Charles VII 25 On peut penser également que l’apparition incessante de nouvelles émissions a contribué à la disparition des exemplaires antérieurs. Les monnaies d’or forment un groupe intermédiaire, 26 %. Leur forte valeur explique qu’elles soient bien représentées car elles ont été très probablement massivement thésaurisées. Sans surprise les six ateliers les plus actifs en production monétaires sont Angers, avec 601 monnaies retrouvées, puis Tours : 467, Troyes : 404, Poitiers : 386 monnaies, suivi de Montpellier: 379, Toulouse: 371. Pour Troyes on note un nombre surprenant de monnaies noires, au regard de celui des autres ateliers : 287 sur un total de 404 pièces produites. Cela est dû aux 187 monnaies noires découvertes dans le trésor de Mesnillot, attribuables à cette ville, et qui augmentent de manière peu cohérente le poids de cet atelier. À elles seules ces six villes réalisent 42 % de la production totale des 47 ateliers monétaires officiels. Il s’agit de centres économiques importants dans lesquels les nombreux échanges commerciaux nécessitent de disposer d’un numéraire abondant. Il s’agit également de villes qui n’ont souvent pas été sous occupation anglaise et qui ont donc frappé monnaie durant presque tout le règne de Charles VII, c’està-dire entre 1422, 1423 et 1456, 1461. Ce sont aussi des villes «riches» dans lesquelles la part en monnaies d’or avoisine souvent 30 à 40 % du total des émissions dans chacun de ces six ateliers. A l’inverse une autre série regroupe 18 ateliers pour lesquels la production monétaire est extrêmement faible, moins de 30 pièces pour chacun. Ils représentent 3 % tout au plus de la production totale et pas, ou peu, de monnaies d’or émises. La palme revient à Mâcon pour lequel aucune monnaie n’a été retrouvée. Viennent ensuite Nevers et Mouzon, ateliers contestés, avec 1 seul exemplaire recensé. Citons aussi Fontenay-le-Comte: 3 monnaies, Mirabel: 4, Riom: 5, Saumur: 9, Parthenay: 10, Pont-Saint-Espritet Le Puy: 11 monnaies retrouvées, Auxerre: 12, Figeac: 13, Château Thierryet Guise: 15, Beauvais: 16, Amiens: 19, Beaucaire: 25 monnaies, et quelques autres encore. On a affaire à des ateliers éphémères, situés dans de petites villes, ou de gros bourgs. Les besoins en numéraires sont moins importants. D’autre part, pour beaucoup d’entre eux, la période de production monétaire a été très courte. Fontenay-le-Comte, attaché à l’atelier de La Rochelle, est fermé dès 1436. Beaucaire cesse ses activités dès 1423, Mirabel arrête de frapper monnaie dès 1426 pour être remplacé par Montélimar. Les ateliers situés plus au nord sont ouverts dès les premières années du règne afin de pouvoir payer les soldats de l’armée royale, puis ils ferment rapidement, au gré des combats livrés contre les Anglais.
RkJQdWJsaXNoZXIy MzEzOTE=