Bulletin Numismatique n°266 66 Suite au traité de réunion, du 7 floréal an VII (26 avril 1798), la République de Genève est rattachée à la France. La cité devient le nouveau chef-lieu du département du Léman. Les troupes ont envahi la cité de Calvin le 15 avril 1798 et l’ont annexée une dizaine de jours plus tard. Cette période d’occupation française est marquée par le déclin économique accompagné d’une baisse de la démographie de la cité qui se trouve touchée par la politique du blocus continental. Les Français quittent Genève le 31 décembre 1813 à l’arrivée des Autrichiens. La République de Genève est alors restaurée, validée par le premier traité de Paris et confirmée au Congrès de Vienne. Genève fait son entrée dans la Confédération helvétique le 19 mai 1815 en tant que 22e canton. L’atelier de Genève avec la lettre G est actif entre le 11 thermidor an VIII (30 juillet 1800) et le 23 germinal an 13 (13 avril 1805). Pendant cette période deux directeurs différents se sont succédé, Jean Darbigny entre le 11 thermidor an VIII (30 juillet 1800) et le 7 germinal an 12 (28 mars 1804) avec pour différent, un lion, puis Étienne Froidevaux du 19 frimaire an 13 (10 décembre 1804) au 23 germinal an 13 (13 avril 1805) avec pour différent, un poisson. Ce dernier continue sa carrière en tant que directeur de l’atelier de Bordeaux, conservant le même différent du 17 prairial an 13 (6 juin 1805 au 3 juillet 1809. LE CONSULAT (9-10 novembre 1799 – 18 mi-1804) Soutenu par les partisans d’un pouvoir fort, Napoléon Bonaparte, Général victorieux des campagnes d’Italie et d’Égypte, renverse le Directoire les 18 et 19 brumaire an VIII (9 et 10 novembre 1799). La Révolution est finie, le destin de la France repose désormais entre les mains d’un exécutif fort. Une nouvelle constitution, la Constitution de l’an VIII, entre en application dès le mois de décembre. Elle définit les pouvoirs et conforte Bonaparte dans son rôle d’homme fort du pays : premier Consul, à la tête de l’exécutif, il nomme aux principales fonctions publiques, détient un certain pouvoir d’initiative en matière législative, et conserve son rôle militaire. Le Sénat, le Tribunat et le Corps législatif composent trois assemblées qui possèdent l’autre partie de la fonction législative. Le 11 novembre 1799, Bonaparte prend une décision importante : il nomme Gaudin ministre des Finances. Celui-ci conservera son poste jusqu’au 1er avril 1814, et le retrouvera pendant les Cent Jours. Rétablir les finances de l’État est la priorité numéro un du Premier Consul. Ainsi, la Banque de France est créée le 18 février 1800. Avec l’aide de la Caisse d’amortissement, le budget de la France est rétabli en 1802. Et en 1803, dans le cadre de la grande réforme monétaire, le Franc, gage de stabilité, renaît, sous le nom de Franc germinal. Registre de fabrication La deuxième priorité de Bonaparte est la pacification intérieure du pays mis à mal par les divisions nées de la Révolution. Pour réconcilier les Français, plusieurs mesures sont adoptées : liberté de culte, fin de la vente des biens nationaux, amnistie aux émigrés. Seul l’ouest de la France reste insoumis. Insurrections et brigandages animent cette partie du territoire et compromettent les espoirs du Premier Consul, malgré la signature d’une trêve avec les chefs chouans en novembre 1799. Cependant, avec l’appui du clergé, la Vendée est pacifiée courant 1800. L’encadrement religieux s’inscrit alors définitivement comme l’élément principal de la stabilisation de la société. Les négociations avec le Pape Pie VII aboutissent à la signature du Concordat de 1801. Soixante évêques, nommés par Bonaparte, et investis par le Pape, s’installent alors sur tout le territoire. Les prêtres catholiques, également nommés, sont désormais fonctionnarisés. Beaucoup de réfractaires se rallient, d’autres continuent d’entretenir le trouble, essentiellement en Bretagne et en Normandie, où les Royalistes, aidés par l’Angleterre, attendent l’arrivée de Louis XVIII. À l'extérieur, un autre défi attend Bonaparte : restaurer la paix. Les Autrichiens sont défaits à Marengo le 14 juin 1800, puis à Hohenlinden le 3 décembre 1800. La Paix de Lunéville est signée le 9 février 1801. Le 25 mars 1802, la Paix d'Amiens est signée avec les Anglais. En 1802, le Consulat prend une nouvelle direction, plus autoritaire. Les Jacobins sont écartés de la vie politique (les plus virulents sont arrêtés par Fouché, Préfet de Police), la presse est contrôlée, et les Royalistes pourchassés. C’est dans ce contexte qu’est adoptée la Constitution de l’An X : elle diminue considérablement les pouvoirs des assemblées, et nomme QUAND GENÈVE FRAPPAIT POUR BONAPARTE
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