Atelier de Tournai Charles VII Sources documentaires 1500 1 • Les conditions d’émissions à Tournai s’écartent parfois considérablement des ordonnances royales mises en œuvre dans les autres ateliers (frappe d’écus à la couronne de titre et masse affaiblis, propres à Tournai, à la fin du règne de Charles VI et durant la première partie du règne de Charles VII)2 • À l’inverse, le titre et/ou la masse des monnaies frappées à Tournai s’avèrent parfois supérieurs à ceux des autres ateliers français pour des monnaies identiques.3 • Sous Charles VII, il se frappe à Tournai diverses monnaies tout à fait spécifiques à cet atelier s’inspirant du monnayage anglais (salut d’or), mais surtout du monnayage du comté de Flandre (double gros, gros et demi-gros cromstert, double gros vierlander "aux armes du roy" et chaise d’or ou klinkaert). Il n’est d’ailleurs pas totalement exclu que certaines de ces monnaies ne furent pas frappées suivant les ordonnances du roi de France, mais à son nom et selon les ordonnances de Philippe-le-Bon.4, 5 Par ailleurs, les tensions générées par la frappe de monnaies imitant le numéraire du comté de Flandre et privant notamment ainsi le duc de Bourgogne d’une part importante de son droit de seigneuriage finirent par faire réagir ce dernier qui menaça les autorités communales tournaisiennes de faire usage de la force. Celles-ci obtempérèrent et promirent, le 10 février 1434, que l’atelier de Tournai serait fermé pendant une période de 6 ans (de la St Jean (24 juin) 1434 à la même date en 1440),6 tel que cela fût confirmé par le Traité d’Arras en 1435. Le règne et le monnayage de Charles VII comportent clairement deux périodes : avant et après la reconquête de Paris, le 13 avril 1436. Cet évènement important permet notamment de réunir les administrations et de réorganiser le royaume. En revanche, les monnaies frappées à Tournai durant la seconde période font simplement suite aux ordonnances, comme pour les autres ateliers royaux. Elles ne se distinguent alors plus que par le " point secret " 16e, à l’exception du double gros vierlander pour lequel une deuxième émission a été prévue en décembre 1440 et dont la frappe n’aura duré que quelques mois seulement. 1 Lien pour voir ce travail (ctrl + clic sur le lien) : numisvaldesalm.be/MonnaiesDecroly2020.pdf 2 Jean-Noël BARRANDON et Marc BOMPAIRE : Écus d’or affaiblis, de 1417 à 1436. La Revue Numismatique, 1992. 3 Raymond de CASTELLANE : Les monnaies d’argent du système flamand frappées à Tournai sous Charles VII. La Revue Numismatique, 1898. 4 Marcel HOC : L’Écu à la couronne de Charles VI de l’atelier de Tournai. Revue belge de Numismatique, T. CIV, 1958. 5 Arthur ENGEL et Raymond SERRURE : Traité de numismatique du Moyen Age, T. III : depuis l’apparition du gros d’argent jusqu’à la création du thaler. Réimpression par Arnaldo Forni (Bologne, 1964), 1905. 6 Peter SPUFFORD : Monetary Problems and Policies in the Burgundian Netherlands, 1433-1496. E.J. Brill (Leiden), 1970.
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