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- 105 - LOIREMOYENNE (I er siècle avant J.-C.) Les potins «dits» dégénérés au croissant ou au croissant et au triskèle sont des imitations, peut-être copiées sur le potin au taureau passant (LT. 5284), anciennement attribué aux Mandubiens, est aujourd’hui reclassé comme monnayage «du centre de la Gaule». Ce potin est lui-même copié sur les bronzes deMarseille au taureau. La grande diversité qui peut exister entre les différents potins ne facilite pas une attribution récurrente. Une solution pourrait nous venir d’Outre-Manche encore une fois. Un des exemplaires dumusée d’Oxford venant de la collec- tion de D. Allen est censé provenir du camp d’Amboise (Indre- et-Loire), en pays Turons. Ce type est réputé provenir du trésor de Chartres (Blanchet,ABT. fig. 116). L’attributionmaximaliste «Loire moyenne» est valide, mais non définitive. 238164. Potin dégénéré aux croissants et à la triskèle , c. 60-40 AC. , (Pot, 18 mm, 3 h, 3,92 g). A/ Anépigraphe. Tête casquée à gauche avec l’œil en creux, accostée de deux croissants. R/ Anépigraphe. Restes d’un quadrupède passant (à droite ?), surmonté d’un petit croissant et avec un triskèle au-dessous. Potin homogène assez bien venu des deux côtés avec une patine sombre. LT.manque - DT.2625 - ABT.116 var. RRR. TTB / TB+ ................................................... 70€ Le revers de cet exemplaire est proche du DT. 2625 avec la petite triskèle au revers. Cette série de potins est représentée à la BN par 19 exemplaires (dont un en plomb) et par 6 exemplaires dans la collection de la Société Dunoise. Elle semble avoir été largement négligée ; Muret et Chabouillet ne faisaient aucune distinction entre tous les exemplaires de la BN, “Tête barbare à gauche / type dégénéré du taureau cornupète”. Les lieux de trouvailles connus sont Châ- teaudun, Levroux, Beauce chartraine et dunoise. Le poids de ces potins varie entre 1,98 et 4,94 grammes pour un poids moyen de 3,36 grammes (sur 24 exemplaires). Ce type a successivement été donné aux Éduens, aux Mandubiens, aux Bituriges Cubes, aux Turons et aux Car- nutes. Brigitte Fischer dans le catalogue des Journées Numismatiques de Châteaudun (1986) restitue ce mon- nayage aux Carnutes. Ce type semble directement emprunté au monnayage des Turons. Selon A. Blanchet, ces mon- naies “dérivent des bronzes massaliotes”, il remarque aussi que la circulation de ces espèces est très large. Il s’abstenait néanmoins de proposer une attribution. 254794. Potin dégénéré aux croissants , c. 60-40 AC. , (Pot, 20 mm, 9 h, 4,28 g). A/ Anépigraphe. Tête casquée (?), accostée de chaque côté d’un croissant. R/ Anépigraphe. Restes d’un quadrupède passant (à droite ?), entre deux petits croissants. Potin complet et homogène avec une patine sombre et ocre. LT.manque - DT.2628 -ABT.116 var. RR. TB+ ................................................................. 60€ Avec une tête confuse au droit et ce revers bien caracté- ristique avec les deux croissants, ce potin correspond au DT. 2628. SÉNONS (région de Sens) (II e - I er siècle avant J.-C.) Les Sénons, dont le nom signifie les sages ou les anciens, contrôlaient un vaste territoire qui s’étendait entre le sud de la Champagne et le nord de la Bourgogne. Leur principal oppidum était Agedincum (Sens) qui a conservé encore aujourd’hui le nom de la civitas antique. Ils possédaient plusieurs autres oppida comme Auxerre, Tonnerre ou Aval- lon. Divona semble avoir été le principal sanctuaire des Sé- nons. César avait fait hiverner six de ses légions en 53 avant J.-C. à Agedincum. Labienus, lieutenant et légat de César, vint s’établir dans la région de Sens entre Gergovie et Alésia afin de contrôler les routes et de protéger les ar- mées de César d’une attaque des Belges ou des Germains. 264927. Statère globulaire à la croix , c. 100-80 AC. , (Or, 12,5 mm, 7,43 g). A/ Anépigraphe. Lisse avec une petite croix en relief. R/ Anépigraphe. Lisse. Statère relativement régulier, avec une crois assez nette et un revers avec de petits défauts de métal. Flan assez plat. LT.manque - DT.2537 - BN.7374-7386. - Lambert II, 1864, pl. I, n° 6-7 - J.-B. Colbert de Beaulieu, Les Monnaies gau- loises des Parisii, p. 135-140 - J.-N. Barrandon, M. Dhénin, B. Fischer et B. Pradat, Le trésor de Saint-Denis-lès-Sens, le point sur une étude en cours, BSFN. 1993, p. 637-644. R. TTB ....................................................................... 350€ La technique de réalisation de ces monnaies, par coulée ou par frappe semble être encore indéterminée (?). D’une simplification extrême, qui pourrait presque être com- parée aux drachmes des Tarusates, ce genre de statère nous rappelle ce qui comptait vraiment dans l’Antiquité quand il est question de monnaies... Ce statère montre la différence entre notre conception moderne d’une belle monnaie et la conception antique d’une monnaie de valeur ; ce statère de 7,43 grammes d’or valait certainement plus qu’un beau statère des Parisii mais en moins bon or et plus léger ! Il est d’ailleurs intéressant de noter que ce type était représenté aux côtés des 53 statères parisii dans le trésor de Puteaux découvert en 1950. J.-B. Colbert de Beaulieu proposait ces statères globulaires à la croix comme “le premier monnayage d’or des Parisii ?”. Désormais, face à une monnaie gauloise, nous sommes en présence d’un vestige du passé et souvent de véritables œuvres d’art, pas en face de matières premières achetées au poids. Ce type a été attribué successivement aux Sénons, aux Car- nutes, aux Parisii, aux Bellovaques et aux Suessions. La carte de répartition est très vaste. Le Muret Chabouillet signale, en 1889, que «cent trente-neuf statères en forme de balles ont été trouvés au lieu dit «au-dessus de la Hayette», terroir de Sainte-Preuve, canton de Sissonnes (Aisne). Ces monnaies, très rares jusqu’ici, provenaient pour la plu- part d’une vigne sise à Moinville, près Melun, où l’on en trouve pour ainsi dire chaque année. Les autres avaient été recueillies dans le pays des Carnutes.» Un très gros trésor contenant au moins 240 statères à ce type a été découvert, au début de l’année 1992, en construisant l’autoroute A5 qui relie Troyes à Melun Sénart, à Saint-Denis-les- Sens (Yonne). L’attribution aux Sénons, déjà retenue dans le Muret Chabouillet un siècle avant la découverte de ce trésor, semble la plus autorisée. L’étude entreprise par le Dr. Colbert de Beaulieu en 1970 reste valable pour la ty- pologie. B. Fischer signale dans le RIG. un exemplaire épi- graphe IVI, conservé dans une collection privée. Elle fai- sait remarquer qu’il «est impossible de déterminer avec sûreté le procédé selon lequel ces globules ont été réalisés : coulée ou frappe traditionnelle». Une attribution aux Parisii est possible. Ce monnayage serait antérieur à la Guerre des Gaules.

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