Atelier de Guise Charles VII Sources documentaires 697 Le 21 septembre 1435, Charles VII et Philippe Le Bon signaient le traité d’Arras. Par cet accord, le duc de Bourgogne se détachait du camp anglais, mais pour en arriver là, le roi de France avait été obligé de faire d’importantes concessions territoriales : Abbeville, Amiens, Corbie, Guise, Montdidier, Péronne, Roye, Saint-Quentin, … allèrent à Philippe Le Bon. F. de Saulcy3, cite Guise comme ouvrant en 1435, ce qui est fort contestable. En effet, Jean de Luxembourg4 s’obstinait à rester fidèle aux Anglais, malgré le traité d’Arras. Devenu comte de Guise en 1425, Jean de Luxembourg fit du château sa résidence ordinaire. Il habitait tantôt Beaurevoir, tantôt l’hôtel du château de Guise. Il mourut au château de Guise le 6 janvier 1441, tous ses biens allèrent dans les mains de son neveu: Louis de Luxembourg. Ce décès arrivait fort à propos car Charles VII avait décidé d’exiger du seigneur de Guise le serment de fidélité refusé jusqu’alors. Dans le milieu de l’année 1441, sur ordre du roi, La Hire marche sur Marle, Guise et Ribemont. Le roi de France venait de confisquer, pour non-respect du traité d’Arras, le comté de Guise et d’autres domaines provenant de la succession de Jean de Luxembourg, confiscation déjà notifiée le 26 septembre 1440. Le 4 février 1444, le comté de Guise, avec la châtellenie du Nouvion, fut détaché du domaine royal en faveur de Charles 1er d’Anjou, comte du Maine. Charles d’Anjou était le frère cadet de René 1er d’Anjou, l’ancien seigneur de Guise. D’après ces événements, il est vraisemblable que l’atelier royal de Guise a été rouvert à la fin de l’année 1441, ou au début 1442 et de nouveau fermé au début de l’année 1444. En effet, pour l’émission qui nous intéresse, celle du 28 janvier 1436, nous ne voyons pas Jean de Luxembourg puis Louis de Luxembourg frapper un monnayage royal. Pour Jean de Luxembourg, nous connaissons des monnaies comme comte de Ligny: «double gros cromsteert» (Poey d’Avant 6881 - Boudeau 20665), «gros cromsteert» (Poey d’Avant 6886 - Boudeau 2067), « demi-gros cromsteert » (Poey d’Avant 6887 - Boudeau 2068) « quart de gros cromsteert » (Poey d’Avant 6884 - Boudeau 2069). Celle-ci datent de 1430 à 1440 et font mention de « Monnaie nouvelle d’Elincourt » F. de Saulcy situe la fermeture de l’atelier le 16 avril 1444, après Pâques; Dieudonné et Lafaurie la placent en 14426. Ce qui est sans équivoque, c’est que Guise ne frappa pas la 2ème émission du 20 janvier 1447 pour les monnaies suivantes : le blanc à la couronne, le petit blanc à la couronne et le double tournois car nous n’en avons jamais retrouvé d’exemplaires. Le différent de cette 2ème émission est le premier O des légendes pointé. Dans cette deuxième période, sous Charles VII, l’atelier de Guise est caractérisé par un final. révérend père en Dieu cy dessus récitée. En tesmoin de ce nous avons fet mettre le séel de nos armes à ces présentes au dict lieu de Beauvais, le dernier jour de décembre en l’an mille quatre cent trente et trois ». Dr J. BAILHACHE, Recherches sur les ateliers monétaires de Charles VII, Courrier Numismatique et archéologique, VIII, 1934, p. 76. 3 F. DE SAULCY, Eléments…,op. cit. n. 7, p. 24 ; F. DE SAULCY, Recueil…, op. cit. n. 7, t. III, Mâcon, 1887, p. 120, d’après Ms. Fr. 1823, fol. 90. 4 Jean de Luxembourg, né en 1392, mort à Guise le 6 janvier 1441, s’intitulait comte de Guise, de SaintPol, de Ligny, de Braine, seigneur d’Enghien et de Beaurevoir, châtelain de Lille et de Bohain, il possédait les seigneuries de Marle et du Nouvion. Le 23 mai 1430, à Compiègne, Wandomme captura Jeanne d’Arc. Il la céda sur le champ à son capitaine Jean de Luxembourg qui lui-même la vendit aux Anglais en décembre 1430. 5Faustin POEY D’AVANT, Monnaies féodales de France, Paris, 3 vol., 1858-1862. Emile BOUDEAU, Monnaies Françaises Provinciales : Picardie, Artois, Cambrésis, Hainaut, Namurois » deuxième édition, Paris, 1926, p. 264. 6 F. DE SAULCY, Recueil…, op. cit. n. 7, t. III, p. 170-171 d’après Arch. nat., Z1b 60, fol. 53r° à 55r°. – Ms. Fr. 21435, fol. 158r° - Ordonnances, XIII, 369 : « 1443 (29 juin). Réduction des généraux maitres des monnoyes au nombre de sept: Gilles de Victry, Ravent le Danois, Jehan Gencian, Jehan Clerbout, Pierre Delandes, Germain Braque et Gaucher Vivien». Il y est dit que, par lettres datées de Saumur, du 31 décembre précédent, le roi avait aboli les nouvelles Monnaies « et réduit nosd. monnoyes au nombre ancien. Après le décès de Gaucher Vivien, son office et lieu seront non impétrables.» Cette ordonnance royale fut lue et publiée au bureau de la chambre des comptes, à Paris, le 16 avril 1444 après Pâques». A. DIEUDONNÉ, Catalogue…, op. cit. n. 18, p. 288 : « No 1484 … G en fin de légende. – Guise (remplaçant Tournai jusqu’en 1442)». LAFAURIE, p. 96: «Guise: G . Pris par les Anglais en septembre 1424 ; rouvert en 1435 jusqu’en 1442».
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