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Bulletin Numismatique n°266 30 Nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer Léonce dans les colonnes du Bulletin Numismatique (BN 239, p. 20) pour un rare tremissis. Cette foi-ci, c’est un solidus de la deuxième officine qui a retenu notre attention et qui sera proposé dans la prochaine Live Auction du 22 septembre 2026. Pourquoi avons-nous utilisé ce titre ? Quand Léonce fut déposé en 698, comme son prédécesseur, Justinien II et son successeur, Tibère III, il est mutilé. On lui coupe le nez (rhinocopie), ce qui constitue un châtiment à la fois politique et judiciaire et lui interdit de régner car la perfection du corps est exigée pour être le basileos, et devait refléter l’image parfaite de Dieu sur terre. Justinien II, déposé en 695, reprend le pouvoir dix ans plus tard bien qu’ayant subi cette mutilation. Il est d’ailleurs surnommé Rhinotmète (nez coupé). Afin de dissimiler son handicap, il portait une prothèse nasale en or. Léonce est en fait reconnu sous le nom officiel de Léon qui figure sur ses monnaies. Prisonnier d’un monastère à sa chute fin 698, il y reste jusqu’à la chute de Tibère III en 705. Il en est exfiltré en début d’année suivante avant d’être exécuté publiquement à Constantinople le 15 février 706, après avoir été tourmenté, accompagné dans la mort par Tibère III. Au droit, l’empereur porte le lôros qui est une pièce du vêtement impérial, sorte de grande écharpe croisée, longue de six à huit mètres, brodée et ornée de pierreries. Il tient de la main droite l’akakia, cylindre de soie pourpre contenant de la poussière, rappelant la nature mortelle de l’être humain. De la main gauche, il porte le globe crucigère (globe sommé d’une croix), symbole du pouvoir à la fois temporel et religieux. La croix potencée du revers posée sur trois degrés rappelle le fait qu’Héraclius avait reconquis sur les Sassanides Jérusalem le 21 mars 630 et récupéré les restes de la vraie croix. Ce symbole de la dynastie Héracliide est un moyen pour Léonce de se rattacher à cette dernière alors qu’il vient de déposer son dernier représentant en la personne de Justinien II. Sur l’or, ce type de revers reste utilisé jusqu’au début du règne de Léon III (717-741). LÉONCE (fin 695 – fin 698) Le général Léonce, stratège du nome Hellas, se révolta contre la tyrannie de Justinien II en 695. L’empereur eut la langue et le nez coupés et fut envoyé en exil à Cherson. Profitant de la crise politique, les Arabes reprirent leur conquête victorieuse de l’Afrique du Nord et s’emparèrent de Carthage en 698. Le régime de Léonce ne survécut pas à cette crise. Il fut renversé par Aspimar qui prit le nom de Tibère III. Léonce fut exilé après avoir été lui aussi mutilé. En 705, quand Justinien II reprit le pouvoir, après les avoir torturés et exposés au public, Léonce et Tibère III furent tous les deux exécutés. Solidus, Constantinople, 695-698, 2e officine A/ D LEO-N PE AG « Dominus Leontius Perpetuus Augustus », (Seigneur Léon perpétuel auguste). Buste diadémé, couronnée de face, vêtu du lôros, tenant l’akakia de la main droite et le globe crucigère de la main gauche. R/ VICTORIA – AVGYB « Victoria Augusti », (Victoire de l’auguste). Croix potencée posée sur trois degrés. BMC/B – Ratto – Do 1b – BN/B 2 – BC 1330 (900£) - MIB 1 – DMBR 15/1 (2000€) Exemplaire de qualité exceptionnelle sur un flan court, centré. Buste de toute beauté, finement détaillé. Joli revers. Patine de collection. Très rare. SPL 3 000€/ 5 000€ Pour l’atelier de Constantinople, les solidi sont recensés pour les dix officines, dont deux variantes pour la septième (Z), normal ou inversé. Il existe deux variantes, beaucoup plus rares avec l’adjonction d’une lettre après la marque numérale de l’officine (BC 1331 et 1331A = MIB 2 et 3). Pour la 2e officine, seul le type normal est référencé. Exemplaire sous coque NGC Ch MS (Strike 4/5, Surface 5/5). Marie BRILLANT & Laurent SCHMITT SOLIDUS DE LÉONCE : NE COUPEZ PAS !

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