Bulletin Numismatique n°266 34 Au premier abord, ce solidus semble tout à fait normal et comparable aux trop rares solidi de l’atelier d’Arles pour Julien II César. Si cette titulature est bien attestée pour le César, elle n’est jamais associée avec ce revers et comporte toujours une césure dans la légende de droit. Sur les solidi classiques, la titulature du droit comporte les tria nomina de Julien, son prænomen Julius, son origine familiale Claudia et son cognomen (surnom) Iulianus. Sur notre exemplaire, les lettres D N (Dominus Noster) ont été substituées à son prénom, plutôt regravées sur celui-ci. Cette particularité en renforce la rareté, rehaussée par sa provenance, celle de la collection d’Adrien Blanchet. JULIEN II LE PHILOSOPHE OU L’APOSTAT (6 novembre 355 -26 juin 363) César (6 novembre 355 – février 360 ou 3 novembre 361) Auguste (février 360 ou 3 novembre 361 – 26 juin 363) Flavius Claudius Julianus Julien II naît en 330 à Constantinople. Épargné lors du massacre de toute sa famille en 337, il est envoyé en exil avec son demi-frère Constance Galle. Quand ce dernier devient césar, il obtient une semi-liberté et termine son éducation en particulier à Athènes. Converti au christianisme de force, il reste profondément païen et est initié au culte d’Éleusis et à celui de Mithra. Après la mort de Constance Galle, il devient César le 6 novembre 355. Constance l’envoie en Gaule pour rétablir l’ordre, mais sans pouvoirs effectifs. Il s’émancipe de cette tutelle et remporte une grande victoire près de Strasbourg en 357. Il établit son quartier général à Lutèce. C’est là, en février 360, qu’il est proclamé auguste par ses troupes, premier empereur élevé sur un pavois. Après la mort de Constance II, en novembre 361, il resta seul maître de l’empire. Installé à Antioche au début de 363 où il écrivit le Misopogon (De ceux qui sont contre la barbe - car il portait la barbe des philosophes), il abjura le christianisme en essayant de créer un syncrétisme païen. Cette politique échoua et ne survécut pas à l’empereur qui trouva la mort le 26 juin 363, tué ou assassiné, alors qu’il avait entamé une brillante campagne contre les Sassanides Solidus, Arles, 360, vota soluta, après le 6 novembre 360 (Or, 4,46 g, 21 mm, 12 h), taille 1/72 L, poids théorique : 4,51 g, 98 % d’or, 24 argentei A/ D N CL IVLIANVS NOB CAES « Dominus Noster Claudius Iulianus Nobilissimus Cæsar » (Notre seigneur Claude Julien très noble césar). Buste drapé et cuirassé, tête nue de Julien II à droite, vu de trois quarts en avant (A°). R/ GLORIA – REI. - PVBLICAE/ VO/TIS/ V *//. KONS(TAN) « Gloria Reipublicæ/ Votis quinquennalibus », (La gloire du bien public/ Vœux pour le cinquième anniversaire de règne). Rome et Constantinople assises de face sur une banquette, tenant ensemble un bouclier ; Rome est assise de face et tient un trophée de la main gauche qui repose sur son épaule ; Constantinople est assise à droite, tournée à gauche, le pied droit posé sur une proue de navire. C VIII/ 23 var. - RIC VIII/ 239 var. – Depeyrot Moneta 5/ 7.2 (5 ex.) var.– Ferrando AMA 1351 var. (5 ex.) var. – RCV 5/ 19025 var. (3500$) Pierre Bastien, Monnaie et Donativa au Bas-Empire, NR XVII, Wetteren, 1988, p. 91 d, note 5 et 8 Monnaie idéalement centrée des deux côtés. Revers de toute beauté, finement détaillé. Petite griffure sur la tête de Julien II. Patine de collection. Inédit. Très rare. SUP/ SPL 5 500€/ 9 500€ Légende inédite au droit, avec les lettres D N (Dominus Noster) regravées sur les lettres FL (Flavius). Légende partiellement ponctuée au revers après REI. Semble complètement inédit et non recensé. De la plus grande rareté. Manque à tous les ouvrages consultés. LES VOTA SOLUTA DE JULIEN CÉSAR EN ARLES : UN SOLIDUS INÉDIT ET UN HAPAX NUMISMATIQUE !
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