Bulletin Numismatique n°263 57 Vendre sa collection est toujours un déchirement, tant de passion, tant de moments, de souvenirs, tant d’argent, parfois. Lorsque l’heure est venue de s’en séparer, ces quelques classeurs patiemment constitués peuvent malheureusement devenir source d’inquiétude, de soucis. QUAND VENDRE ? Seuls deux choix sont possibles : de son vivant en pleine conscience, ou pas. Bien entendu, il est toujours plus raisonnable de vendre soimême, même si ce choix n’est pas toujours possible. Vendre de son vivant, c’est revivre toutes les découvertes, les rencontres, les achats -bons ou mauvais- une émouvante immersion dans ses souvenirs. C’est aussi pouvoir échanger avec son interlocuteur, en connaissance de cause, avoir une oreille attentive et bienveillante. C’est enfin un droit de regard, celui d’éviter les lots absurdes, les informations oubliées, les détails non signalés. C’est la suite logique à la constitution d’une collection, parfois même son aboutissement. Trop souvent je vois des amateurs dont la collection se retrouve bradée, mal présentée, mal vendue. Pas de prix de départ correct, pas d’estimation réfléchie, pas de description nécessaire, et cette collection si patiemment constituée se retrouve démembrée, vidée de son sens. Si le collectionneur peut se battre, négocier, expliquer, discuter ; l’héritier, quant à lui, n’a pas toujours la compétence, la force, le courage de résister aux appétits d’intermédiaires incompétents ou peu scrupuleux. Préparer la vente de son vivant est la meilleure solution : établir une liste détaillée, se faire aider d’un professionnel si besoin, revoir les états de conservation, autant de savoirs à préserver et de problèmes à éviter aux héritiers. COMMENT VENDRE ? Si la collection a une certaine valeur, la solution idéale est la vente-sur-offres, la plupart des professionnels proposent désormais cette option. Lorsqu’elle est réalisée avec attention c’est généralement la meilleure méthode. Une vente-suroffres idéale pour une collection sérieuse a pour support un catalogue papier, pas ou peu de lots ou de doublons, une description claire et complète de chaque lot et des états de conservation, des prix de départ et d’estimation en correspondance avec le marché : en général une estimation au prix du marché et un prix de départ à 50 %. Bien entendu, une gestion des offres totalement transparente et un respect de l’anonymat des acheteurs sont essentiels. Si la valeur n’est pas suffisante, essayez de sélectionner les billets les plus intéressants pour les intégrer à une vente générale, et proposez les autres à prix raisonnables à des amis, des collectionneurs ou des professionnels. Bien entendu, la plupart des professionnels proposent aussi d’autres modes de vente ou des achats directs. À QUI VENDRE ? L’offre actuelle est suffisamment large pour trouver le bon interlocuteur. Choisissez un professionnel qui aura toujours plus de visibilité qu’un amateur ; consultez ses archives pour voir comment ont étés valorisées les ventes précédentes, bien sûr il y aura une commission (mais qui doit être sans frais de mise en vente), mais elle sera rapidement compensée par les résultats et une sécurité que n’offrent pas les sites d’enchères. Demandez conseil à d’autres amateurs, aux membres de clubs, évitez les réseaux sociaux si vous ne connaissez pas vos interlocuteurs, et n’hésitez pas à comparer les offres. Quand vous présentez vos trésors, restez objectifs et réalistes, le marché est suffisamment clair pour qu’une estimation logique soit possible. Bien réaliser une vente, c’est avoir une bonne prise en charge (respect des prix, des descriptions), un délai raisonnable, une bonne visibilité, une commission cohérente, un contrat clair et un règlement rapide. Jean-Marc DESSAL BIEN VENDRE SA COLLECTION
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