Bulletin Numismatique n°268 49 emplacement dans le vieux Dublin témoignant ainsi d’un passé bien antérieur à l’Irlande moderne. Par souci d’équité la langue utilisée au verso est l’anglais. Et là encore l’enchevêtrement des instruments ainsi que la minutie des détails sont des éléments venant considérablement compliquer la tâche des contrefacteurs, accentué par la couleur dominante brun-ocre presque monochrome qui apporte au billet son apparence sobre, classique et très « gravure » particulièrement difficile à reproduire. PORTUGAL – 10000 ESCUDOS 1996/2002 – PICK 191 – LOT N°584166 Il s’agit du billet le plus récent de mes cinq favoris puisqu’il a été mis en circulation en 1996, à peine 6 ans avant l’arrivée de l’Euro. Ce qui m’a toujours interloqué en observant ce billet c’est la faible valeur de l’Escudo pour un pays aussi important que le Portugal dans l’Histoire européenne. En avance il l’a été par sa maîtrise maritime et son empire commercial, mais aussi par son influence diplomatique et l’étendue de sa langue. Le personnage central est l’Infant Dom Henrique plus connu sous le nom d’Henri le navigateur. Il a joué un rôle central dans l’organisation et le financement des premières explorations de la côte africaine. Le médaillon à sa gauche est adapté de son sceau ce qui renforce l’aspect historique du billet. Le fond polychrome est particulièrement riche. On y trouve fleurs de lys, motifs associés à l’Ordre de la Jarretière, une horloge de sable ou encore une boussole. Ce décor évoque le pouvoir, le temps, la navigation et les grandes explorations portugaises. Intégrées au décor, les armoiries du Portugal indiquent qu’un lien existe entre les exploits du personnage et l’Etat portugais. A droite, le lion portant une bannière est inspiré d’une carte ancienne portant la mention « Serra Lioa » (Sierra Leone) qui représentait alors l’une des limites géographiques atteintes par le navigateur. A noter que le lion est imprimé avec une encre OVI, c’est-à-dire optiquement variable, passant du violet au vert doré. Une caravelle illustre en son centre le verso, gravée en taille douce, bateau inventé par les Portugais, emblème de la puissance maritime du Portugal, pays pionnier dans la découverte du monde. Le fond est magnifique : il est inspiré d’une enluminure de la Chronique des Faits de Guinée, œuvre de Gomes Eanes chroniqueur portugais du XVe siècle qui raconte les premières expéditions en Afrique. Dans la partie supérieure droite du décor apparaît un étendard portant la croix de l’Ordre du Christ. Cette croix est essentielle car l’Ordre du Christ succède à l’Ordre des Templiers au Portugal dont les ressources ont largement contribué au financement des entreprises maritimes du Prince. Ainsi, la croix du Christ devient symbole des découvertes portugaises. Juste en-dessous, la rose des vents symbolise l’orientation, la connaissance des mers et l’ouverture au monde. Enfin dans la partie inférieure gauche, quatre vers du poète Fernando Pessoa tirés de Mensagem que l’on pourrait traduire ainsi : « Dieu le veut et l’homme rêve, l’œuvre naît. Dieu voulut que la Terre fût toute une, que la mer unisse et ne sépare plus. Il te consacra et tu allas, dévoilant l’écume ». Le plus petit des cinq billets par sa taille, sans doute le plus grand par les références et les symboles qu’il véhicule. INTERNET AUCTION DE NOVEMBRE, COLLECTION DE M. DOMINIQUE S., EN PREMIÈRE PARTIE. UNE COLLECTION ! UN PASSIONNÉ !
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