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LES ESSAIS, LES ARCHIVES LE FRANC PHILIPPE THÉRET MICHEL TAILLARD LOUIS-PHILIPPE (1830-1848)

Galle versus Tiolier LOUIS-PHILIPPE (1830-1848) 109 Épreuve uniface de Tiolier testant l’ajout du I sur un coin en modifiant l’espacement des lettres © Collection privée / Photo cgb.fr Le registre de fabrication des coins montre que Tiolier ne produit pas de coins de service de tête le 6 novembre. Il en produit quinze le 7, un le 8 et vingt-cinq le 9 novembre. Sans qu’une certitude apparaisse, il est probable que la production du 9 novembre ne soit pas de la variété « sans le I » ou seulement partiellement, ce qui établit le nombre de coins de service concernés entre 16 et 41, dont certains sont envoyés au moins à Lille, Lyon et Rouen. Une autre lettre de De Sussy à Tiolier lui précise, le 11 novembre : « … Ainsi que je vous ai déjà prévenu verbalement, vous avez dû cesser de faire des coins à l’effigie de Charles X et prendre toutes les mesures nécessaires à l’effet d’assurer le service courant et celui de 1831 en nouveaux coins, coussinets et viroles brisées portant la légende Dieu protège la France… » [MEF-MACP, SAEF/G1-4,5]. Les premières délivrances démarrent le 8 novembre, à Paris, le 19 novembre à Rouen et le 22 novembre à Lille et Lyon. Les autres ateliers ne démarrent leurs productions au type de Louis-Philippe I qu’à partir de décembre (le 6 pour Nantes, le 9 pour Bordeaux, le 10 pour Bayonne, le 13 pour La Rochelle et Limoges, le 14 pour Strasbourg, le 17 pour Marseille, le 22 pour Toulouse et le 28 pour Perpignan). Sans autre indication sur les envois de coins aux ateliers, il est permis de penser que les coins de tête sans le I n’ont été utilisés que dans les monnaies de Paris, Lille, Lyon et Rouen. Les autres ateliers, commençant plus tard, n’ont dû recevoir que le coin avec le I. En revanche, rien ne permet à ce jour de déterminer des chiffres de fabrication à la variété sans le I. En effet, ordre étant donné à Tiolier, le 9 novembre, de ne pas utiliser cette version, elle sera quand même mise en circulation dans les Monnaies de Lille, Lyon et Rouen qui démarrent pourtant leur production après cette date, sans contre-ordre sur l’utilisation des coins concernés dont l’usage a manifestement été toléré. Dans la foulée de la pièce de 5 Francs, Tiolier sera pressé par l’administration de fabriquer rapidement des coins pour d’autres faciales, particulièrement la 20 Francs, dont le besoin est vital pour monnayer un afflux de lingots d’or en provenance d’Alger, suite à la prise de la ville début juillet 1830. Cet ordre concerne également la 1 Franc comme en atteste un courrier du Président de la Commission à Tiolier, daté du 10 décembre, qui le presse de fabriquer le coin provisoire de la 1 Franc pour le 25 décembre afin qu’il soit mis en service pour 1831 [MEF-MACP, SAEF/X.Ms199].

Le concours LOUIS-PHILIPPE (1830-1848) 138 LES 10 PROJETS POUR LA 100 FRANCS BARRE CAQUÉ CAUNOIS GALLE GAYRARD LECLERC

Mise en œuvre des différentes faciales LOUIS-PHILIPPE (1830-1848) 164 Récapitulatif des types Domard mis en circulation au cours du temps : PREMIER TYPE 1831 DEUXIÈME TYPE 1832-1843 TROISIÈME TYPE 1844-1848 Ruban placé plus bas sur le cou PHILIPPE serré laissant un espace plus important entre le dernier E et le I Les feuilles de laurier et d’olivier ont été retravaillées et les différents sont placés en bas sous la couronne Pas de changement Comparaison d’avers 1 re type (en vert) et 2 e type (en rouge) On voit que les différences résident dans la position du ruban sur le cou et un positionnement différent des lettres de la légende Comparaison d’avers 2 e type (en vert) et 3 e type (en rouge) On voit nettement que la différence se situe au niveau de PHILIPPE insculpé de manière plus serrée dans le 3 e type

