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Le Dauphiné Charles VII Notes introductives 536 Nous présentons ci-dessous les notes explicatives rédigées par Philippe Ganne sur deux sujets particuliers au monnayage royal en Dauphiné. Certains points secrets observés sur plusieurs espèces royales d’or ou d’argent frappées dans les ateliers du Dauphiné paraissent incohérents par rapport à la pratique habituelle, qui veut qu’un même différent d’atelier soit appliqué à l’ensemble des espèces qui y sont produites à une même époque. P. Crinon, dans un article paru en 19971, avait déjà livré quelques explications pour les marques observées sur les royaux d’or de Romans (et partiellement de Montélimar). Une étude détaillée des textes2 et des monnaies retrouvées nous permet aujourd’hui de compléter son analyse, et de l’étendre aux autres espèces. On parvient ainsi, pour certaines espèces, à établir une chronologie de frappe des différentes variétés d’une même émission, et à identifier les graveurs de leurs coins. L’ordonnance du 12 septembre 1422 prévoyait, outre la frappe d’espèces delphinales, celle de deux monnaies royales : le franc à cheval d’or fin (C VII – 1) et le blanc à l’écu (C VII – 34)3. Une lettre insérée après le document original dans le même registre prescrivait notamment : « En la fourme des gros [au K, delphinal] ne fault faire différance quelconques fors seulement que en la fin des lettres en lieu du triolet ait un dalphinet tant devers la croix comme devers la pille ; Et samblablement ès blans de deux blans ; Et ne soit point oublié à mettre le petit point ouvert pour la monnoye de Rommans desoubz la 20e lettre et pour Mirabel desoubz la 21e lettre tant devers la croix comme devers la pile comme dit est », tandis que les espèces delphinales (petits blancs, doubles, deniers et mailles au dauphin) conservaient les marques habituelles : point ouvert 2e pour Romans et 3e pour Mirabel (le point 1er étant attribué à Crémieu). Il en fut de même pour les monnaies noires royales. En Dauphiné, le «blan de deux blans» correspondait au blanc royal de 10 d. t., et donc ici au blanc à l’écu. Et on a effectivement retrouvé un blanc à l’écu de Romans (C VII – 34) portant un petit dauphin en fin de légende du droit (aucun exemplaire retrouvé pour les autres ateliers). C VII – 34. Blanc à l’écu de Romans avec dauphin final au droit et point creux 2e © CGB 1 CRINON Pierre, Précisions sur les tailleurs de royaux d’or de Charles VII, frappés à Romans et Montélimar, BSFN1997, p. 150-155. 2 Les principaux extraits de ces textes sont donnés dans les Sources documentaires relatives aux différents ateliers. 3 SAULCY, Recueil…, II, p. 315-316, d’après MORIN, p. 260-263, citant le Primum Registrum, fol. 1 r°. L’exécutoire est du 2 octobre 1422.

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