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Bulletin Numismatique n°266 51 La Perside est une région située le long du golfe Persique qui fait tant parler de lui aujourd’hui dont la capitale était Persépolis, l’une des capitales de satrapie achéménide. Le Palais de Darius Ier fut incendié par Alexandre le Grand en 331 avant J.-C. Après avoir été partie intégrante du royaume Séleucide, la région fut absorbée dans le royaume Arascide (Parthe) mais devint très vite autonome, dès Antiochus III le Grand. Le monnayage des satrapes puis celui des souverains du royaume de Perside débutent au début du IIIe siècle avant J.-C., vers 280 avant J.-C., après la mort de Séleucus Ier Soter. Cette première période prend fin avec l’Anabase d’Antiochus III le Grand (223-187 avant J.-C.) au début de son règne, quand il reconquit les territoires orientaux. Une seconde période d’indépendance pour la Perside débute après la paix d’Apamée où les satrapes perses s’émancipent à la fois de la tutelle séleucide et de celle des Parthes. Le royaume conserve une autonomie, voire une indépendance jusqu’au IIe siècle après J.-C. ROYAUME DE PERSIDE – AUTOPHRADATÈS (IIIe siècle avant J.-C.) Bagadat (Baydäd) semble être le premier à avoir monnayé pour la Perside avec le titre de « frataraka » (gouverneur ou gardien du feu). Sur le monnayage, le zoroastrisme tient une place importante et se retrouve au revers des monnaies et sera ensuite repris par les Sassanides. À Bagadat, nous avons ensuite Artaxerxes I (Ardashir), Orbozos (Vahbarz) qui précèdent Autophradatès Ier (Vädfradäd) qui semblent occuper le IIIe siècle avant J.-C. Nous n’avons que peu d’informations sur Autophradatès lui-même. Autophradatès II lui succéda à la fin du IIIe siècle ou au début du IIe siècle avant J.-C., sous le contrôle séleucide. Tétradrachme, Perside, Persépolis, c. 250-200 avant J.-C. (Ar, 16,22 g, 30,50 mm, 7 h) étalon attique réduit, poids théorique : 16,00 g, 4 drachmes ou 24 oboles A/ Anépigraphe Buste d’Autophradatès (Darius ?) à droite, diadémé, avec la cybrasia. R/ Légende araméenne Autel du feu d’Ahura-Mazda ; à gauche le roi, tourné à droite, devant lui ; un arc tendu ; dans le champ à droite, un étendard. BMC 1 – GC 6191 (650£) - van’t Haaff, Persis, 540/542 - Alram 533 Coll. Sunrise 570-571 var. Monnaie sur un flan large, centré des deux côtés. Très beau revers, bien venu à la frappe. Joli portrait. Patine grise de collection Rare. SUP 1 500€/ 3 000€ Monnaie surfrappée sur un tetradrachme de Bagadat (cf. CNG, Triton XXVIII, lot n° 413) Au droit, Autophadatès, outre le diadème, est coiffé de la cybrasia qui est la coiffe traditionnelle perse, formée d’un bonnet de laine conique avec une extrémité pointue. Au revers, l’autel du feu est surmonté d’une représentation hiératique d’Ahura-Mazda, le dieu principal de la région dont Autophradatès est le gardien et se trouve représenté au revers de notre tétradrachme tourné vers lui, dans l’attitude de la proskynèse (rituel de révérence), la main droite tendue. Notre exemplaire présente une particularité avec un arc, placé devant l’autel face à l’autel. En dehors de l’ouvrage de Jacques de Morgan (1857-1924), Manuel de numismatique orientale, Paris, 1923-1924, ainsi que du Traité des Monnaies Grecques et Romaines, publié après sa mort en 1933, nous avons à notre disposition un ouvrage beaucoup plus récent, publié sous la direction de Bradley R. Neson, Numismatic Art of Persia, The Sunrise Collection. Parti I ; Ancient – 650 BC to AD 650, Lancaster, 2011. Dans cet ouvrage, une contribution de Wilhelm Müseler et Khodadad Rezakhani est réservée à la Perside (Persis), p. 261-290. Exemplaire provenant de la collection d’Adrien BLANCHET (1866-1957), avec étiquette d’Adrien BLANCHET. Marie BRILLANT & Laurent SCHMITT UN TÉTRADRACHME D’AUTOPHRADATÈS POUR PERSÉPOLIS

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