de la drachme attique (4,32 g). Pour L. Villaronga, Ampurias adopterait l’étalon romain à partir de 212 avant J.-C., basé sur le denier de 4 scrupules (4,50 g). Le poids moyen des drachmes s’établit à 4,25 g sur un ensemble important de pièces. Ces drachmes semblent avoir servi de prototypes, puis de modèles pour des monnaies, en particulier les drachmes ayant appartenu au trésor de Bridiers. Provient de la collection du colonel Jean-Paul Beaulieu. Viviane BÉCLIN & Laurent SCHMITT DRACHME AU CHEVAL ET À LA VICTOIRE : AMPURIAS OU IMITATION ? Lc 229 : 99€

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