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Bulletin Numismatique n°266 62 1. INTRODUCTION Dans les registres de production de l’atelier de Lille en 1840, il est explicitement fait mention du changement opéré à l’automne de cette année-là (Théret et al., 2019). Alexandre Beaussier est remplacé par Charles Louis Dierickx. Si le premier quitte le poste de directeur de l’atelier le 9 août, il n’est officiellement remplacé que le 19 octobre par le second. La conséquence directe est une modification notable sur les monnaies produites à Lille cette année-là, puisqu’au millésime de 1840 on peut donc trouver les monnaies frappées du caducée (Beaussier) comme celles à la cornue (Dierickx). Quelle est alors la répartition potentielle entre ces deux variantes ? Dans le registre de fabrication des espèces d’or et d’argent pour 1840 (X.Ms 33), on trouve pour l’atelier de Lille, deux lignes distinctes pour les espèces d’argent. La première est notée « Beaussier », la deuxième est notée « Dierickx ». En revanche, une seule ligne est mentionnée au nom de Beaussier pour la pièce de 20 Francs Or. Nous avons donc repris pour cette faciale la répartition des délivrances, en complétant cette information avec la fourniture des coins pour l’administration des monnaies (Y.Ms95 et Y.Ms96). Dans ce contexte, on notera qu’entre le 18 juillet (fourniture de 10 coins pour le revers de la pièce de 5 Francs) et le 6 novembre (fourniture de 2 coins pour le revers de la pièce de 20 Francs), il n’y a eu aucune fabrication d’outils pour l’atelier de Lille. En revanche, dans les deux derniers mois de 1840, entre novembre (soit un mois après la prise de fonction de C.L. Dierickx) et le 19 décembre, des outils pour les pièces de 20 Francs, 5 Francs, 2 Francs, 1 Franc et ½ Franc, ont été fabriqués et fournis. 2. LES TIRAGES DE LA 20 FRANCS La 20 Francs Or est frappée à Lille de 1832 à 1846. Les productions restent limitées à quelques milliers à dizaines de milliers d’exemplaires, pour un total de 294 770 pièces mises en délivrance (Théret et al., 2019). 1832 1833 1834 1835 1836 1837 1838 1839 Qté 25 781 31 634 41 204 31 410 8 787 10 459 12 355 21 691 1840 cad. 1840 cor. 1841 1842 1843 1844 1845 1846 Qté 4 508 inclus 8 482 21 600 35 295 34 168 4 994 1 402 Alexandre Beaussier est le directeur de l’atelier de Lille jusqu’en août 1840. Il est remplacé par Charles-Louis Dierickx à partir du 19 octobre de la même année. Au millésime 1840 il peut donc y avoir les deux cas de figure avec un caducée ou une cornue. Jusqu’à présent seul le tirage total de la pièce de 20 Francs est mentionné dans les différents ouvrages qui collationnent l’information (Théret et al., 2019 ; Franc poche, 2023), en cohérence avec le registre de fabrication (X.Ms33). La fréquence avec laquelle ces monnaies apparaissent aujourd’hui n’est pas cohérente avec les chiffres de fabrication. L’analyse de la base « archives » de Cgb.fr, ainsi qu’une interrogation faite via ACSearch pour ce qui est passé en vente ces dernières années chez différents professionnels (MDC, Palombo ; Künker, Monnaies d’Antan, Gadoury, Elsen, Chaponnière, Ars, Heritage…), renseignent sur la présence de 36 exemplaires 20 F 1840 W caducée pour 5 exemplaires 20 F 1840 W cornue. Ces 41 exemplaires sont à mettre en rapport avec le triple constaté pour Paris, sachant que la production pour Paris est, à ce seul millésime, de plus de 2 millions de pièces quand pour Lille on est voisin de 4 500 pièces, soit dans un rapport de plus de 450 pour les productions quand on est dans un rapport 4 à 5 pour la fréquence d’apparition. Cette sur-représentation d’un millésime rare interroge : thésaurisation, conservation quand les parisiennes auraient été refondues ?… il n’y a pas d’explication à ce stade. En revanche, ce que l’on peut immédiatement noter est la réelle existence de la pièce frappée avec le différent de C.L. Dierickx. LES PRODUCTIONS DE 20 FRANCS OR EN 1840 À LILLE : LA FRAPPE TRÈS TARDIVE À LA CORNUE

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