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Bulletin Numismatique n°263 55 L’atelier de Potosi est l’un des plus anciens d’Amérique du Sud. Si la ville fut fondée en 1546, l’atelier n’ouvrit ses portes qu’en 1574 avec des outils de production importés de Lima (Pérou) après avoir été importé de La Plata (Argentine). La production des premières espèces frappées sur place était souvent défectueuse. Cependant suite à un décret de 1651 sous Philippe IV d’Espagne (1621-1665), la fabrication et les productions s’améliorèrent à partir de l’année suivante. Mais il fallut attendre le règne de Charles III (17591788) pour voir s’uniformiser le monnayage sur le modèle métropolitain, pour l’or à partir de 1778. VICE-ROYAUTÉ DU PÉROU (BOLIVIE) – CHARLES IV DE BOURBON (1788-1808) Charles IV (12/11/1748-19/01/1819) est le second fils de Charles III et de Marie-Amélie de Saxe. Il a épousé Marie-Louise de Parme (1751 -1819) en 1765. La famille royale d’Espagne de l’époque a été immortalisée par Goya. Il succède à son père en 1788. C’est Godoy, son favori qui gouverne en fait l’Espagne avec sa femme. Rentré dans l’orbite française après 1795, il s’allia avec Napoléon Ier et fut battu à Trafalgar. Après le soulèvement d’Aranjuez (mars 1808), il abdiqua en faveur de son fils aîné, Ferdinand VII, se rétracta, puis confia son royaume à Napoléon qui y installa son frère, Joseph Bonaparte. Charles IV vécut en exil à Compiègne, à Marseille, puis enfin à Naples auprès de son frère Ferdinand IV, roi des Deux-Siciles où il mourut en 1819. 8 Escudos, 1802, monogramme PTS, Potosi, 20.000 ex. (Or, 26,95 g, 37 mm, 12 h) poids théorique : 27,07 g, 875 ‰ A/ CAROL. IV. D. G. - HISP. ET. IND. R./ .1802. Le« Carolus IV Dei Gratia Hispaniorum et Indiarum Rex » (Charles IV par la grâce de Dieu, roi d’Espagne et des Indes). Buste de Charles IV en habit avec le collier de l’ordre de la Toison d’or. R/ IN. UTROQ. FELIX. - .AUSPICE. DEO/ (PTS.) - .PP./ 8 – S. (Sous le regard de Dieu dans un monde et l’autre) Écu couronné écartelé en dix pièces : 1 Aragon, 2 AragonSicile, 3 Autriche, 4 Bourgogne moderne, 5 Parme, 6 Toscane, 7 Bourgogne ancien, 8 Flandre, 9 Tyrol, 10 Brabant ; et posé sur le tout écartelé aux 1 et 4 de Castille, aux 2 et 3 de Léon, enté de Grenade ; sur le tout, écu de Bourbon ; le tout entouré du collier de l'ordre de la Toison d'or. P. P. = Pedro de Manzado (1776-1802) & Pedro Martin de Albizu (1795-1834), maîtres de l’atelier de Potosi. Tranche : striée Calico 1708 – WC/GC 81 – Friedberg 14 Monnaie à frappe relativement bien centrée et présentant des traces de nettoyage et légères rayures à l’avers. Rare. TB+/ TTB 2 500€/ 3 500€ Pour l’atelier de Potosi, Les monnaies au nom de Charles IV furent frappées entre 1788 et 1808. Mais les trois premières années de 1789 à 1791, elles le furent à son nom, mais avec le portrait de son père la ville de Potosi, célèbre pour ses mines, en particulier d’argent, fut fondée en 1546. Son surnom « d’Eldorado » (le doré) est une contrée mythique d’Amérique qui a souvent été assimilée au Pérou des Incas et à ses contrées qui auraient recelé des richesses incalculables. Potosi produisit d’immenses quantités de métal qui firent la réputation de la région. Potosi, la ville de « la montagne d’argent » fit rêver bien avant la Californie. La pièce de 8 escudos ou « onza » (once) ou de « dobla de ocho (double de 8) ou bien encore de « qaudrupla » (quadruple) ou pistole d’Espagne ou d’Amérique sont les autres noms que l’on rencontre pour désigner ce type de pièce. Avant la Révolution de 1789, cette pièce valait 75 Livres tournois de France. En Espagne, la pièce correspondait à 16 Douros ou 108 Reales. Le titre de la monnaie qui avait d’abord été de 917 ‰ auparavant fut abaissé à 904 ‰ sous le règne de Charles III et 875 ‰ sous celui de Charles IV, ce qui entraîna une baisse du poids de fin passant de 24,474 g à 23,689 g soit une baisse de 0784 g par pièce de 8 escudos. Pauline BRILLANT & Laurent SCHMITT CHARLES IV D’ESPAGNE : 8 ESCUDOS À POTOSI

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