Bulletin Numismatique n°267 25 Contrairement à la période de Louis-Philippe, qui a été majeure pour ses avancées technologiques, on note peu d’évolutions techniques sous la 2e République et donc d’essais associés. Pour autant, même pour ceux-là, le lecteur découvrira des chiffres de fabrication. LE SAVIEZ-VOUS ? © Collections historiques de la Monnaie de Paris / Photos ADF Le procès-verbal de préparation des essais des presses monétaires destinées au Chili fait état d’un chiffre de fabrication de 2 exemplaires en argent au module de 5 Francs. Par ailleurs, la lutte contre la fraude continue et c’est la tranche qui fait l’objet d’attention. La Commission des Monnaies souhaite remplir les espaces entre les mots de la tranche afin d’empêcher les faussaires de fourrer les monnaies de 5 Francs en argent et surtout les monnaies de 20 Francs en or. Bien que nous ne soyons pas encore sous l’Empire, la Commission demande à Barre d’introduire deux têtes d’aigle en plus des étoiles. L’essai ne sera pas concluant car les deux têtes d’aigle ressortent mal. Elles seront remplacées par des étoiles. Des documents d’archives sont contradictoires et ne permettent pas de savoir si l’essai a été restreint à 26 exemplaires le 22/06/1852 ou s’il a concerné les 2 premières délivrances, soit 3 403 exemplaires. Il est à noter que les 26 exemplaires sont censés avoir été difformés. Jusqu’à aujourd’hui, aucun exemplaire n’a été retrouvé mais grâce aux outils présents à Pessac, on connait le motif de cette tête d’aigle ! © Collections historiques de la Monnaie de Paris / photo ADF N’oublions pas le « feuilleton » de la « refonte du cuivre » entamé sous Louis XVIII, poursuivi sous Charles X et LouisPhilippe, qui trouverait presque sa conclusion sous la 2e République à quelques semaines près ! Contrairement aux autres périodes, les visites officielles à la Monnaie de Paris sont rares et ne se transforment pas en souvenirs monétaires métalliques. En 1850, la jeune confédération Helvétique fait appel à la Monnaie de Paris pour la frappe des monnaies en argent et à celle de Strasbourg pour les monnaies divisionnaires, et leur permet ainsi de montrer leur supériorité technologique sur le savoir-faire germanique. Un chapitre des plus instructifs est dédié à ces fabrications qui ouvrent la voie à des travaux plus larges pour l’étranger. Enfin, si le timbre a fait sa première apparition en 1840 en Angleterre, il faut attendre 1848 en France, grâce à JacquesJean Barre (1793-1855), graveur général des Monnaies et à son adjoint Anatole Hulot (1811-1891) ; ils réussissent, en trois mois, à mettre sur pied la première émission du timbreposte français, mis au point au 11 quai de Conti et entré en circulation le 1er janvier 1849. Un chapitre entier est consacré à la mise en place de cette production très particulière au sein même de la Monnaie de Paris. Ce chapitre bénéficie d’illustrations du Musée Postal qui a été un partenaire de premier ordre. En effet, outre ce qui concerne le timbre, le musée dispose des originaux des registres de correspondance des Barre ! Le lecteur n’imagine pas forcément l’envers du décor pour arriver à un tel niveau de présentation d’informations. Il a fallu se déplacer et passer du temps à numériser les archives monétaires. Il a fallu les lire de manière « systématique », les indexer et en retranscrire les parties utiles (et ce malgré parfois des écritures cursives peu lisibles). Puis il a fallu les organiser, les recouper et les enchaîner (les informations étant dispersées entre plusieurs sources). C’est donc un travail colossal qui est derrière ce résultat que vous pourrez lire. Cela n’a été possible que par la puissance de frappe collective d’une association : celle des ADF. Cette partie « Archives » est également richement illustrée. Elle bénéficie en effet des photos des outillages prises par les ADF à Pessac. Il est à noter que ces outils spectaculaires sont inédits, vous ne les trouverez nulle part ailleurs. Ils ne concernent pas que les essais. Ce sont même majoritairement des outils de monnaies circulantes. Poinçon original d’avers de la 1 Franc d’Oudiné © Collections historiques de la Monnaie de Paris / photo ADF « LE FRANC, LES ESSAIS, LES ARCHIVES » 2E REPUBLIQUE (1848-1852)
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