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Charles VII 24 Les textes d’archives indiquent parfois le nombre de monnaies qui ont été émises pour un atelier donné. Mais pour certains d’entre eux les textes font défaut, ils sont souvent incomplets, ou pire ils ont été perdus, de sorte que l’on ne peut pas dresser un tableau fiable, complet, des productions monétaires réelles pour l’ensemble des ateliers monétaires d’un règne donné. Gérard Crépin a «manipulé» environ 9200 monnaies du règne de Charles VII. Parmi celles-ci 27 pièces sont rattachables à des « ateliers inconnus » donc peu exploitables. Environ 3000 autres peuvent être classées comme étant « indéterminées ». Elles ne présentent aucune marque d’atelier lisible, ou alors elles sont souvent très usées, leurs légendes sont difficiles à lire et donc inexploitables aussi. Il reste finalement 6189 monnaies (dénombrement en date de juin 2025) qui sont regroupées dans ce corpus sous l’appellation N.E.R. (pour nombre de monnaies retrouvées). L’auteur a pu le réaliser à partir des collections de 87 particuliers, de celles de 16 musées français et étrangers, qui ont bien voulu ouvrir leurs médailliers, mais grâce aussi à de nombreux professionnels numismates qui ont accepté de collaborer à ce projet. Gérard Crépin, pour chacun des 47 ateliers de Charles VII, a rassemblé, étudié en détail, déchiffré les légendes de toutes ces monnaies. Un travail de longue haleine. C’est tout à fait impressionnant. De plus, de nombreux exemplaires «non retrouvés» ou inconnus ont été découverts et ils sont maintenant portés à la connaissance des chercheurs, des numismates professionnels ou des amateurs. Ce panel inédit de 6189 monnaies, pour le règne de Charles VII, constitue une banque de données suffisamment importante et fiable pour qu’on puisse en faire l’étude et émettre quelques conclusions. Le tableau joint recense le nombre total d’exemplaires retrouvés (le N.E.R.) pour chacun des ateliers puis il répartit ce nombre selon le métal utilisé. Le calcul du pourcentage, c’est-à-dire du « poids » de chaque atelier n’a pas été effectué; le nombre d’occurrences de la série statistique rend en effet ce pourcentage peu pertinent. On a préféré attribuer un rang à chacun des ateliers pour indiquer son importance. Le corpus reprend le classement habituellement utilisé, à savoir: les monnaies d’or, d’argent et celles de billon dites « monnaies noires ». Les pièces en argent représentent la part la plus importante des monnaies retrouvées, presque 60 %. A l’inverse les monnaies noires sont peu nombreuses, à peine 14 %. Destinées aux petites transactions elles ont été souvent mal frappées. De faible valeur elles n’ont pas été conservées.

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