cgb.fr

Bulletin Numismatique n°263 20 Il m’a semblé nécessaire, au vu d’une nouvelle monnaie qui m’a été présentée, de reprendre ici l’article paru dans les annales du club numismatique nîmois en 2015 relatif au bronze au sanglier des Volques Arecomiques. Le bronze au sanglier de Nîmes est connu depuis longtemps (l’Atlas des monnaies gauloises d’Henri de La Tour publié pour la première fois en 1892 en fait notamment état au numéro 2698 du corpus) et ne pose aucun problème d’attribution, en particulier grâce à la légende NAMA / ΣAT qui se lit au revers (qui se développe en NAMA(Y)ΣATΏN et renvoie à l’ethnique nîmois). Image atlas de La Tour Bronze au sanglier de Nîmes Le style de l’avers contraste fortement avec celui du revers, le profil est plus classique, inspiré du type grec, ce qui a parfois pu faire supposer que le bronze au taureau passant de Marseille qui présente un portrait très similaire aurait été frappé à Nîmes ou à l’inverse que les bronzes au sanglier auraient été frappés à Marseille pour les Arécomiques. Bronze au taureau passant de Marseille - Coll. J-L Mirmand Image comparée des deux avers Nîmois et Marseillais Cette hypothèse est désormais écartée, et les bronzes nîmois et marseillais auraient bien été frappés par deux peuples différents, ce que démontrent clairement les cartes de répartition des trouvailles : le bronze au sanglier semble quasiment absent aux alentours de la cité phocéenne (Dicomon page 224) et le bronze au taureau passant, massivement présent dans la colonie marseillaise d’Olbia (dicomon page 150), n’est pas accompagné de monnaies au sanglier, massivement présent sur la rive droite du Rhône. L’argument du style, aussi séduisant soit-il, ne reposant plus sur une base solide, on peut alors se demander pourquoi une telle ressemblance existe entre les avers des 2 monnaies. Plusieurs hypothèses sont envisageables, dont la simple copie servile. On pourrait formuler l’hypothèse d’une frappe du taureau passant dans une colonie de Marseille (Agde ?) au contact des territoires des Arécomiques, susceptible d’avoir influencé la frappe des Volques notamment par une école commune. Le revers quant à lui ne présente pas de difficulté particulière d’attribution, la stylisation de l’animal le place sans conteste dans la lignée des traditions gauloises. Les traits dominants du sanglier sont volontairement accentués : ses défenses acérées et démesurées donnent à sa bouche l’apparence d’un bec d’oiseau, l’œil globuleux et exorbité parait fixer l’ennemi, la hure dont les poils sont reliés entre eux par un trait horizontal se dresse sur l’échine, jusqu’à une queue formant une boucle, son sexe long est très apparent. Tout vient ici souligner le caractère combatif de l’animal en mouvement vers la gauche. Le sanglier est avant tout un symbole guerrier, que l’on retrouve ailleurs dans les territoires gaulois, servant notamment d’enseigne aux troupes (sanglier de Neuvy-en-Sullias, de Soulac) et très souvent représenté en ce sens sur le monnayage gaulois. Revers de 4 bronzes au sanglier de Nîmes Revers de 2 potins au sanglier des Lingons et Sénons UN NOUVEAU BRONZE AU SANGLIER DES VOLQUES ARECOMIQUES

RkJQdWJsaXNoZXIy MzEzOTE=