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Bulletin Numismatique n°262 42 Créé en décembre 1995 par ordonnance du prince Rainier III et ouvert au public en janvier 1996, le musée des Timbres et des Monnaies de Monaco a aujourd’hui 30 ans. À cette occasion, une prestigieuse exposition, dont le commissaire général est le professeur latiniste émérite Jean-Louis Charlet, est organisée depuis le 24 mars dans les locaux du musée. Conçue à partir des archives de la Principauté, elle fait connaître la genèse de cette création, notamment en ce qui concerne sa partie monétaire. C’est ainsi qu’ont été rappelées, pour la première fois, les expériences de musée Monétaire à Monaco qui précédèrent ce musée, appelé couramment MTM ou encore musée de Fontvieille, avec le rôle majeur joué par un grand numismate niçois décédé en 2002, Jean-Jacques Turc, dont il importe de perpétuer le souvenir. Cette exposition exceptionnelle, la sixième depuis 2008 en ce qui concerne l’activité monétaire du MTM (2008, 2012, 2015, 2020, 2023, 2026) a été naturellement inaugurée par S.A.S. le prince Albert II comme les précédentes et elle se poursuivra jusqu’à la fin du mois d’avril. À l’ouverture du musée en janvier 1996, la philatélie occupait la part la plus importante du MTM, ce qui était parfaitement logique. La collection philatélique de S.A.S. le prince de Monaco est en effet une des plus importante du monde, avec celle que possédait la reine Élisabeth II d’Angleterre. En ce qui concernait alors la numismatique, celle-ci était éclatée entre trois collections : celle de S.A.S le prince de Monaco, conservée au Palais avec une partie exposée au Palais même au sein du musée des Souvenirs napoléoniens et des Archives, aujourd’hui disparu ; celle du gouvernement monégasque constituée à l’initiative de Jean-Jacques Turc ; enfin celle du musée d’Anthropologie préhistorique, au Jardin Exotique, où étaient conservées toutes les monnaies découvertes à Monaco depuis le XIXe siècle dont notamment le célèbre trésor de La Condamine (monnaies romaines en or du Bas-Empire). Fig.1 - plan du Musée - © Musée des Timbres et des Monnaies La surface totale du MTM comprenant les espaces d’exposition, les locaux administratifs et les réserves est d’environ 600 m². La disposition des deux salles d’exposition est la suivante : une grande salle d’exposition rassemblant un maximum de timbres et de monnaies exposées et une petite salle, dite « salle des timbres rares » réservée à la présentation des raretés philatéliques lors des exposition philatéliques internationales qui ont lieu tous les deux ans au musée sous le nom de Monacophil. Depuis 2008, cette salle accueille les monnaies les plus rares présentées lors des expositions numismatiques de prestige appelées Monaco numismatique (2008, 2012, 2015, 2020, 2023). Voici comment se présentaient ces deux salles en 1996 (fig.1). Elles ont un peu changé depuis sauf en ce qui concerne la numismatique. On remarquera d’abord l’emplacement d’une grosse machine, une rotative destinée à l’impression des timbres. À l’origine, J. J. Turc souhaitait que le MTM puisse présenter sur cet emplacement, au sol renforcé en raison du poids de la rotative, le balancier de J. J. Droz dit « à têtes de lion » qui avait servi à frapper, de 1837 à 1841, des monnaies et des médailles dans l’atelier monétaire aménagé dans le Palais de Monaco sous le règne du prince Honoré V. Ce balancier avait été acheté à la Monnaie de Paris par Honoré V puis revendu à celle-ci en 1842 après la fin des émissions. J. J. Turc souhaitait que ce balancier, « mis à la retraite » en 1956, retourne à Monaco sous la forme d’un prêt de la Monnaie de Paris. Les négociations ayant échoué à l’époque, l’emplacement destiné au balancier de Droz, fut alors occupé par la rotative. Fig.2 - Balancier de Droz - © édition Gadoury Toutefois, les négociations reprises avec mon concours actif, après la mort de J. J. Turc, permirent le retour du balancier à UNE PRESTIGIEUSE EXPOSITION POUR LES 30 ANS DU MUSÉE DES TIMBRES ET DES MONNAIES DE MONACO

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