révolution technologique : la presse monétaire LOUIS-PHILIPPE (1830-1848) 296 Le 18/12/1845, le procès-verbal de l’épreuve est établi : « Nous soussignés, membres de la Commission spéciale nommée le cinq décembre mil huit cent quarante cinq, par la Commission des Monnaies et Médailles, en vertu de l’autorisation de M r le ministre des Finances du dix huit novembre dernier, à l’effet de faire fonctionner, en notre présence, dans les ateliers de construction, deux presses monétaires, une grosse et une moyenne confectionnées par MM Thonnelier et Boucher de Montuel, et de constater si elles remplissent les conditions stipulées dans le marché passé entre eux et la Commission des Monnaies, le 20 novembre mil huit cent quarante-quatre, nous sommes transportés dans les ateliers de MM Derosne et Cail, à Chaillot, où s’établissent les presses monétaires commandées par la Commission des Monnaies à MM Thonnelier et Boucher du Montuel, et avons fait subir aux deux presses terminées, une grande et une moyenne, les épreuves nécessaires pour nous assurer qu’elles remplissent les conditions prescrites par le marché précité. Déclarons à M r le Président de la Commission des Monnaies et Médailles que les presses généralement bien confectionnées sont admissibles, comme pouvant dès ce moment, être employées à la fabrication des espèces. Il sera remis ultérieurement à la Commission des Monnaies, un rapport général sur l’ensemble des dites presses, et sur les nouvelles améliorations que nous avons reconnues avoir été apportées à ces machines » [MEF-MACP, SAEF/E2-3]. Le 27/08/1846, un procès-verbal est rédigé indiquant que les neuf presses monétaires commandées à M.M. Thonnelier et Boucher de Montuel sont « conformes, pour le système de construction, à la première, qui, en vertu de la soumission, devait servir de modèle, mais qu’elles lui sont supérieures par suite des améliorations apportées dans leur exécution » [MEF-MACP, SAEF/E2-4]. Presse monétaire de 1845 / CITECO / Photos ADF

La refonte du Cuivre LOUIS-PHILIPPE (1830-1848) 347 mais même en assistant à l’expérience comparative qui a été faite du monnayage par la presse monétaire et par le balancier. Le premier essai qui a eu lieu consiste en une petite pièce qui porte pour effigie le buste de Louis XIII enfant. Le coin de cette médaille a été produit au moyen d’un poinçon que nous avons choisi nousmêmes dans le musée monétaire. On l’a attribué au célèbre Varin, quoiqu’il se rapporte à la date de 1610, époque à laquelle Varin était trop jeune encore pour que cette œuvre puisse être de lui, à moins qu’elle n’ait été frappée postérieurement à sa date, ce qui est souvent arrivé. © Collections historiques de la Monnaie de Paris / Photos ADF Coin d’avers buste Louis XIII enfant Coin de revers © Collections historiques de la Monnaie de Paris / Photos ADF Le second essai, c’est le sou des colonies gravé par M. Barre, et dont on a monnayé environ un million d’épreuves, au moyen de la presse monétaire construite par M. Thonnelier, et que vous connaissez.

Visites des Monnaies LOUIS-PHILIPPE (1830-1848) 391 Voici les résultats obtenus : Médaille d’inauguration du musée monétaire par le Roi et la Reine des Français Différences de gravures pour la médaille de visite du Roi et de la Reine des Français Les différences majeures se situent, pour le Roi des Français, dans le haut de la couronne de chêne et dans la forme du ruban sous le buste. Pour la Reine, les différences les plus criantes se situent au niveau du cou. Le tissu du voile est plus important dans la gravure B. Le collier de la Reine possède deux niveaux. Le niveau le plus bas s’arrête, dans la gravure A, au milieu du cou arrêté par le bord du buste tandis que dans la gravure B il est apparent sur tout le pourtour du cou. Les joyaux du collier sont plus gros et alternés dans la gravure B. A ce stade de nos connaissances, nous sommes dans l’incapacité d’ordonnancer chronologiquement ces deux gravures. La gravure B nous semble peut-être plus travaillée mais c’est celle que nous rencontrons le moins souvent. Une autre différence, mais qui ne concerne pas la gravure du motif en lui-même, réside dans la signature du graveur sous le buste qui utilise des lettres de taille supérieure dans la gravure A. Le positionnement et la taille font que le F (pour FECIT) passe sous le ruban dans la gravure A.

CATALOGUE ESSAIS AVEC FACIALE 4045.a.1 5 FRANCS CONCOURS 1830-1831 1831 A Épreuve de Domard en argent  Quantité : 2 ? / 2 Argent --- g Ø 37 mm Domard (TRANCHE LISSE) TTB45 SUP58 SPL63 FDC65 --- --- --- HC Deux exemplaires uniquement furent frappés en argent le 10 ou 11/03/1831 au lieu de 10 prévus. Ces deux exemplaires furent exposés au musée monétaire entre le 13 mars et le 20 mars. Le 21 mars 1831 le jury désignera ce projet comme gagnant. Les épreuves du concours dans leur métal cible semblent avoir toutes été difformées et destinées à être refondues. L'exemplaire en illustration a été difformé par l'application de 24 coups de poinçons, c'est un véritable rescapé et donc d'une insigne rareté. Il n'a été vendu qu'au prix de 1 020 dollars (avec frais) lors de la vente Heritage du 25/04/2019 mais personne n'avait conscience de la rareté insigne qu'il représentait… Un exemplaire (qui semble le même), en état Superbe, était présent dans la vente Poindessault du 22/03/1971, lot n° 352 au prix de départ de 3 000 francs : cet exemplaire aurait figuré successivement dans les collections de Brand et Ferrari. Un exemplaire (le même ?) est présent dans l'ouvrage de Guillaume Conbrouse dans sa première version sous la référence n° 617 avec la mention « Frappé en argent et poinçonné, etc; tranche lisse informe » puis dans sa deuxième version sous la référence n° 765 avec la mention « flaon d'argent biffé, tranche lisse ». 4045.a.2 5 FRANCS CONCOURS 1830-1831 1831 A Épreuve de Domard en métal blanc  Quantité : 4 Métal blanc --- g Ø 37 mm Domard (TRANCHE LISSE) TTB45 SUP58 SPL63 FDC65 -- 3 000 4 000 --- © Heritage © Heritage 498

