Bulletin Numismatique n°265 22 Dans l’imaginaire numismatique, les grandes pièces, attirent toujours l’attention. Nous avons tous en mémoire l’Eucratidion d’Eucratide Ier de Bactriane, la pièce d’or antique la plus lourde avec une masse de 168 g d’or, acheté par Napoléon III 30.000 Francs or et offert au Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale sous le nez du British Museum qui pensait qu’il pouvait être faux. Les décadrachmes de Kimon ou d’Évainète ou le Demareteion pour Syracuse ornent souvent nos livres d’histoire et sont une invitation au voyage. Tandis que le décadrachme d’Athènes censé avoir été frappé pour commémorer la victoire de Salamine sur les Perses en 480 avant J.-C., est, en réalité frappé plus tardivement, reste cependant un modèle pour tout numismate et un « graal » pratiquement hors de portée de la majorité des collectionneurs de monnaies grecques. Il existe plusieurs autres cas et nous voudrions attirer votre attention sur l’un d’entre eux, en l’occurrence, le monnayage des premiers rois macédoniens avec un octodrachme d’Alexandre Ier, contemporain des guerres médiques MACÉDOINE - ROYAUME DE MACÉDOINE - ALEXANDRE Ier (495-454 avant J.-C.) Alexandre Ier faisait remonter sa filiation à Caranos, l’un des Héraclides. C’est ce roi mythique qui aurait fondé Aigia (Ægæ). Alexandre est le fils d’Amyntas Ier qui régnait à la fin du VIe siècle avant notre ère. Alexandre Ier, considéré comme philhellène, fut un allié et tributaire des Perses. Après la défaite de Salamine, Mardonius, satrape de Xerxès, le chargea de négocier la paix avec les Grecs. Sa médiation à Athènes échoua. Favorable aux Grecs, Alexandre les avisa des projets de Mardonius à la veille de la bataille de Platées (479 avant J.-C.). Il est le premier roi macédonien qui plaça son nom sur les monnaies après cette bataille et profita de la confusion née de la défaite perse pour étendre son royaume. Il déplaça la capitale à Pydna. Son fils, Perdiccas II (454-413 AC.) lui succéda. Octodrachme, Macédoine, Aigai, c. 492-480/479 avant J.- C. (Ar, 28,86 g, 29,50 mm, 12) étalon thraco-macédonien, poids théorique : 29,50 g, 8 drachmes A/ Anépigraphe Cavalier macédonien à pied accompagnant son cheval à droite, coiffé de la kausia et de la chlamyde, tenant de la main droite deux javelines transversales. R/ Anépigraphe Carré creux quadripartite. Kent-Hirmer 385 - Kraay, ACGC pl. 27, 493 (Bisaltae) - coll. Lockett 1266 - Boston MFA 617 – coll. Rosen 117 - ANS 8.2/ 1 – HGCS 3. 1/ 753 J. N. Vlasto, L’Hellénisme primitif de la Macédoine, prouvé par la numismatique et l’or du Pangée, JIAN, vol XIX, (19181919), Paris-Athènes, 1919, XV + 265 p., 1 tableau métrologique,1 carte, XIX pl., p. 108, n° 16 (6 ex.) pl. XII/ 2-3 Doris Raymond, Macedonian Regal Coinage to 413 BC, ANS, NNM 126, New Yourk 1953, XI + 170 p., XV pl., p. 56 (6 ex.), pl. XII. 2 Monnaie sur un flan large, centré des deux côtés. Très belle représentation du droit, bien venue à la frappe. Patine grise. Très rare. SUP 20 000€/ 30 000€ C’est la première fois que nous présentons ce type à la vente ! Semble de même coin de droit que celui du British Museum (Svoronos, HMN, p. 108, pl XII, 2). Mêmes coins que l’exemplaire NAC 133, 2022, n° 36 = Tkalec 9 May 2011, n° 17. Ce type est de la plus grande rareté. Doris Raymond NNM 126) en recense sept exemplaires en suivant Svoronos (HMN) : 1) Berlin AMNG III² II, p. 164, 1, pl. VI, 37 (27,10 g), NNM 126, p. 56 = HMN, p 108f pl. XII, 1 OCTODRACHME DE MACÉDOINE : C’EST DU LOURD !
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