Bulletin Numismatique n°266 40 Ce type d’aureus est donné dans les principaux ouvrages au début du règne personnel d’Antonin, après la mort d’Hadrien survenue le 10 juillet 138. Antonin, lors de son adoption, s’appelle Imperator Titus Aelius Caesar (Hadrianus) Antoninus auquel il ajoute Augustus après le 10 juillet. Il ne recevrait le titre de Pius (Pieux) qu’après le 19 septembre 138 et ne reçoit celui de Pater Patriæ (Pére de la Patrie) qu’à partir de janvier 139. Consul en 120 pour la première fois, il serait désigné dans les mêmes conditions pour un deuxième consulat après le décès d’Hadrien ou au plus tard en octobre de l’année 138 pour l’année suivante. Ce type a été placé au cours de la 3e émission de Rome en 138 pour Antonin Auguste, alors que les monnaies de la deuxième émission indiquent Antonin comme COS DES II (Consul designatus iterum). Nous n’avons aucune monnaie assignée à Antonin le Pieux César entre février et juillet 138, alors que de nombreuses monnaies avaient été frappées pour Aélius après sa nomination das les mêmes conditions. Nous pensons qu’il faut réattribuer une partie du monnayage d’Antonin le Pieux. Harold Mattingly (1884-1964) donnait l’ensemble de ces monnaies à la fin du règne d’Hadrien (BMC/RE III, p. 371). ANTONIN LE PIEUX (25 février 138 – 7 mars 161) Titus Aurelius Fulvus Boionius Arrius Antoninus César (25 février – 10 juillet 138) Après le décès d’Aélius le 1er janvier 138, Hadrien, malade, doit trouver un nouveau césar. Le climat du début de l’année 138 est bien rendu par M. Yourcenar dans les Mémoires d’Hadrien. Hadrien adopte Antonin, un parent éloigné de sa famille. D’autre part, Hadrien oblige Antonin à adopter conjointement Marc Aurèle, fils d’Annius Vérus et Lucius Vérus, fils d’Aélius. Hadrien, ayant réglé sa succession et écarté son beau-frère et le petit-fils de ce dernier, peut mourir tranquille le 10 juillet 138. Détesté par le Sénat, il se voit refuser l’apothéose. Il faudra la pugnacité d’Antonin pour le faire déifier. Aureus, Rome, 25 février-10 juillet 138, sous Hadrien (Or, 7,26 g, 19,50 mm, 6 h) taille 1/45 L., poids théorique : 7,22 g, 98 % d’or, 25 deniers ou 100 sesterces A/ IMP T AEL CAES – ANTONINVS « Imperator Titus Aelius Cæsar Antoninus », (L’empereur Titus Aelius césar Antonin). Buste drapé, tête nue d’Antonin à droite, vu de trois quarts en arrière (A°01). R/ TRIB. - POT COS./ -|-// CONCORD « Tribunicia Potestas Consul/ Concordia », (Revêtu de la puissance tribunitienne consul/ La Concorde). Concordia (la Concorde) drapée assise à gauche sur un siège à dossier, tenant une patère de la main droite et appuyée du coude gauche sur une statuette de Spes. CIII/ - RIC III/ - BMC/ RE IV/ - Hill UCR 18 - Calico 1488 – RCV - Très rare. SUP 5 000€/ 9 500€ Même coin de droit que l’exemplaire reproduit dans l’ouvrage de Calico, p. 232, n° 1485 (COS DES II). Semble de même coin de revers que l’exemplaire reproduit dans l’ouvrage de Calico, p. 232, n° 1485. Ce type d’aureus est de la plus grande rareté. Il n’est pas recensé dans les différents ouvrages. Il vient se placer au moment où Antonin était César, hypothèse confirmée par les liaisons de coins relevées dans l’ouvrage de Calico. Au revers nous avons deux variantes du type avec ou sans corne d’abondance sous le siège de Concordia (la Concorde). Sur l’ensemble des exemplaires, elle est appuyée sur une statuette de Spes (l’Espérance qui est partie intégrante du siège (trône). La corne d’abondance quant à elle est présente et pourrait renvoyer à Fortuna (la Fortune) ou à toute autre entité personnifiée, tenant la cornucopia comme Aequitas ou Annona. Mais faut-il rappeler que dans les symboles que tient la Concorde figure aussi cet ustensile, symbole de richesse et d’abondance. Sans la corne, Concordia peut aussi être assimilée à Pietas. Ce revers a toute son importance, en ce début de règne où Antonin doit batailler avec le Sénat afin de faire diviniser son père adoptif ! Marie BRILLANT & Laurent SCHMITT ANTONIN ENTRE CÉSAR ET AUGUSTE
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