Bulletin Numismatique n°265 16 Ce type de revers fait jour à la fin de la République avec Octave, avant la bataille d’Actium (RCV 1/ 1547), puis sous les Flaviens avec Titus (RCV I/ 2489) et sa fille, Julia Titi (RCV I/ 2611), sans oublier Domitia, l’épouse de Domitien sur les cistophores d’Éphèse (RCV 1/ 2903). Avec Julia Domna, ce type fait sa réapparition. Mais si au départ, Vénus tenait un casque et une javeline, progressivement, le casque est remplacé par la pomme et la lance par la palme. Bien que ce type ne soit pas référencé par Hill, The Monument of Ancient Rome as Coin Types, Seaby, London, 1989, ce dernier l’interdit pas d’imaginer que ce type était au départ une statue qui aurait pu prendre place dans l’un des nombreux temples consacrés à la déesse de l’Amour (cf. p. 15). Pompée lui avait consacré un temple sur le Champ de Mars dès 55 avant J.-C. De la même manière, Jules César se prétendait le descendant de la déesse par sa filiation avec Énée, fils de la déesse et de son père, le mortel Anchise. Après la bataille de Pharsale en 48 avant J.-C., où il a vaincu son compétiteur malheureux, Pompée, Jules César dédicace en 46 avant J.-C. un temple à la Vénus « Genetrix ». Le fait, que sur l’aureus de Julia Domna, la déesse soit représentée, tenant une pomme et une palme rappelle le mythe qui est à l’origine de la guerre de Troie. En effet les trois principales déesses, Héra (Junon), Athéna et Aphrodite (Vénus) étaient en compétition dans l’Olympe afin de savoir qui était la plus belle. Il fut décidé que c’est Paris, le fils de Priam, le frère d’Hector et d’Énée qui devrait les départager. Paris, porta son choix sur Aphrodite (Vénus) qui lui promit en retour l’amour d’Hélène. Le prix de cette victoire était une pomme d’or. Le revers prend ainsi toute sa signification. Outre l’identification de l’Augusta avec Vénus, celle-ci rappelle son lien avec son époux Septime Sévère. En effet après son veuvage de sa première épouse, l’empereur qui était superstitieux, se remaria avec la princesse syrienne car on lui avait prédit un destin exceptionnel si il épousait Julia Domna. Ce revers fait son apparition au moment où Julia Domna reçoit le titre d’Augusta, plutôt qu’au début du règne en 193 (juin, KT, p. 152). Le fait que la légende au revers soit au datif (dédié à la Vénus Victorieuse) n’est pas anodin. C’est peut-être aussi un clin d’œil aux premières victoires de son époux sur Pescennius Niger qu’il affronte alors en Asie Mineure. JULIA DOMNA (+ 217) femme de Septime Sévère, mère de Caracalla et de Géta, sœur de Julia Maésa, tante de Julia Soémias et de Julia Mamée, grande-tante d’Élagabal et de Sévère Alexandre Julia Domna AUGUSTA (194-217) Julia Domna est originaire d’Émèse en Syrie et fille du grand prêtre du Baal d’Émèse. Septime Sévère l’épouse vers 180. Elle lui donne deux fils, Caracalla, né à Lyon en 188, et Géta, né en 189. Elle est proclamée Augusta en 194, accompagne l’Empereur dans ses déplacements et reçoit donc le titre de « Mère des camps ». Pendant l’expédition de Bretagne, elle est régente à Rome. Après la mort de Septime Sévère, elle reçoit de nouveaux honneurs, Mère du Sénat et Mère de la Patrie, ainsi que les titres de Pia Felix (pieuse et heureuse). En 212, Géta est assassiné par son frère dans les bras de Domna. Pendant les expéditions germaniques et parthiques de Caracalla, Domna reste à Rome. Après la mort de son fils, elle est exilée par Macrin et meurt peu après. Aureus, Rome, 194, 4e émission (Or, 7,35 g, 20,50 mm, 12 h) taille 1/45 L., 6,5 scrupules, poids théorique : 7,22 g, 98 % d’or, 25 deniers ou 100 sesterces A/ IVLIA DOMNA AVG « Julia Domna Augusta », (Julia Domna Augusta). Buste drapé de Julia Domna à droite, la chevelure en tresses ramenées derrière la tête (L). JULIA DOMNA ET VÉNUS
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