Bulletin Numismatique n°265 44 Date limite de l’appel : 15 septembre 2026. Date de l’événement : 04 novembre 2026. Lieu : Université Paris-Est Créteil (UPEC). À l’heure où l’histoire des femmes renouvelle profondément les approches de l’histoire, de l’histoire de l’art, des collections et des pratiques savantes, cette journée d’étude souhaite interroger la place des femmes dans le monde de la médaille et de la numismatique en Europe, des Lumières à la Grande-Guerre. Longtemps envisagé comme un domaine essentiellement masculin1 – celui des érudits, antiquaires, collectionneurs et conservateurs – l’univers médaillistique apparaît pourtant traversé par des présences féminines multiples qu’il convient aujourd’hui de mettre en lumière. Collectionneuses de monnaies et de médailles telles que Catherine II de Russie (1729-1796) ou la duchesse de Berry (1798-1870), héritières et détentrices de cabinets numismatiques, épouses, correspondantes ou collaboratrices de collectionneurs et de savants à l’image de Marthe-Marguerite de Caylus (1671-1729) ou de Sophie de Condorcet (17641822), les femmes participent pleinement à la constitution, à la transmission et à la diffusion des savoirs numismatiques. Certaines jouent un rôle actif dans les réseaux de sociabilité érudite qui se développent aux XVIIIe et XIXe siècles ; 1 Thierry Sarmant, La République des médailles. Numismates et collections numismatiques à Paris du Grand Siècle au siècle des Lumières, Paris, Champion, 2003. d’autres, comme Elvira Eliza Clain-Stefanelli (1914-2001), prennent la tête d’institutions patrimoniales, de bibliothèques ou de cabinets de médailles, contribuant à la conservation et à la valorisation de ces collections. À travers leurs pratiques, leurs écrits, leurs correspondances ou leurs engagements institutionnels, elles participent à une histoire culturelle encore largement à étudier. Certaines participent directement à la création de monnaies et de médailles comme graveuses, sculptrices ou médailleuses. Malgré les obstacles institutionnels et académiques qui limitaient leur accès aux arts du métal et de la gravure, plusieurs artistes femmes parvinrent à s’imposer dans le champ médaillistique entre le XVIIIe et le début du XXe siècle, à l’image de Élisa Beetz-Charpentier (1859-1949) ou de Geneviève Granger (1877-1967). Portraits officiels, médailles commémoratives et récompenses institutionnelles témoignent ainsi de leur contribution à la culture visuelle et politique de leur temps, tout en invitant à repenser la place des femmes dans l’histoire de la médaille et des arts décoratifs. La médaille constitue également un support privilégié de représentation du féminin. Figures allégoriques, souveraines, mécènes, héroïnes nationales, saintes, épouses ou mères exemplaires peuplent les productions médaillistiques des XVIIIe et XIXe siècles. Marie, Jeanne d’Arc, Marie-Antoinette, la reine Victoria ou encore Charlotte Corday incarnent ainsi des usages politiques, mémoriels et symboliques du féminin à travers l’objet médaille. À travers ces effigies se desAPPEL À COMMUNICATION LES DAMES DE FER, DES LUMIÈRES À LA GRANDE-GUERRE EN EUROPE (1715-1918) Anonyme, Médaille pour la mort de Marie-Antoinette, 1793, cuivre, 33, 5 mm www.cgb.fr / CGB Numismatique Paris
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