Bulletin Numismatique n°265 31 En 2023, le BN a publié un de mes articles qui avait comme sujet les pièces de 10 centimes de Napoléon III à la tête laurée. Je n’avais aucune intention de collectionner ce domaine, mais voilà, avec le temps, la passion évolue et l’intérêt est porté sur une autre série. Mon domaine de collection principal est centré sur les monnaies de 5 et 2 francs de Napoléon Ier ; uniquement des pièces de qualité et au minimum MS62. Actuellement je ne pense pas que j’arrive à 30 pièces et majoritairement de l’atelier de Paris. Bien évidemment je continue la recherche des quelques exemplaires qui me font défaut, mais qui, je le reconnais, ne sont pas faciles à trouver car très rares ! J’ai toujours trouvé que les monnaies frappées sous Napoléon III et en particulier celles à la tête laurée étaient vraiment magnifiques. En vue des prix atteints par les pièces de 5 francs et 2 francs, je n’avais pas le budget nécessaire pour m’intéresser à ces valeurs faciales. J’avais éventuellement la possibilité de collectionner les pièces de un franc, 50 ou 20 centimes en argent ou les pièces en bronze de 10 centimes qui, d’une part, offrent l’avantage d’être de plus grande taille et, d’autre part, d’avoir un motif au revers bien plus esthétique. Il y a cependant toujours un élément déclencheur et lors d’un passage chez CGB en 2023, je suis tombé sur une 5 centimes 1862 MS65 en RB avec une patine de toute beauté ; je n’ai pas pu résister ! Par la suite, j’ai plus ou moins mis de côté cette série, tout en continuant à rechercher ce que je pouvais trouver dans la qualité que je convoitais. Maintenant, pourquoi avoir choisi le type à la tête laurée et pas celui à la tête nue ; la réponse est pécuniaire. Dans la première série à la tête nue, il y a 46 valeurs différentes en tenant compte de l’année, de l’atelier, ainsi que des variétés, alors que dans la seconde il y en a 14. Il sera par conséquent bien plus simple d’arriver à compléter entièrement ou partiellement un domaine avec 14 monnaies différentes qu’avec 46 et cela coûtera nettement moins. Lors de la vente Live de CGB de décembre 2025, il y avait un essai de 1861 de l’atelier de Paris, cet essai correspondait dans le Mazard à la référence MAZ-1701. Cette monnaie était gradée SP64RB (rouge-brun) par PCGS et si l’on consulte les archives de PCGS, la société a gradé en tout pour cette référence un exemplaire en MS64RB et un en MS65RB. N’ayant reçu aucune offre, j’ai acquis cette monnaie pour 2 600€, ce qui ne m’a pas semblé excessivement cher pour un essai aussi rare, dans une très belle qualité, et je dois rajouter que cette pièce est en réalité encore plus belle que sur les photos. RÉFLEXIONS SUR LES FRAPPES DE 10 CENTIMES DE 1852 À 1939. Au préalable, il est intéressant de regarder un minimum le contexte économique de l’époque. Le salaire horaire agricole vers 1860 était de 0,17 franc et pour un artisan, celui-ci montait aux alentours de 0,25 franc. Un demi-kilo de pain coûtait 0,17 franc, quant à un poulet, le prix était de 0,85 franc. Vers 1914, le salaire est approximativement multiplié par 3, un ouvrier gagne 0,50 franc de l’heure. En 1930, le salaire d’un ouvrier est de l’ordre de 3 francs de l’heure. Les pièces de un et deux centimes avaient jusqu’en 1914 toutes leur raison d’être et bien plus tard l’utilité des pièces de 5 et 10 centimes était évidente. La population française vers 1860 dépassait de peu les 37 millions d’habitants et en 1914 elle était de l’ordre de 39 millions. Il est intéressant de signaler que la frappe de 10 centimes reprend sous Napoléon III en 1853, bien longtemps après celle de 1815. Je présente ci-dessous les différentes frappes des monnaies de 10 centimes entre 1852 et 1938 : Année de frappe Type Quantité frappée Matériel 1852-1857 (6) Napoleon III tête nue 259 millions Bronze 1861 -1865 (5) Napoleon III tête laurée 52 millions Bronze 1870-1898 (29) Cérès 50 millions Bronze 1898 – 1921 (24) Daniel-Dupuis 122 millions Bronze 1914-1938 (25) Lindauer grand module 701 millions Nickel Note : le chiffre entre parenthèses après l’année correspond au nombre d’années pendant lesquelles le type a été frappé. On observe immédiatement que les frappes les plus faibles correspondent à celles de Napoléon III à la tête laurée et à celle de Cérès ; cependant, alors que pour le type Napoléon III à la tête laurée les pièces ont été frappées pendant 5 ans, pour le type Cérès la frappe s’est effectuée sur 29 ans. MA COLLECTION DE MONNAIES DE 10 CENTIMES DE NAPOLÉON III À LA TÊTE LAURÉE
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