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Bulletin Numismatique n°266 49 A/ Anépigraphe Tête casquée d’Athéna à droite, coiffée du casque corinthien à aigrette, orné d’un serpent ; les cheveux tombant sur la nuque en mèches mêlées. R/ ΑΛEΞANΔPOY (d’Alexandre) Niké debout à gauche, les ailes déployées, tenant de la main droite une couronne et de la gauche la stylis ; dans le champ à gauche, un bucrane (les cornes orientées en bas et en haut). M. – MP – coll. Sunrise 152 (= Triton XVIII, 2015, n° 7) Exemplaire de qualité exceptionnelle sur un flan idéalement centré des deux côtés. Portrait d’Athéna de toute beauté ainsi qu’un revers fantastique, finement détaillé. Patine de collection. Très rare. FDC 15 000€/ 20 000€ Mêmes coins que l’exemplaire de la collection Sunrise, n°152, p. 92-93 qui était inédit lors de la publication et que ceux de la vente Tkalec du 29 février 2000, n° 39 et la vente Stacks, Bowers & Ponterio 164, n° 141. Semble être le deuxième exemplaire recensé. La série « Price 2539 » comprend des statères de Sardes sur lesquels figure un bucrane dans le champ gauche ; toutefois, tous les exemplaires publiés de cette série présentent des bucranes dont les deux cornes sont tournées vers le haut et affichent un style général différent de celui du présent exemplaire avec les deux cornes opposées, ce qui laisse supposer que chaque série a été frappée dans des ateliers différents. Il semble bien que l’atelier de Tarse ait été le premier à monnayer pour l’Empire après la prise de la cité en 333 avant J.-C. Pour l’or, le monnayage pourrait bien ne commencer qu’après la prise de Tyr en 332 avant J.-C. Le statère représentait la solde mensuelle d’un soldat macédonien. Un statère valait environ 30 drachmes attiques avec un ratio à 1:15. Au IVe siècle avant J.-C., un bouleute (député) athénien touchait 6 oboles par jour ou une drachme pour une journée de session à la Boulé (Assemblée). L’atelier de Sardes ancienne capitale satrapale d’Occident pourrait avoir été l’un des premiers ateliers à frapper monnaie au nom d’Alexandre. Sardes fut l’atelier stratégique avant 331 avant J.-C., la bataille d’Arbelès et la prise de Babylone qui déplaça le centre géographique de l’Empire à l’Est. Le bucrane, symbole placé généralement à gauche sur les statères d’or d’Alexandre, ne se rencontre que pour la Macédoine « Amphipolis (MP 184) et Sardes (MP 2539). Dans son ouvrage consacré aux monnaies des ateliers de Sardes et de Milet, Margaret Thompson, Alexander Dracm Mints I : Sardes and Miletus, ANS, NS 16, New York, 1983, p. 8, n° 33-37b, pl. II, l’ensemble des statères présentent un bucrane normal. Marie BRILLANT & Laurent SCHMITT En numismatique, chaque détail a son importance. Nous en avons encore une fois la preuve avec ce rarissime statère d’or d’Alexandre III le Grand, frappé du vivant du basileos macédonien. En effet le type normal avec un bucrane (tête bœuf décharnée), parfois décoré de guirlandes ou de rubans pour le sacrifice, présente classiquement deux cornes identiques. Sur l’exemplaire de la prochaine Live Auction du 22 septembre 2026 (bgr_1159601), dans le champ gauche de la pièce, le bucrane présente des cornes opposées, l’une normale et l’autre inversée. Tous les exemplaires recensés sont liés par les coins, au nombre actuellement de quatre, ce qui démontre bien que nous sommes en face d’une série exceptionnelle, de la plus grande rareté. Alors que les statères d’or au bucrane, attribués à l’atelier de Sardes, bien que rares, ne sont pas exceptionnels, les cornes font ici la différence et rappellent aux collectionneurs et numismates que nous sommes, que chaque détail compte, et que tout exemplaire doit être minutieusement et scrupuleusement inspecté. MACÉDOINE – ROYAUME DE MACÉDOINE – ALEXANDRE III LE GRAND (336-323 avant J.-C.) Monnayage au nom et au type d’Alexandre le Grand Alexandre III le Grand est le fils de Philippe II de Macédoine et d’Olympias. Il est né en 356 avant J.-C., au moment où les chevaux de Philippe triomphaient aux Jeux olympiques. À la mort de son père, qui périt assassiné en 336 avant J.-C., il devient roi de Macédoine à vingt ans. Il écrase de suite les Thébains et rase la ville qui s’était révoltée. En 334 avant J.-C., il passe en Asie et, après la victoire du Granique, part à la conquête de l’empire achéménide, ce qui le conduira jusqu’à Persépolis, puis aux portes de l’Inde. De retour à Babylone, en 325, il épouse Roxane qui lui donne un fils. Deux ans plus tard, il meurt sans avoir achevé son œuvre, âgé de trente-trois ans. Statère d’or, Atelier incertain (au bucrane), Lydie, Sardes ? 332-323 avant J.-C. (Or, 8,59 g, 18,50 mm, 12 h) étalon attique, poids théorique : 8,60 g ; 20 drachmes ou 5 tétradrachmes QUAND LE BUCRANE FAIT LA DIFFÉRENCE

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