CATALOGUE ESSAIS AVEC FACIALE 4065.b.2 100 FRANCS CONCOURS 1830-1831 ND Épreuve de Domard, avers et revers n° 2, en argent  Quantité : 12 Argent 19,08 à 19,27 g Ø 34,00 à 34,10 mm Domard TTB45 SUP58 SPL63 FDC65 -- 5 000 7 500 10 000 Les 11 destinataires de ces frappes de prestige ont été : le Roi, la Reine, le Duc d’Orléans, Mme Adélaïde, le ministre des Finances, le secrétaire général du ministère, le sousdirecteur de l’Administration financière, le Président de la Commission des Monnaies, les deux Commissaires généraux de la Commission des Monnaies et le médaillier du musée monétaire (voir partie « Archives » 3.1.2). L’exemplaire supplémentaire en argent a été produit avec le coin retouché et a été conservé pour servir de modèle. 4065.b.3 100 FRANCS CONCOURS 1830-1831 ND Épreuve de Domard, avers et revers n° 2, en métal blanc  Quantité : 70 Métal blanc 16,23 à 16,79 g Ø 34,00 à 34,22 mm Domard (TRANCHE LISSE) TTB45 SUP58 SPL63 FDC65 150 300 500 700 50 exemplaires furent frappés (05/04/1831) puis 15 autres pour en remettre un à chaque graveur candidat (afin qu'ils aient une collection complète) et enfin 5 pour des employés de Tiolier. Attention il existe des reproductions en métal blanc (voir la référence 4065.b.COP dans la section des « Reproductions et Faux »). © BnF / DMMA / Photos ADF © Collections historiques de la Monnaie de Paris / Photos ADF 540

CATALOGUE MONNAIES DE PRÉTENDANTS L’avers n° 1 a son propre revers spécifique qu’il n’est pas utile de détailler car non discriminant. En revanche les avers n° 2 et n° 3 partagent 2 revers (les n° 1 et n° 3) et l’avers n° 2 utilise un revers en plus (le n° 2) : - Revers n° 1 : on dénombre 9 joyaux sur la base de la couronne, les olives sont ovales, le grènetis est à base de dents ; - Revers n° 2 : la valeur faciale et le millésime sont absents, le mot « ESSAI » remplace le millésime, on dénombre 9 joyaux sur la base de la couronne, les olives sont ovales et la fleur de lys au-dessus de la couronne est très grossière, le grènetis est à base de dents ; - Revers n° 3 : on dénombre 11 joyaux sur la base de la couronne, les olives sont rondes et les 3 fleurs de lys à l’intérieur de l’écu sont beaucoup plus grandes que dans les revers précédents, le grènetis est à base de perles. L’utilisation de cet ordre dans la numérotation des revers n’est pas anodine, elle correspond à un ordre chronologique d’utilisation. En effet si l’on examine l’ensemble de la production avec l’avers n° 3, on constate un bon état du H de « HENRI » pour les exemplaires présentant le revers n° 1. 656

712 PRINCIPALES TRANCHES © Photos ADF / Procédé de Jean-Philippe Marie © Photos ADF / Procédé de JeanPhilippe Marie

742 Coin de 5 Francs à la charte 4040.a et segments de virole brisée avec grènetis © Collections historiques de la Monnaie de Paris / Photos ADF GALERIE

788 Épreuve de Thonnelier en bronze 4516.2 © BnF / DMMA / Photos ADF GALERIE

Printed in France Prix public 59 € Après le Franc les Monnaies, les Archives (2019), le Franc d’Augustin Dupré (2021), découvrez le Franc, les Essais, les Archives, une encyclopédie en six volumes (2023-2027), qui enrichit et complète la connaissance de l’histoire du Franc entre 1803 et 1870. Ce quatrième volume, consacré à Louis-Philippe (18301848), paraît au moment du 175e anniversaire de la disparition du roi des Français (26 août 1850). Il s’ajoute aux trois premiers livres, dédiés à Napoléon Ier (1803-1815), Louis XVIII (1814-1824) et Charles X (1824-1830). Avec 800 pages, cet ouvrage est pour le moment le plus volumineux de la série et marque une étape importante de l’histoire du Franc et de la France. En effet, à l’aube de basculer dans la deuxième moitié de ce XIXe siècle, le pays entame sa première révolution industrielle, perceptible dans les améliorations techniques de la fabrication monétaire. À l’aune des précédents ouvrages, l’exploitation des archives « papier » et « métalliques » plonge le lecteur dans l’histoire monétaire du règne de LouisPhilippe. Objectivité de l’information, catalogue précis et minutieux, cotes reflets du marché, iconographie en haute définition, accompagnés d’une galerie où monnaies et outillages se côtoient, sont les atouts majeurs de cet ouvrage, à découvrir absolument !

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