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Bulletin Numismatique n°265 26 Dans la Live Auction du 22 septembre 2026, nous avons ce triens (tremissis) ou tiers de sou d’or qui provient de la collection d’Adrien Blanchet (18661957). Il présente la double caractéristique d’avoir été frappé au nom de l’empereur byzantin, Justin Ier (518-527) et d’avoir au revers, un monogramme qui le fait attribuer aux Burgondes, peuple germanique qui s’est installé autour du lac Léman (Sabaudie) à partir de 437, date de fondation du deuxième royaume Burgonde. Les Burgondes avaient franchi le Rhin en 406 et fondé un royaume autour de Worms (411437). Fédérés, ils aident les Romains (Aétius) contre leurs ennemis, en particulier les Huns d’Attila. D’abord fixé autour de Genève, le royaume prend de l’importance après la déposition de Romulus Augustule en septembre 476. Après l’assassinat d’Aétius, ils rompent le traité et à partir de 457, s’emparent de vastes territoires le long des vallées de la Saône et du Rhône. Ils s’emparent de Lyon vers 461 et en font la capitale de leur Royaume. La fin du Ve siècle marque l’apogée territoriale de leur expansion jusqu’à la mer Méditerranée entre le Massif Central et les Alpes. Romanisés, les Burgondes, de confession arienne luttent en particulier contre les Wisigoths, alliés aux Francs. Si l’apogée du royaume se situe sous Gondebaud (473-516) et son successeur Sigismond (516-524), le royaume connaît une guerre civile qui provoque sa désintégration et son absorption par les Francs en 534, mais donne naissance à la région, devenue depuis la Bourgogne. BURGONDES – ROYAUME BURGONDE – GONDEMAR II ou III (524-532) Gondemar (Gondemarius) est le fils cadet de Gondebaud, il est le dernier roi des Burgondes. Successeur de son frère Sigismond, il vainc les fils de Clovis à Vézeronce (524) et peut sauvegarder un temps son royaume avec l’appui de Théodoric puis d’Amalasonte, rois des Wisigoths, mais il ne peut résister à une seconde offensive : il est vaincu et tué à Autun (534) par Childebert Ier et Clotaire Ier. Triens, au nom de Justin Ier (518-527) et au monogramme de Gondemar II, Lyon, c. 524-527, 2e officine (Or, 1,44 g 13,50 mm, 6 h) taille 1/216 L., poids théorique : 1,51 g, 1,34 scrupules, 92 % d’or (MEC 341) A/ DN IVSTINVS P P AVG « Dominus Noster Iustinus Pius Perpetuus Augustus », (Notre seigneur Justin pieux perpétuel auguste). Buste diadémé, drapé et cuirassé à droite. R/ VICTORI-A A-VCCC/ *|(MAR)// [C]ONOB « Victoria Augustorum », (la Victoire des augustes). Victoire debout à droite, tenant une couronne de sa main droite ; à gauche une étoile, à droite le monogramme MAR. Prou – Belfort IV/ cf. 5215 - MEC I/ cf. 341 Jean Lafaurie, Monnaies mérovingiennes du musée des Beaux-Arts de Lyon, Bulletin des musées et monuments lyonnais, supplément 1-2, Lyon, 1996, p. 12, n° 31, pl. I Ce triens est frappé sur un flan assez large et irrégulier. De petites rayures à 12 heures au revers. Très rare. TTB/ TB+ 1 500€/ 3 000€ Monnaie attribuée à Gondemar II en raison du monogramme MAR placé à droite de la victoire du revers. Pour le règne de Gondemar II (524-534), nous avons deux périodes bien différentes pour son monnayage, marqué par le changement du basileos byzantin. À Justin Ier (518-527) succède le très long règne de Justinien Ier (527-565). Ce changement se traduit par une césure autour de 527 avec le changement de la titulature impériale au droit, tandis qu’aucun changement n’est perceptible au revers. Notre triens, est frappé au début du règne de Gondemar II entre 524 et 527 avec la titulature de Justin Ier et pas de Justin II comme indiqué dans les ouvrage anciens. Ce type au nom de Justin Ier semble plus rare que ceux aux noms de Justinien Ier. J. Lafaurie dans son ouvrage consacré aux monnaies mérovingiennes du musée des Beaux-Arts de Lyon distingue deux officines : prima et secunda qui se différencient par une lettre (G), placée derrière le buste pour la première officine et le monogramme (MAR) placé au revers dans le champ à droite, comme sur notre exemplaire. Philip Grierson et Mark Blackburn signalaient dans le Medieval European Coinage, (MEC I) : The Early Middle Ages (5th – 10th Centuries), Cambridge, 1986, p. 460, n° 341, pl. 17, que l’exemplaire du Fitzwilliam Museum provient de la vente Spink du19 mars 1945, provenant de la collection de Lord Grantley, n° 2793 et précédemment du marchand parisien, Rollin. Monnaie provenant de la collection d’Adrien Blanchet (1866-1957). Avec cet exemplaire au « pédigrée » remarquable vous avez l’occasion rare d’acquérir une pièce d’exception de par son origine et son cheminement jusqu’à nous ! Ophélie LE DEZ, Arnaud CLAIRAND & Laurent SCHMITT TRIENS BURGONDE OU BYZANTIN ET POURQUOI PAS LES DEUX !

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