cgb.fr

Bulletin Numismatique n°266 24 Ce type, bien particulier de statère en or, dont l’attribution géographique est la Bourgogne et Beaune, plus connue pour ses Hospices que ses statères, se rencontre dans le trésor de Tayac (Gironde, 33). Mais que ces statères sont-ils allés faire dans cette galère ? Ce trésor depuis son invention au XIXe siècle, en 1893, a fait couler beaucoup d’encre et suscité de nombreuses hypothèses quant à sa composition et son enfouissement. Cependant, la publication de Jacques Gorphe en 2009 qui a passé une grande partie de son existence à essayer de reconstituer ce trésor et dont l’ouvrage est devenu une référence, a été l’initiative conjointe des éditions Commios et les Chevau-légers (Cgb.fr), et a permis de reconstituer en grande partie la composition et l’histoire de ce dépôt. ÉDUENS (BIBRACTE, région du Mont-Beuvray) Les Éduens (Aedui), terme qui pourrait se traduire par les « Ardents », étaient certainement, après les Arvernes, le peuple le plus important de la Gaule. Leur territoire s’étendait entre Seine, Loire et Saône sur les départements actuels de la Saône-et-Loire, la Nièvre, une partie de la Côte-d’Or et de l’Allier. Ils occupaient une position stratégique sur la ligne de séparation des eaux entre la Méditerranée, l’Atlantique et la Manche. Les Éduens, perpétuels rivaux des Arvernes, les avaient remplacés après la fin de l’empire arverne et la défaite de 121 avant J.-C. Alliés fidèles des Romains dès le début de la deuxième guerre Punique, lors du passage d’Hannibal en Gaule en 218 avant J.-C., c’est grâce à leur alliance que Domitius Ahenobarbus aurait pu justifier son intervention contre les Allobroges en 121 avant J.-C. Ils ne furent pas étrangers à l’intervention romaine en Gaule et au déclenchement de la Guerre. En 58 avant J.-C., les Éduens firent appel à César pour les protéger contre l’invasion suève d’Arioviste qui menaçait leur territoire puis de nouveau pour contenir la poussée helvète. Si le vergobret Liscus, magistrat principal des Éduens, resta fidèle à l’alliance romaine, une partie de l’oligarchie éduenne rallia le camp gaulois avec Dumnorix et Divitiacos. Les Éduens restèrent fidèles à l’alliance romaine pendant la Guerre bien que César ait estimé à trente cinq mille hommes les Éduens qui participèrent à la coalition gauloise. César ne leur en tint pas rigueur et ils reçurent directement la citoyenneté parce qu’ils étaient considérés comme « frères consanguins des Romains ». Leur oppidum était Bibracte (le Mont-Beuvray), mais ils l’abandonnèrent en 15 avant J.-C. pour aller fonder Augustodunum (Autun). César (BG. I, 10, 33 ; VII, 32, 33) ; Strabon (G. IV, 3). Kruta : 21, 46, 69-70, 187, 251, 348-349, 351, 359, 362, 364-365. Statère du type de Beaune, Éduens, Aedui (région du MontBeuvray, 71), Ier siècle avant J.-C., classe III, variété 3 (Kellner 3a) (Or, 7,31 g, 18 mm, 1 h) A/ Anépigraphe Tête à droite ornée d’une couronne de lauriers partant du front et rejoignant la nuque. R/ Anépigraphe Bige à droite conduit par un aurige stylisé en bord de flan, un triskèle sous les chevaux. LT – DT 3042 (quart, cf. série 815 – Zürich 201-201 (= Vinchon 23 avril 1959, n° 663 et Monnaies en Médailles 23 janvier 1953, n° 24) – Sch/ D – Sch/ L - John Sills, Gaulish and Early British Gold Coinage, London, 2003, p. 197-199, n° 392, pl. 13 (Tayac, Triskeles Type, Beaune Type) et 472-473 Jacques Gorphe, Le Trésor de Tayac, Paris, 2009, Chapitre XI, la série F au triskèle, p. 86-98, série F5, n° 251 p. 97 Beau statère avec les deux côtés dans des états exceptionnels pour le type. Patine de collection. Très rare. TTB/ TTB+ 4 500€/ 7 500€ Notre exemplaire est caractéristique avec un nez à angle droit, globulé à ses extrémités . Notre exemplaire est proche du statère DT 3041. Semble de même coin de droit que l’exemplaire n° 251 du trésor de Tayac (= Hess 252, Lucerne, mai 1982, n° 2, 7,29g, photo n&b rendant l’identification incertaine). La série 815 du Nouvel Atlas, sous la classe III « Type de Beaune », illustre trois statères (aussi appelés type de Tayac en référence au trésor qui en contenait) et un quart. Mais le quart ne correspond pas exactement à la réduction modulaire des statères ! Les statères ayant un bige ont souvent des divisions avec un seul cheval, pour une raison de place, mais le traitement est le même. Pour cette série dite de Beaune, les statères sont très classiques alors que le quart est vraiment stylisé ! La principale différence est stylistique mais aussi typologique, avec les lauriers qui partent vers l’arrière au niveau du cou sur les statères du type classique. Le statère proposé ici, comme le quart de statère bien connu, propose quant à lui des lauriers en forme de croissant qui encadrent le visage en suivant le contour de la joue. Si ce type manque au Nouvel Atlas (qui reprend pourtant trois statères dans la série du type de Beaune) il est repris par J. Sills dans son ouvrage en illustrant l’exemplaire n° 202 du musée de Zurich. Malheureusement, J. Sills semble reprendre le classement de Kellner et fait l’amalgame sous sa classe 3b associée au quart de même classe, alors qu’un seul (n° 393) des quatre exemplaires (n° 390-393) qu’il regroupe n’y correspond. À l’inverse, K. Castelin, classe fort justement les statères du musée de Zurich n° 190 à 198 associés aux quarts n° 199 et 200, d’un style classique. Dans un second temps, il associe les deux statères comparables au nôtre, n° 201 et 202 (visiblement les deux seuls LES ÉDUENS À BEAUNE

RkJQdWJsaXNoZXIy MzEzOTE=